jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2100170 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DIDIER, PINET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 février 2021et le 3 août 2021 et le 5 septembre 2021, la Sarl Compagnie agricole du comté de Lohéac, représentée par la Scp Didier et Pinet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat et la commune de Sainte Rose à lui verser une somme de 768 990 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait des attroupements et rassemblements présents sur les parcelles cadastrées section AB n°513, 514, 516, 517, 659, 848, 689 et 690, dont elle est propriétaire au lieu-dit " Daubin-Beauvallon " à Sainte-Rose, et du refus de l'État d'accorder le concours de la force publique pour faire exécuter le jugement du tribunal de grande instance de Pointe-à-Pitre du 4 juin 2015, l'arrêt de la cour d'appel de Basse-Terre du 26 novembre 2018 et l'ordonnance du président du tribunal de grande instance de Pointe-à-Pitre du 12 octobre 2018, du fait de la mauvaise exécution par l'État de sa mission de concours de la force publique, et du fait de de la carence de l'État et de la commune de Sainte-Rose dans leur mission de police administrative générale. Cette somme devant être majorée des intérêts capitalisés au taux légal ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat et de la commune de Sainte Rose une somme de 6 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société requérante soutient que :
- la responsabilité de l'Etat et de la commune de Saint-Rose est engagée tant sur le fondement des dommages causés par les attroupements et les rassemblements que sur le fondement de la responsabilité fautive et non fautive du fait du refus de concours de la force publique ;
- la responsabilité de l'Etat et de la commune de Sainte-Rose est engagée, faute d'assurer les missions prévues par les dispositions des articles L. 2112-1 et L. 2112-2 du CGCT ;
- son préjudice est constitué par la perte de la marge d'exploitation qui aurait pu être dégagée si les parcelles en litige avaient pu être exploitées, les frais qu'elle a engagés pour le désenclavement de ses parcelles et leur remise en état ;
- ses préjudices doivent être évalués à la somme de 768 990 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2021 , le préfet de la Guadeloupe conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que le quantum du préjudice subi par la société requérante soit limité à la somme de 144 646,10 euros.
Il soutient
- il n'est pas contesté que l'Etat est responsable sur le fondement de l'article L.153-1 du code des procédures civiles d'exécution ;
- les conditions de la responsabilité sans faute pour attroupement ou rassemblement ne sont pas remplies ;
- la période de responsabilité de l'Etat court du 17 août 2017 au 3 août 2019, date à laquelle le concours de la force publique a été effective.
- le montant de la réparation du préjudice doit être limité à 144 646,10 euros.
Par un mémoire, enregistré le 5 septembre 2022, la société requérante actualise sa demande indemnitaire et fait valoir que son indemnité doit être portée à la somme de 1 023 559,57 euros, eut égard à la persistance des troubles qu'elle subit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 octobre 2022, le préfet de la Guadeloupe conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le montant du préjudice indemnisé soit limité à la somme de 178 054 euros.
Il fait valoir que la responsabilité de l'Etat n'est engagée que jusqu'au 3 août 2019. Les nouvelles prétentions de la société requérante ne sont pas indemnisables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gouès.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du 4 juin 2015 rendu par le tribunal de grande instance de Pointe-à-Pitre, assorti de l'exécution provisoire, la société CACL a été autorisée à retirer, notamment, les clôtures et pancartes qui avaient été édifiées de manière illicite sur sa propriété, constituée des parcelles AB n°513, 514, 516, 517, 659, 848, 689 et 690 au besoin avec l'assistance de la force publique. Ce jugement a été confirmé par un arrêt de la Cour d'Appel de Basse-Terre en date du 26 novembre 2018, devenu définitif. Le préfet de la Guadeloupe n'ayant pas accordé le concours de la force publique pour faire exécuter ce jugement, la société requérante a saisi le juge des référés du présent tribunal qui, par une première ordonnance en date du 12 juillet 2017, a enjoint au préfet de la Guadeloupe d'accorder à la société CACL le concours de la force publique afin d'exécuter le jugement du 4 juin 2015, dans les 8 jours et sous astreinte de 300 euros par jour de retard. En l'absence d'exécution de cette ordonnance par le préfet de Guadeloupe, le juge des référés de ce tribunal a, par