vendredi 21 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2001064 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique |
| Avocat requérant | MATHURIN KANCEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 novembre 2020 et 28 août 2021, Mme A, représentée par Me Mathurin Kancel, demande au tribunal :
1°) d'annuler les titres exécutoires n° 1674 et n° 1675 émis le 2 octobre 2020 par le conseil départemental de la Guadeloupe en vue du recouvrement de la somme respective de 1318,81 euros et de 1041,81 euros au titre d'un indu de revenu de solidarité active sur les périodes du 1er mai 2015 au 30 avril 2016 et du 1er mai 2016 au 31 octobre 2016 ;
2°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Guadeloupe la somme de 1500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi sur l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- elle est dans l'incapacité de régler cette somme ;
- les titres exécutoires ne sont pas motivés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2021, le conseil départemental de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire en observation, enregistré le 10 octobre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
-les moyens ne sont pas fondés.
Par décision du 18 février 2021, le bureau de l'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de la Guadeloupe a octroyé le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à Mme A.
Par une lettre du 30 novembre 2021, les parties ont été informées, qu'en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, la décision à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen d'ordre public soulevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer en l'absence de réclamation préalable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mahé, première conseillère ;
- et les observations des représentants de la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et du conseil départemental de la Guadeloupe.
Considérant ce qui suit :
1. Le conseil départemental de la Guadeloupe a émis deux titres exécutoires n° 1674 et n° 1675 le 2 octobre 2020 en vue du recouvrement de la somme respective de 1318,81 euros et de 1041,81 euros au titre d'indus de revenu de solidarité active versés à Mme A sur les périodes du 1er mai 2015 au 30 avril 2016 et du 1er mai 2016 au 31 octobre 2016. Par courrier du 18 octobre 2020, la requérante a sollicité la remise gracieuse de cette dette qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet.
Sur la régularité des titres exécutoires :
2. Aux termes de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales : " Constituent des titres exécutoires les arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l'Etat, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir. ". Aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". Ainsi, alors même qu'il n'est pas au nombre des décisions devant être motivées en application des disposition des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.
3. Les titres exécutoires contestés comportent la mention " RECOUVREMENT INDUS RSA " ainsi que les montants réclamés, s'élevant à 1041,81 euros et 1318,81 euros. Les titres en litige font référence aux périodes concernées par ces indus. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que par courriers des 17 août 2020, le département de la Guadeloupe a adressé à Mme A les motifs et les éléments ayant conduit au calcul des indus en litige et auquel le titre contesté fait nécessairement référence. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas été régulièrement informée des bases et éléments de calcul de la dette dont le recouvrement est poursuivi. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des titres exécutoires attaqués doit être écarté.
Sur la demande de remise gracieuse :
4. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable au litige : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. / () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ". Il résulte de ces dispositions qu'un allocataire du revenu de solidarité active ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu d'allocation, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises, de l'information reçue et de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.
6. Il résulte de l'instruction que les indus en litige trouvent leur origine dans la perception par la requérante de sa pension d'invalidité à hauteur de 13 182,02 euros entre les mois de janvier à septembre 2015 et entre les mois de janvier à septembre 2016 qu'elle n'a pas déclarée ainsi que des indemnités de chômage. Or, la requérante ne pouvait ignorer son obligation de déclaration au regard du formulaire de déclaration trimestrielle de ressources qui contient toutes les rubriques afférentes aux ressources devant être déclarées et où l'étendue des obligations déclaratives est clairement mentionnée. Elle ne justifie d'ailleurs pas, dans le cadre de la présente instance, les motifs de ces omissions. Dans ces conditions, Mme A doit être regardée comme ayant manqué délibérément à ses obligations déclaratives et les omissions qui lui sont reprochées comme constitutives de fausses déclarations. Par conséquent, elle ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de sa dette.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête présentée par Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au Conseil départemental de la Guadeloupe.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2022.
La magistrate-désignée,
Signé
N. MAHÉLa greffière,
Signé
N. ISMAEL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe et à la ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Chef,
Signé
M-L CORNEILLE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026