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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2100682

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2100682

mardi 24 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2100682
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantR. WEYL - F. WEYL - F. WEYL - S. PORCHERON - E. TAULET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires complémentaires, respectivement enregistrés les 28 juin 2021, 2 novembre 2021, 14 octobre 2022 et 20 octobre 2022, Mme A Floc'hlay, représentée par Me Weyl, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision par laquelle la rectrice de l'académie de la Guadeloupe a nommé Mme C par voie de mutation sur le poste de professeur de danse au collège Macal de Saint-François ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de la Guadeloupe de reprendre la procédure d'affectation sur le poste de professeur de danse au collège Macal de Saint-François ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la publicité de la vacance de poste pourvu par Mme C est entachée d'irrégularité, en l'absence de description du poste à pourvoir ;

- la décision attaquée est contraire au principe d'égalité des citoyens dans l'accès aux fonctions publiques ;

- elle révèle une discrimination.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2022, l'académie de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

La requête a été communiquée à Mme B C qui n'a pas produit dans la présente instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lubrani, conseiller ;

- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public ;

- les observations de Mme Floc'hlay, l'académie de la Guadeloupe et Mme C n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Mme Floc'hlay, professeure agrégée d'éducation physique et sportive, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la rectrice de l'académie de la Guadeloupe a nommé Mme C par voie de mutation sur le poste de professeur de danse au collège Macal de Saint-François à compter de la rentrée scolaire 2021-2022.

Sur l'intervention du syndicat SNEP-FSU :

2. Aux termes de l'article R. 632-1 du code de justice administrative : " L'intervention est formée par mémoire distinct. () ".

3. L'intervention du syndicat SNEP-FSU a été présentée non par mémoire distinct mais dans le mémoire complémentaire déposé par la requérante le 14 octobre 2022. Elle n'est, par suite, pas recevable.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. Aux termes de l'article 61 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, alors en vigueur : " Les autorités compétentes sont tenues de faire connaître au personnel, dès qu'elles ont lieu, les vacances de tous emplois, sans préjudice des obligations spéciales imposées en matière de publicité par la législation sur les emplois réservés ".

5. Il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre du mouvement intra-académique de mutations sur les postes à profil spécifique au sein de l'académie de la Guadeloupe, une vacance pour un poste d'enseignant au collège Macal, à Saint-François, a été publiée sur un site internet dédié. La requérante soutient que l'ambigüité quant aux caractéristiques du poste déclaré vacant entache d'irrégularité la publicité de vacance et, par conséquent, d'illégalité la décision attaquée nommant une autre enseignante sur ce poste. A l'appui de ses allégations, elle verse plusieurs courriers adressés par le syndicat SNEP-FSU à la rectrice de l'académie de la Guadeloupe entre le 8 avril et le 4 mai 2021, aux termes desquels le syndicat dénonce l'absence de précision quant à la nature de l'emploi déclaré vacant sur le site internet dédié, dès lors que celui-ci ne fait pas apparaître le profil du poste, ni ses caractéristiques, et notamment pas l'objet de la spécialité sportive - voile ou danse - rattachée au poste. Les allégations circonstanciées et constantes, contenues dans ces courriers, qui sont confirmées par des attestations d'enseignants exerçant leurs fonctions au sein du collège Macal, ne sont pas utilement remises en cause par l'académie de la Guadeloupe qui se borne à faire valoir que la publicité de la vacance de poste existe, sans répondre aux énonciations relatives à l'imprécision de la description du poste à pourvoir. Dans ces conditions, la publication de la vacance de l'emploi de professeur de danse au collège Macal de Saint-François, dont l'ambigüité n'a pas permis à tous les candidats intéressés de faire acte de candidature, doit être regardée comme ayant été irrégulièrement réalisée. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens éventuellement soulevés, la requérante est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle l'académie de la Guadeloupe a nommé Mme C sur le poste de professeur de danse au collège Macal de Saint-François.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

6. Si la requérante demande à ce qu'il soit enjoint à l'académie de la Guadeloupe de reprendre la procédure de recrutement sur le poste en cause, l'exécution du présent jugement n'implique toutefois aucune mesure d'exécution, et notamment pas la reprise de la procédure de recrutement, dès lors que l'administration n'est pas tenue de pourvoir un emploi vacant. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Mme Floc'hlay au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : L'intervention du syndicat SNEP-FSU n'est pas admise.

Article 2 : La décision par laquelle la rectrice de l'académie de la Guadeloupe a nommé Mme C par voie de mutation sur le poste de professeur de danse au collège Macal de Saint-François est annulée.

Article 3 : L'Etat versera à Mme Floc'hlay une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Floc'hlay, à Mme B C, à l'académie de la Guadeloupe et au syndicat SNEP-FSU.

Délibéré après l'audience publique du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Guiserix, président,

M. Antoine Lubrani, conseiller,

Mme Hélène Bentolila, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.

Le rapporteur,

Signé

A. LUBRANI

Le président,

Signé

O. GUISERIX

La greffière,

Signé

A. CETOL

La République mande et ordonne au ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

L'adjointe de la greffière en cheffe,

Signé

A. CETOL

4

N° 1901371

5

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