une seconde ordonnance en date du 26 juin 2018, liquidé l'astreinte à raison d'une somme de 102 000 euros, et porté celle-ci à 1 000 euros par jour de retard. L'occupation illégale des terrains et la dégradation des terrains en résultant, s'est poursuivie jusqu'à l'intervention des forces de l'ordre le 17 août 2018. Dès le départ de celle-ci, les occupants sans titres récemment délogés, ont agressé le gérant et les employés de la société requérante, puis repris leur occupation. Après plusieurs tentatives de récupérer son bien afin de procéder à la démolition autorisée par le juge des bâtiments et clôtures illégalement implantés, la société requérante s'est heurtée à l'inertie des forces de l'ordre. En l'absence persistante du concours de la force publique, la société CACL a de nouveau saisi ce tribunal qui par deux jugements en date du 18 juin 2019 a annulé les décisions du préfet de Guadeloupe de refuser le concours de la force publique en enjoignant ce dernier d'accorder ce concours dans un délai de deux mois, sous astreinte de 500 euros par jour. La remise en état des lieux, interrompue à de multiples reprises, en raison notamment des manœuvres d'intimidation et des violences physiques commises par les anciens occupants s'est poursuivie sans toutefois permettre une remise en culture des jardins saccagés. Recherchant la responsabilité de l'Etat, la société CACL a obtenu de la Cour Administrative d'Appel de Bordeaux qu'elle établisse celle-ci dans son arrêt du 18 février 2020, pour la période du 10 novembre 2015 au 16 août 2017 et a condamné l'Etat au titre de la perte d'exploitation à verser à la requérante une somme de 143 428,54 euros, majorée des intérêts. Par courrier en date du 16 septembre 2020, la société CACL a adressé au préfet de Guadeloupe une demande indemnitaire préalable à hauteur de 768 990,02 euros. Une proposition indemnitaire transactionnelle a été faite par le préfet de Guadeloupe par courrier en date du 23 février 2021 pour une somme de 81 261,37 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat et la période indemnisable :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation. ".
3. Il résulte de l'instruction que le concours de la force publique a été demandé le 9 septembre 2015 par l'huissier de justice chargé de l'exécution du jugement du 4 juin 2015 du tribunal de grande instance de Pointe-à-Pitre ordonnant 1' expulsion de 1'association Collectif de l'Ouest de Sainte-Rose et des environs (COSE), de M. D C et de tous occupants de leur chef des parcelles AB n°513, 514, 516, 517, 659, 848, 689 et 690. Le préfet de la Guadeloupe, en gardant le silence pendant plus de deux mois sur cette demande, a opposé un refus implicite. En défense, le préfet de Guadeloupe admet explicitement que la responsabilité de l'Etat est engagée, comme l'avait fait avant lui la Cour Administrative d'Appel de bordeaux dans son arrêt précité. Ainsi, la responsabilité de l'Etat ne fait l'objet d'aucune contestation sérieuse dans son principe. Toutefois, le préfet de Guadeloupe conteste la période selon laquelle la responsabilité de l'Etat serait engagée. Il résulte de l'instruction que la cour administrative d'appel de Bordeaux a accordé une indemnisation des préjudices subis par la CACL pour la période du 10 novembre 2015 au 16 août 2017. Ensuite, le concours de la force publique a été accordée à la société requérante le 8 août 2018, exécutée le 17 août 2018 puis le 3 août 2019. Par conséquent, la responsabilité de l'Etat est ainsi engagée du 17 août 2017 au 3 août 2019 date à laquelle le concours de la force publique a été exécuté par l'Etat.
4. Dans ses dernières écritures, la société requérante soutient qu'après la date du 3 août 2019, elle a été contrainte d'engager des frais pour la remise en état et la replantation de ses parcelles. La CACL porte dès lors ses prétentions indemnitaires à hauteur de la somme de 1 023 559,57 euros en incluant 184 544,49 euros supplémentaires au titre des pertes de production pour les années 2020 et 2021, 17 034,20 euros supplémentaires s'agissant de la remise en état des parcelles et 1 068,46 euros supplémentaire au titre des frais d'huissiers. Toutefois, la société requérante ne saurait demandée à être indemnisée de ses préjudices au-delà de la période de responsabilité définie au point 3 du présent jugement. Si elle s'y croit fondée, il lui appartient de saisir l'Etat d'une nouvelle demande indemnitaire préalable.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens. ". L'application de ce texte est subordonnée à la condition que les dommages dont l'indemnisation est demandée résultent de manière directe et certaine de crimes ou de délits déterminés commis à force ouverte ou par violence par des rassemblements ou attroupements précisément identifiés.
