jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2100108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SAGET-JOLIVIERE MARIE-PIERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 février 2021, Mme C B, représentée par Me Saget-Jolivière, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 20/12/ SAT/ BAM/ FG du 13 novembre 2020 par lequel le préfet de la Guadeloupe a rejeté sa demande d'imputabilité au service d'une maladie professionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de tirer les conséquences de la reconnaissance d'une maladie professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 650 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la requérante n'a pas pu consulter son dossier avant la réunion de la commission de réforme ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors que la requérante n'a pas été convoquée huit jours avant la date de la réunion de la commission ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en se fondant sur l'avis d'expertise de M. A, psychiatre.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 avril 2021, le préfet de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'ensemble des moyens soulevés n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 27 avril 2021 la clôture de l'instruction a été fixée au 21 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86- 442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Goudenèche, conseillère,
- les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, brigadière cheffe affectée au sein de la section de circonscription de sécurité publique à Basse-Terre, a sollicité, le 6 mai 2019, la reconnaissance de l'imputabilité au service d'une maladie professionnelle. Par un avis du 22 octobre 2020, la commission de réforme a émis un avis défavorable à la reconnaissance sollicitée. Par un arrêté n° 20 /12 / SAT/ BAM/ FG du 13 novembre 2020, le préfet de la Guadeloupe a rejeté sa demande d'imputabilité au service d'une maladie professionnelle, Mme B en demande l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article 13 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires alors en vigueur : " La commission de réforme est consultée notamment sur : () 2. L'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée dans les conditions prévues au titre VI bis ; () Aux termes de l'article 19 du décret précité : " () Le fonctionnaire est invité à prendre connaissance, personnellement ou par l'intermédiaire de son représentant, de la partie administrative de son dossier. Un délai minimum de huit jours doit séparer la date à laquelle cette consultation est possible de la date de la réunion de la commission de réforme ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux. () Le secrétariat de la commission de réforme informe le fonctionnaire : -de la date à laquelle la commission de réforme examinera son dossier ; -de ses droits concernant la communication de son dossier et la possibilité de se faire entendre par la commission de réforme, de même que de faire entendre le médecin et la personne de son choix. L'avis de la commission de réforme est communiqué au fonctionnaire sur sa demande ; "
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été informée, par un courrier du 13 octobre 2020, de la tenue de la commission de réforme fixée le 22 octobre 2020. Elle soutient toutefois, et sans que cela soit contesté, qu'elle n'a pu en prendre connaissance que le 15 juillet 2020, soit moins de huit jours avant la réunion de la commission de réforme. La méconnaissance du délai de huit jours prévu par les dispositions précitées de l'article 19 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 a ainsi privé la requérante d'une garantie. Par suite, le moyen doit être retenu.
5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté n° 20 /12 /SAT /BAM /FG du 13 novembre 2020 par lequel le préfet de la Guadeloupe a rejeté sa demande d'imputabilité au service d'une maladie professionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
7. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique nécessairement que l'administration prenne une nouvelle décision selon une procédure régulière, après consultation de la commission de réforme conformément aux dispositions précitées du décret du 14 mars 1986. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement, sans qu'il soit besoin de l'assortir d'une astreinte.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance exposés par Mme B.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° 20/12/ SAT/ BAM/ FG du 13 novembre 2020 par lequel le préfet de la Guadeloupe a rejeté la demande de Mme B d'imputabilité au service d'une maladie professionnelle est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guadeloupe de statuer à nouveau sur la demande de Mme B, après consultation de la commission de réforme, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 500 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à Mme C B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. GOUDENÈCHE Le président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026