jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2100312 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SEP LACHAUD MANDEVILLE COUTADEUR & Associés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 6 avril 2021, le 3 et le 24 janvier 2022, M. C D et Mme B A, représentés par Me Marques, demandent au tribunal de la Guadeloupe :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2020 par lequel le maire du Gosier a formé opposition à sa déclaration préalable et la décision née du silence gardé à la suite du recours gracieux du 4 décembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761- 1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers n'avait pas à être saisie ;
- elle est illégale par voie d'exception dès lors que l'avis rendu le 24 septembre 2020 par la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers méconnait les dispositions de l'article L.181-12 du code de l'urbanisme ;
- elle est illégale par voie d'exception dès lors que l'avis rendu le 24 septembre 2020 par la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est illégale dès lors que la commune se serait crue en situation de compétence liée et a ainsi saisi la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions du plan d'occupation des sols.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 novembre 2021, la commune du Gosier, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que l'ensemble des moyens n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 13 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 octobre 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Goudenèche, conseillère ;
- les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique ;
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Les requérants sont propriétaires d'une parcelle cadastrée AH 909, située au Tombeau au Gosier. Par un arrêté du 9 octobre 2020, le maire du Gosier a formé opposition à la déclaration préalable déposée le 26 août 2020 dont l'objet est une division foncière au motif que la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers avait donné un avis défavorable le 24 septembre 2020 et que cet avis est un avis conforme que la commune doit suivre. Les requérants contestent cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 181-12 du code rural et de la pêche maritime : " En Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte, tout projet d'élaboration ou de révision d'un document d'aménagement ou d'urbanisme ayant pour conséquence d'entraîner le déclassement de terres classées agricoles, ainsi que tout projet d'opération d'aménagement et d'urbanisme ayant pour conséquence la réduction des surfaces naturelles, des surfaces agricoles et des surfaces forestières dans les communes disposant d'un document d'urbanisme, ou entraînant la réduction des espaces non encore urbanisés dans une commune soumise au règlement national d'urbanisme, doit faire l'objet d'un avis favorable de la commission mentionnée à l'article L. 181-10. Les dispositions du premier alinéa du présent article ne s'appliquent pas lorsque la procédure relative au document d'urbanisme ou le projet a pour objet un programme comportant majoritairement du logement social. La commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers émet dans ce cas un avis rendu dans les conditions définies à l'article L. 112-1-1 du présent code et au code de l'urbanisme. Pour exercer cette mission, les membres de la commission sont destinataires, dès leur réalisation, de toutes les études d'impact effectuées dans le département en application des articles L. 110-1, L. 110-2 et L. 122-6 du code de l'environnement. Il en va de même pour les évaluations environnementales réalisées dans le département en application des articles L. 104-1 à L. 104-3 du code de l'urbanisme. Dans les délais et conditions définis au code de l'urbanisme, la commission se prononce sur ces projets au regard de l'objectif de préservation des terres agricoles en prenant en compte l'ensemble des critères suivants : 1° Les objectifs d'intérêt général du projet ; 2° Les potentialités agronomiques et environnementales des terres agricoles ; 3° Les réserves de constructibilité existant dans les zones urbaines ou à urbaniser de la commune considérée et des communes limitrophes ; 4° La possibilité de solutions alternatives. ". Aux termes de l'article L. 181-10 de ce code : " Pour son application en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion et à Mayotte, l'article L. 112-1-1 est ainsi rédigé : " Art. L. 112-1-1.-Il est créé une commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers composée, outre le préfet qui la préside, de représentants en proportion égale : " 1° Des services de l'Etat ; " 2° Des collectivités territoriales ; " 3° Des professions agricole et forestière, des opérateurs fonciers agricoles et d'au moins un propriétaire foncier ; " 4° Des associations agréées de protection de l'environnement. " ".
3. En premier lieu, en l'espèce, contrairement à ce que soutiennent les requérants, afin d'être autorisé, leur projet devait faire l'objet d'un avis favorable de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers. Il résulte en effet des dispositions précitées, que dans les communes disposant d'un document d'urbanisme, tout projet d'opération d'aménagement et d'urbanisme ayant pour conséquence la réduction des surfaces naturelles, des surfaces agricoles et des surfaces forestières doivent faire l'objet d'un avis de cette commission. En l'espèce, il est constant que la parcelle est située en zone II NB par le plan d'occupation des sols approuvé le 7 février 1991 applicable dans la commune du Gosier. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux, qui consiste en la division foncière d'une parcelle en vue d'y opérer des constructions, peut être qualifié de projet d'aménagement ou d'urbanisme. Enfin, il ressort des pièces du dossier et notamment du plan d'occupation des sols que la parcelle litigieuse classée II NB est définie comme une zone naturelle. Ainsi, le projet ayant pour objet la division d'une parcelle afin d'y opérer des constructions, a pour conséquence la réduction des surfaces naturelles, des surfaces agricoles et des surfaces forestières et est, de ce fait, soumis à l'avis conforme de la commission.
4. En deuxième lieu, si les requérants soutiennent que l'avis rendu par la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers est illégal dès lors que la commission ne s'est pas prononcée au regard des quatre critères cumulatifs fixés par les dispositions de l'article L. 181-12 du code rural et de la pêche maritime, toutefois, cela ne ressort pas des pièces du dossier. En effet, l'avis de la commission, qui n'a pas à être motivé de façon exhaustive au regard des éléments d'appréciation qui le fondent, est suffisamment motivé dès lors qu'il comporte les éléments de faits et de droits qui le fondent. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
5. En troisième et dernier lieu, les requérants soutiennent que l'avis est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que " le projet ne présentait aucun projet de construction ni aucun projet impactant les sols ". Il ressort toutefois des pièces du dossier et notamment de la demande préalable déposée le 26 août 2020 que l'objet de la division est une construction. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que la réduction des espaces naturelles, des surfaces agricoles et des surfaces forestières n'est pas significative il ne l'établit pas. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste doit être écarté.
6. Il ressort ainsi des pièces du dossier que pour former opposition à la décision contestée, le maire s'est borné à constater que la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers avait donné un avis défavorable le 24 septembre 2020. En application des dispositions de l'article L. 181-12 du code rural et de la pêche maritime il était tenu, après avoir constaté que la commission avait rendu un avis défavorable, de prendre la décision contestée. Ainsi, les moyens tirés l'insuffisance de motivation et de l'erreur d'appréciation au regard du plan d'occupation des sols sont inopérants. Par suite, ils doivent être écartés.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées y compris, par voie de conséquence, celles tenant aux frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D et de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C D, à Mme B A et au maire du Gosier.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
C. GOUDENÈCHELe président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026