6. La société requérante soutient que lors des interventions de " désenclavement ", M. B de A a été l'objet ainsi que son personnel d'actes de violence et de menaces avec arme par les occupants sans droit ni titre, des membres de l'association COSE et autres sympathisants. Il résulte de l'instruction notamment d'un rapport d'intervention de gendarmerie établi le 23 août 2018 à 9h05 que lors de l'intervention du 17 août 2018, un groupe d'opposants d'une trentaine de personnes a été contenu par les forces de l'ordre afin de les empêcher de pénétrer dans le périmètre de l'intervention et que les travaux de retrait de barrières et clôtures et autres barrières et pancartes ont été réalisés dans les délais prévus et sans difficultés particulières. Il résulte d'un rapport de gendarmerie établi le même jour à 13 h qu'à l'issue des opérations précitées pour lesquelles le concours de la force publique a été accordée des tensions ont éclaté entre une trentaine de personnes et M. B de A les forces de l'ordre ont constaté sur un chemin reliant la RN2 et la D18 sur le territoire de la commune de Sainte-Rose la présence d'une cinquantaine de personnes agitées, encerclant M. B de A et lui sommant de ne pas quitter son véhicule après que ce dernier eut détruit trois maisons construites sur les parcelles litigieuses. M. B de A se prévaut également d'avoir été agressé ainsi qu'un collaborateur et un huissier de justice qui l'accompagnaient, le 4 septembre 2018, le 22 octobre 2018 et le 3 août 2019 par plusieurs individus. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que M. B de A puisse se prévaloir de dommages et dégâts résultant de crimes ou délits commis par un groupe d'individus organisés au sens de l'article L. 211-10 du code de sécurité intérieure. Par suite, la responsabilité de l'Etat ne peut être engagée sur le fondement de ces dispositions.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale () ". Selon l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () ".
8. La carence du maire à faire usage des pouvoirs de police qu'il tient des dispositions précitées n'est fautive, et, par suite, de nature à engager la responsabilité de la commune, que dans le cas où, en raison de la gravité du péril résultant d'une situation particulièrement dangereuse pour le bon ordre, la sécurité ou la salubrité publiques, cette autorité, en n'ordonnant pas les mesures indispensables pour faire cesser ce péril grave, méconnaît ses obligations légales.
9. En l'espèce, la CACL reproche au maire de la commune de Sainte-Rose et à l'Etat de n'avoir pris aucune mesure afin d'assurer sa protection et l'exécution des décisions de justice et de prendre les mesures de prévention nécessaires, malgré les mesures de protections prises par les différents juges ; Toutefois, la CACL ne peut se prévaloir de ces dispositions à l'encontre de l'Etat qui concernent les pouvoirs de police du maire de la commune et de rechercher la responsabilité de l'Etat sur le fondement des dispositions précitées des articles L. 2212-1 et L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales.
En ce qui concerne les préjudices indemnisables :
Au titre de la perte de marge d'exploitation pour les récoltes de canne à sucre 2018 et 2019 :
10. Il résulte de l'instruction que la société requérante exerce une activité agricole notamment de récolte de cannes à sucre et que les parcelles en cause, AB 513, 514, 516, 517, 659, 689, 690 et 848 d'une superficie de 31 hectares et 69 ares ont une vocation agricole. En conséquence le préjudice résultant de la privation de la possibilité d'exploiter les parcelles par la société CACL doit s'entendre du manque à gagner dont elle a été privée sur la période en cause. Au titre de la perte de marge d'exploitation pour une superficie de 31,69 hectares concernant la période en cause, succédant à celle déjà indemnisée, il sera fait une juste appréciation du préjudice pour les récoltes 2018 (14 103,33 euros récoltes manuelles et 61 865,47 euros récoltes mécanisées) et pour les récoltes 2019 (19 089,96 euros et 54 681,14 euros), soit un total de 149 739,90 euros, fondée sur les documents comptables de la société produits au dossier et sur un rapport d'expertise en date du 25 mai 2020 qui fixe la marge relative aux productions de canne.
Au titre de la perte de marge d'exploitation pour la récolte de vanille :
11. Si la société requérante soutient que la parcelle AB 659 pp qui couvre 7 ha 30 a, également occupée, pourrait faire l'objet d'une activité agro-forestière de type agro-sylvicole (culture de vanille en sous-bois) et qu'elle n'a pas été en mesure de lancer cette exploitation, il ressort des pièces du dossier que la société requérante présente cette exploitation de vanille comme une simple " possibilité ". Ce préjudice doit être regardé comme étant éventuel et ne peut être indemnisé.
Sur les frais de désenclavement lors des opérations du 17 août 2017 au 3 août 2019 :
12. La somme de 63 933,11 euros HT réclamée pour les différentes opérations de nettoyage des parcelles, n'est acceptée par le préfet de Guadeloupe qu'à hauteur de 12 938,30 euros. Il ressort des pièces du dossier que la part des dépenses engagées au titre de la remise en état proprement dite et celle consacrée à l'exploitation normale des autres terrains ne ressortent pas clairement des pièces du dossier s'agissant notamment du coût du salaire des ouvriers agricoles. Par conséquent, à défaut d'éléments plus probants et compte tenu des justifications apportées par le préfet, la somme de 12 938,30 euros sera retenue et mise à la charge de l'Etat.
