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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2100553

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2100553

jeudi 15 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2100553
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantFRESSE VALERIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une demande et des mémoires, enregistrés le 3 juin 2021, le 6 août 2021 et le 18 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Fresse, demande au tribunal :

1°) de prescrire, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, dans un délai d'un mois, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, à compter de la notification du jugement à intervenir les mesures qu'implique l'exécution du jugement n°1900621 du 11 juin 2020 par lequel le tribunal a annulé l'arrêté du 12 mars 2019 par lequel le maire de la commune de Capesterre-Belle-Eau a fait opposition à la déclaration préalable n° DP 971107 1810081 déposée par Mme A, et a enjoint à la commune de Capesterre-Belle-Eau de lui délivrer un certificat de non opposition à la déclaration préalable pour la division foncière de la parcelle BC 98 , dans un délai d'un mois, à compter de la notification du jugement ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat ou la commune de Capesterre-Belle-Eau, la somme de 800 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les mesures prises par la commune de Capesterre-Belle-Eau ne permettent pas d'assurer l'exécution complète du jugement du tribunal administratif.

Par une ordonnance en date du 3 juin 2021, le président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2021, la commune de Capesterre-Belle-Eau conclut au rejet de la requête et à ce que le tribunal annule sa condamnation au paiement des sommes sollicitées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a délivré le certificat de non opposition à déclaration préalable sollicité ;

- l'extension du réseau d'eau potable doit être réalisée par la communauté d'agglomération Grand Sud Caraïbe.

Vu :

- le jugement n° 1900621 du 11 juin 2020 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Gouès, président ;

- les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique ;

- les observations de Me Fresse, représentant Mme A.

La commune de Capesterre-Belle-Eau n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Par un jugement du 11 juin 2020, le tribunal administratif de la Guadeloupe a annulé l'arrêté du 12 mars 2019 par lequel le maire de la commune de Capesterre-Belle-Eau a fait opposition à la déclaration préalable n° DP 971107 1810081 déposée par Mme A, et a enjoint à la commune de Capesterre-Belle-Eau de lui délivrer un certificat de non opposition à la déclaration préalable pour la division foncière de la parcelle BC 98.

3. Il résulte de l'instruction que par courrier du 7 septembre 2021, la commune de Capesterre-Belle-Eau a informé le tribunal qu'il a délivré à Mme A ce même jour un certificat de non opposition à une déclaration préalable. Dans ce même courrier, il a ajouté que cette délivrance était subordonnée à la condition que l'intéressée procède à un raccordement au réseau d'eau potable dans l'attente de la réalisation des travaux d'extension du réseau par la communauté d'agglomération Grand Sud Caraïbe. Toutefois, d'une part, il résulte du jugement du 11 juin 2020 dont il est demandé l'exécution que l'annulation a été prononcée pour le motif suivant : " En conséquence, en retirant la décision de non-opposition à la déclaration préalable tacite acquise par Mme A, pour absence d'un réseau d'eau potable au droit de la parcelle BC n° 98 et violation des dispositions de l'article R. 111-9 du code de l'urbanisme, le maire de la

commune de Capesterre-Belle-Eau a fondé son arrêté du 12 mars 2019 sur un motif erroné en

droit et en fait ". D'autre part, la commune de Capesterre-Belle-Eau, qui fait valoir que le retard d'exécution du jugement du 11 juin 2020 résulte de l'inaction de la communauté d'agglomération Grand Sud Caraïbe elle n'apporte pas la preuve des démarches qu'elle aurait entreprise pour assurer la réalisation de ses travaux. Dans ces conditions, à la date du présent jugement, la commune de Capesterre-Belle-Eau ne peut être regardée comme ayant entièrement exécuté le jugement du 11 juin 2020.

4. Il résulte de ce qu'il précède qu'il y a lieu, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, de prononcer contre la commune de Capesterre-Belle-Eau, à défaut pour elle de justifier d'une entière exécution du jugement dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 100 euros par mois de retard jusqu'à la date à laquelle le jugement du 11 juin 2020 aura reçu entière exécution.

Sur les frais liés au litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le versement d'une somme de 800 euros, au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre de la commune de Capesterre-Belle-Eau, s'il n'est pas justifié, dans un délai d'un mois suivant la notification de la présente décision, de l'exécution du jugement n° 1900621 du 11 juin 2020. La valeur de cette astreinte est fixée à 100 euros par jour de retard, à compter de l'expiration du délai d'un mois suivant la notification du présent jugement.

Article 2 : La commune de Capesterre-Belle-Eau versera à Mme A une somme de 800 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Capesterre-Belle-Eau.

Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022 à laquelle siégeaient :

M. Gouès, président,

Mme Goudenèche, conseillère,

Mme le Roux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.

Le président,

Signé :

S. GOUÈS

L'assesseure la plus ancienne,

Signé :

C. GOUDENÈCHELa greffière,

Signé :

L. LUBINO

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef

Signé :

A. Cétol

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