jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2100684 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CORDOLIANI FRANCIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2021, Mme B A, représentée par Me Cordoliani, demande au tribunal :
1°) la décharge de l'obligation de payer résultant des avis de saisie administrative à tiers détenteur du 3 février 2021 émis par le comptable public de la direction générale des finances publiques de la Guadeloupe pour le recouvrement de la somme correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2012 ;
2°) d'ordonner la mainlevée effective ;
3°) d'enjoindre à l'Administration fiscale de restituer les sommes appréhendées à tort pour un montant de 118 718,98 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'action en recouvrement est prescrite ;
- l'administration fiscale doit procéder à la mainlevée ;
- l'action en recouvrement étant prescrite les sommes indument réclamées doivent lui être restituées.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 décembre 2021 le directeur régional des finances publiques conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'ensemble des moyens soulevés n'est pas fondé.
Les parties ont été informées, par courrier du 19 mai 2023, qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les conclusions à fin d'ordonner la mainlevée effective, étaient susceptible d'être fondées sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de leur irrecevabilité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Goudenèche, conseillère ;
- les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique ;
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le comptable public de la direction générale des finances publiques de la Guadeloupe a émis à l'encontre de Mme A une saisie administrative à tiers détenteur le 3 février 2021 en vue du recouvrement de la somme de 4 721,02 euros correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2012 et 2017. Par un courrier du 12 mars 2021 réceptionné le 15 mars 2021, le requérant a formé une réclamation préalable. En l'absence de réponse de l'administration, le requérant demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer précitée au titre de l'année 2012 résultant de la saisie administrative, d'ordonner la mainlevée effective et d'enjoindre à l'administration de restituer les sommes appréhendées à tort, antérieurement à cet avis de saisie administrative à tiers détenteur.
Sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer :
2. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable ". Aux termes de l'article 2240 du code civil : " La reconnaissance par le débiteur du droit de celui contre lequel il prescrivait interrompt le délai de prescription. ". A cet égard, la reconnaissance, par le redevable de l'impôt, de l'exigibilité de sa dette s'entend de tout acte ou de toute démarche par lesquels celui-ci admet son obligation de payer une créance définie par sa nature, son montant et l'identité de son titulaire. En vertu de l'article 2244 du code civil, le délai de prescription est également interrompu, notamment, par un acte d'exécution forcée, au nombre desquels sont les avis à tiers détenteurs.
3. En l'espèce, les sommes dues ont été mises en recouvrement le 31 décembre 2013. Ainsi, en application des dispositions précitées, à défaut d'acte de poursuite de nature à interrompre la prescription, l'action en recouvrement était prescrite au 1er janvier 2018. L'administration fiscale se prévaut de l'émission d'avis à tiers détenteur le 12 août 2014, le 11 février 2015 et le 3 juin 2015. Toutefois, et malgré une mesure d'instruction en ce sens, il ne résulte pas de l'instruction que ces actes d'exécution forcée aient été régulièrement notifiés et aient ainsi eu pour effet d'interrompre la prescription de l'action recouvrement. Par conséquent, à la date des avis de saisie administrative à tiers détenteur le 3 février 2021, la dette fiscale était prescrite.
4. Il résulte de ce qui précède, que Mme A est fondée à soutenir que l'action en recouvrement de la somme correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2012 est prescrite et à demander la décharge de l'obligation de payer cette somme.
Sur les conclusions à fin de mainlevée :
5. Il n'appartient pas au juge administratif de connaitre de conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné la mainlevée des avis à tiers détenteur en litige. Par suite, les conclusions à fin qu'il soit enjoint à l'administration de procéder à la mainlevée doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de restitution :
6. La requérante soutient que l'action en recouvrement étant prescrite les sommes appréhendées antérieurement à l'émission de l'avis de saisie à tiers détenteur du 3 février 2021 doivent lui être restituées. En effet, il résulte de l'instruction que des sommes ont été appréhendées par le trésor public en exécution des avis de saisie à tiers détenteur émis les 12 août 2014, 11 février 2015 et 3 juin 2015 au titre des impositions en litige. Toutefois, à ces dates le délai de prescription fixé par les dispositions de l'article L. 274 du livre de procédures fiscales n'était pas échu. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions à fin de restitution des sommes appréhendées doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Mme A est déchargée de l'obligation de payer procédant de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 3 février 2021 émis pour le recouvrement de la somme correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2012.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à la Mme B A et au Directeur régional des finances publiques de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience publique du 15 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Serge Gouès, président,
Mme Charlotte Goudenèche, conseillère,
Mme Jade Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
C. GOUDENÈCHE
Le président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol
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N° 1901371
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026