Sur les frais de remise en état des terrains :
13. La somme de 355 320 euros HT réclamée sur la base de devis de deux entrepreneurs établis le 20 mai 2020, au titre de la reprise future d'exploitation porte sur un préjudice futur, dépourvu de caractère certain tant dans son principe que dans son montant. Ce préjudice n'est par conséquent pas indemnisable en l'état actuel de la procédure.
Sur les frais exposés pour reprendre l'exploitation des terrains :
14. La somme de 67 879,98 euros HT réclamée pour la replantation avant exploitation est contestée par le préfet de Guadeloupe qui fait valoir qu'il s'agit d'un préjudice futur. La CACL se prévaut d'un référentiel technico-économique de la SICA UDCAG " replantation 2016 " établissant un coût net par hectare de 2 142 euros. Toutefois, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à la somme de 30 000 euros compte tenu du manque d'éléments présents au dossier permettant d'évaluer la part de plantation correspondant à une situation normale et celle consécutive aux dommages subis par la propriété.
Sur les frais d'huissiers :
15. Si le préfet de Guadeloupe ne retient pour sa part que la somme de 4 428 euros, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice, compte tenu des éléments au dossier à hauteur de 5 375,80 euros.
Sur les frais de garde à vue :
16. Les frais engagés du fait du placement en garde à vue de M. A pour destruction de bien est sans rapport direct avec le présent litige.
Sur le préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence :
17. Il résulte de l'instruction de la CACL, et son gérant M. B de A subissent des actes de violence, répétées depuis l'occupation illégale des parcelles litigieuses. Ces agissements Il sera fait, une juste appréciation du préjudice moral de la société et des troubles de toutes natures dans ses conditions de fonctionnement du fait de la résistance abusive de l'Etat à exécuter les décisions de justice, en allouant à la société CACL une somme de 50 000 euros, au titre de ce préjudice.
18. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'Etat à verser à la SARL Compagnie Agricole du Comté de Loheac (CACL) une somme de 197 954 euros HT, au titre de l'ensemble de ses préjudices matériels, majorée des intérêts au taux légal à compter du 24 décembre 2020, date de la réception de la demande indemnitaire préalable et une somme de 50 000 euros au titre du préjudice moral et troubles dans les conditions d'existence qui portera intérêts au taux légal à la même date.
19. Toutefois une provision ayant été accordée à la société requérante à hauteur de 314 138,34 euros TTC et ayant été versée par l'Etat le 6 août 2021, il conviendra d'établir une balance entre ces deux sommes.
Sur la responsabilité de la commune de Sainte-Rose :
20. Par ses écritures, en ne chiffrant pas la part des sommes qui seraient dues par la commune de Sainte Rose au titre de sa défaillance à faire rétablir l'ordre public, la société CACL ne met pas le tribunal à même d'apprécier le bien-fondé de ses conclusions dirigées contre celle-ci. Par conséquent les conclusions de la requête dirigées contre la commune de Sainte Rose doivent être rejetées.
Sur la capitalisation des intérêts :
21. La somme de 247 954 euros HT portera intérêts au taux légal à compter de la date de réception par l'administration de la demande préalable, soit le 24 décembre 2020, eux-mêmes capitalisés à la date à laquelle il était dû plus d'une année d'intérêts et à chaque échéance annuelle ultérieure.
Sur les frais liés à l'instance :
22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à la SARL Compagnie Agricole du Comté de Loheac d'une somme de 1 500 euros, au titre des frais d'instance exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à la SARL Compagnie agricole du Comté de Lohéac la somme de 247 954 euros HT avec intérêts au taux légal à compter du 24 décembre 2020. Les intérêts échus à la date du 24 décembre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : La SARL Compagnie agricole du Comté de Lohéac est condamnée à verser à l'Etat la somme de 314 138,34 euros TTC qui lui a été octroyée à titre provisionnel.
Article 3 : L'Etat versera à la SARL Compagnie agricole du Comté de Lohéac une somme de 1500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Compagnie agricole du Comté de Lohéac, au Préfet de la Guadeloupe et à la commune de Sainte-Rose.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès , président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme le Roux , conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
Le président rapporteur,
Signé :
S. GOUÈS
L'assesseure la plus ancienne,
Signé :
C. GOUDENÈCHE
La greffière,
Signé :
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé :
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026