mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2100525 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PLUMASSEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, respectivement enregistrés les 31 mai 2021 et 22 octobre 2021, Mme A B, représentée par Me Plumasseau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 mars 2021 par laquelle la directrice du centre hospitalier de la Basse-Terre (CHBT) lui a infligé un blâme ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de la Basse-Terre une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'autorité disciplinaire n'a pas informé les membres du conseil de discipline des motifs l'ayant conduite à s'écarter de son avis ;
- elle est fondée sur des faits dont la matérialité n'est pas établie ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des faits lui étant reprochés ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2021, le centre hospitalier de la Basse-Terre, représenté par Me Albina Collidor, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 18 mars 2022 à 12 heures.
Par un courrier du 1er septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des moyens tirés de ce que la décision attaquée est fondée sur des faits dont la matérialité n'est pas établie, est entachée d'une erreur d'appréciation des faits reprochés et est entachée d'un détournement de pouvoir, ces moyens relevant d'une cause juridique distincte de celle des moyens invoqués dans le délai de recours contentieux (CE, Section, 20 février 1953, Société Intercopie, n° 9772, p. 88).
Un mémoire en réponse à ce moyen d'ordre public a été enregistré le 9 septembre 2022 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentolila, conseillère,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- et les observations de Me Baltus, substituant Me Albina Colidor, représentant le centre hospitalier de la Basse-Terre.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ingénieur hospitalier principal, exerce les fonctions d'ingénieur biomédical au CHBT depuis le 15 avril 2005. Par une décision du 19 mars 2021, la directrice du CHBT lui a infligé un blâme. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits
et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. / () / Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline () / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés. ". Aux termes de l'article 11 du décret du 7 novembre 1989 susvisé : " L'avis émis par le conseil de discipline est communiqué sans délai au fonctionnaire intéressé ainsi qu'à l'autorité qui exerce le pouvoir disciplinaire. Celle-ci statue par décision motivée. ". Ces dispositions imposent à l'autorité qui prononce la sanction de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'agent concerné, de telle sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de cette décision, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
3. La décision attaquée énonce de façon précise les motifs de fait sur lesquels elle se
fonde et notamment que Mme B a, sans en avertir la direction du centre hospitalier, sollicité un rendez-vous avec une société pour l'informer des modalités de résiliation d'un marché public conclu avec un autre prestataire, qu'elle a finalement annulé ce rendez-vous alors qu'elle avait le jour-même été informée de ce que les contacts avec les fournisseurs étaient désormais strictement réservés à la cellule achats de la direction des ressources matérielles dont elle ne fait pas partie, qu'au cours d'une réunion de chantier en date du 24 octobre 2019, elle s'est adressée de manière violente à l'un des participants en l'accusant de détournement de biens publics et a ensuite refusé de quitter cette réunion, révélant un manque de respect de l'autorité hiérarchique ainsi qu'une insuffisance de célérité dans la mise en œuvre des ordres de commandes, qui relève de ses missions. La décision litigieuse précise également que globalement, il est reproché à Mme B un déficit managérial incompatible avec l'accomplissement de ses fonctions, un manquement à son obligation d'obéissance hiérarchique, un manquement à son obligation de diligence, de loyauté et de réserve, un comportement abusivement autoritaire à l'encontre de ses collaborateurs internes et externes, des difficultés relationnelles avec ses interlocuteurs, des attitudes conflictuelles avec sa hiérarchie et son équipe ainsi qu'une absence de coordination avec les collaborateurs du CHBT. La décision litigieuse expose ainsi les griefs retenus à l'encontre de Mme B de manière suffisamment circonstanciée pour la mettre à même de déterminer les faits que l'autorité disciplinaire a entendu lui reprocher. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la requérante, l'autorité disciplinaire n'était pas tenue de mentionner dans la décision attaquée la sanction proposée par le conseil de discipline, les observations présentées par l'intéressée lors de celui-ci ainsi que les motifs pour lesquels elle s'était écartée de l'avis émis par le conseil de discipline. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 9 du décret du 7 novembre 1989 susvisé :
" Le conseil de discipline, compte tenu des observations écrites et des déclarations orales produites devant lui, ainsi que des résultats de l'enquête à laquelle il a pu être procédé, émet un avis motivé sur les suites qui lui paraissent devoir être réservées à la procédure disciplinaire engagée. () / La proposition ayant recueilli l'accord de la majorité des membres présents est transmise par le président du conseil de discipline à l'autorité ayant pouvoir disciplinaire. Lorsque cette autorité prend une décision autre que celle proposée par le conseil, elle doit informer les membres du conseil des motifs qui l'ont conduite à ne pas suivre sa proposition. / () ".
5. Si Mme B soutient que la directrice du CHBT n'a pas informé les membres du
conseil de discipline des motifs l'ayant conduite à ne pas suivre sa proposition en décidant d'infliger à l'intéressée un blâme plutôt qu'un avertissement, cette circonstance, à la supposer établie, est en tout état de cause postérieure à la décision attaquée et est par suite sans incidence sur sa légalité.
6. En troisième lieu, dans son mémoire en réplique enregistré le 22 octobre 2021, Mme
B a soulevé trois moyens tirés de ce que la décision attaquée serait fondée sur des faits dont la matérialité n'est pas établie, qu'elle serait entachée d'une erreur d'appréciation des faits lui étant reprochés ainsi que d'un détournement de pouvoir. Toutefois, ces moyens de légalité interne se rattachent à une cause juridique distincte de celle dont relèvent les moyens de légalité externe invoqués par la requérante avant l'expiration du délai de recours contentieux et sont, par suite, irrecevables.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 19 mars 2021 par laquelle la directrice du CHBT lui a infligé un blâme.
Sur les frais liés au litige :
8. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHBT, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la requérante la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
9. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux
conclusions présentées par le CHBT sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de la Basse-Terre au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier de la Basse-Terre.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Olivier Guiserix, président,
- M. Antoine Lubrani, conseiller,
- Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
H. BENTOLILALe président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Signé
M-L. Corneille
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026