jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2100833 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CONQUET-MERAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2021, M. C B, représenté par Me Conquet-Merault, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 mai 2021 par laquelle le maire de la commune de Sainte-Anne lui a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel négatif pour la construction de deux de logements sur un terrain situé au lieu-dit Courcelles Séo, sur les parcelles cadastrées AI 198 et AI 1303 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Sainte-Anne la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de compétence de son auteur, qui ne justifie pas avoir reçu délégation pour ce faire ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors que le maire n'a pas préalablement recueilli l'avis de préfet de la Guadeloupe ;
- la décision attaquée d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur de droit en considérant à tort que la parcelle litigeuse se situe en dehors des parties urbanisées de la commune.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, la commune de Sainte-Anne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er juillet 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux,
- et les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, propriétaire de deux terrains cadastrés AI 198 et AI 1303, situés au lieu-dit Courcelles Séo, sur le territoire de la commune de Sainte-Anne, a présenté le 25 mars 2021 une demande tendant à l'obtention d'un certificat d'urbanisme opérationnel en vue de construire des logements sur ce terrain. Le 19 mai 2021, le maire de la commune de Sainte-Anne a délivré à M. B un certificat d'urbanisme opérationnel déclarant l'opération projetée non réalisable. Par la présente requête M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 19 mai 2021.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 174-1 du code de l'urbanisme : " Les plans d'occupation des sols qui n'ont pas été mis en forme de plan local d'urbanisme, en application du titre V du présent livre, au plus tard le 31 décembre 2015 sont caducs à compter de cette date, sous réserve des dispositions des articles L. 174-2 à L. 174-5. La caducité du plan d'occupation des sols ne remet pas en vigueur le document d'urbanisme antérieur. A compter du 1er janvier 2016, le règlement national d'urbanisme mentionné aux articles L. 111-1 et L. 422-6 s'applique sur le territoire communal dont le plan d'occupation des sols est caduc. ". D'autre part, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 410-1 du même code : " () Le certificat d'urbanisme est délivré dans les formes, conditions et délais déterminés par décret en Conseil d'Etat par l'autorité compétente mentionnée au a et au b de l'article L. 422-1 du présent code. ". Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. Dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale avant cette date, le maire est compétent, au nom de la commune, après délibération du conseil municipal. En l'absence de décision du conseil municipal, le maire est compétent, au nom de la commune, à compter du 1er janvier 2017. Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes. Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir ainsi que les déclarations préalables sur lesquelles il n'a pas été statué à la date du transfert de compétence restent soumises aux règles d'instruction et de compétence applicables à la date de leur dépôt. ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la décision en litige a été signée par M. A D, en tant que conseiller municipal, lequel bénéficiait par arrêté du 20 octobre 2020, d'une délégation de signature à l'effet de signer tous les actes d'urbanisme. En tout état de cause, la circonstance que le plan d'occupation des sols de la commune de Sainte-Anne était caduc à la date de la décision attaquée ne fait pas obstacle à ce que le maire soit compétent pour délivrer une autorisation d'urbanisme au nom de la commune, dès lors que, en application des dispositions précitées du a) de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, l'adoption de son plan d'occupation des sols a eu pour effet de transférer définitivement la compétence de délivrance des certificats d'urbanisme au maire de la commune. Il suit de là que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cette décision doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : / a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu. ".
5. En l'espèce, ces dispositions, relatives au régime des autorisations d'urbanisme et des déclarations préalables, ne sont pas applicables aux certificats d'urbanisme. En outre, aucune autre disposition ne subordonne la délivrance d'un certificat d'urbanisme à un avis conforme du préfet. Il s'ensuit que, s'il est loisible au maire de recueillir l'avis du préfet sur une demande de certificat d'urbanisme dont il est saisi, il n'est toutefois pas lié par cet avis. Par suite, le moyen tiré de ce que le maire aurait dû solliciter l'avis conforme du préfet doit être écarté comme inopérant.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ". L'article L. 111-4 du même code, dans sa version applicable au litige, dispose que : " Peuvent toutefois être autorisés en dehors des parties urbanisées de la commune : 1° L'adaptation, le changement de destination, la réfection, l'extension des constructions existantes ou la construction de bâtiments nouveaux à usage d'habitation à l'intérieur du périmètre regroupant les bâtiments d'une ancienne exploitation agricole, dans le respect des traditions architecturales locales ; 2° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole, à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière sur le terrain sur lequel elles sont implantées, à la réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage, à la mise en valeur des ressources naturelles et à la réalisation d'opérations d'intérêt national ; 3° Les constructions et installations incompatibles avec le voisinage des zones habitées et l'extension mesurée des constructions et installations existantes ; 4° Les constructions ou installations, sur délibération motivée du conseil municipal, si celui-ci considère que l'intérêt de la commune, en particulier pour éviter une diminution de la population communale, le justifie, dès lors qu'elles ne portent pas atteinte à la sauvegarde des espaces naturels et des paysages, à la salubrité et à la sécurité publiques, qu'elles n'entraînent pas un surcroît important de dépenses publiques et que le projet n'est pas contraire aux objectifs visés à l'article L. 101-2 et aux dispositions des chapitres I et II du titre II du livre Ier ou aux directives territoriales d'aménagement précisant leurs modalités d'application. ".
7. Ces dispositions interdisent, en principe, les constructions implantées " en dehors des parties urbanisées de la commune ", c'est-à-dire des parties du territoire communal qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. Il en résulte qu'en dehors du cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre une partie actuellement urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées de la commune ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.
8. En l'espèce, il ressort des termes du certificat d'urbanisme attaqué que le maire de la commune de Sainte-Anne a déclaré que le projet de M. B n'était pas réalisable notamment au motif que le terrain d'assiette du projet se situe hors des parties actuellement urbanisées de la commune. Il résulte de ce qui a été exposé ci-dessus que, à la date de la décision attaquée, le plan d'occupation des sols de la commune de Sainte-Anne était devenu caduc et que son territoire n'était pas couvert par un plan local d'urbanisme, ni par une carte communale, ou par un document d'urbanisme en tenant lieu, de sorte que le règlement national d'urbanisme était applicable sur le territoire communal.
9. En l'espèce, il ressort notamment des vues aériennes produites au dossier, que les parcelles AI 198 et AI 1303, terrains d'assiette du projet litigieux, qui ont une superficie totale de 7 588 mètres carrés, se situent dans une zone d'habitats dispersés et sont entourées de bois et de champs. Le requérant se prévaut, en produisant un procès-verbal de constat d'huissier, de ce que plusieurs maisons d'habitation se situent à proximité de ces parcelles. Toutefois, la parcelle AI 198 est entièrement composée d'une surface naturelle qui s'étend sur les parcelles environnantes, notamment au Sud de cette parcelle et est matériellement séparée des habitations environnantes par de la végétation diverse. D'autre part, concernant la parcelle AI 1303, il ressort des pièces du dossier qu'elle est matériellement séparée des constructions environnantes par une route bordant sa façade Est et qu'elle s'intègre sur ses trois façades Nord, Ouest et Sud dans un vaste espace naturel ne supportant aucune construction. En outre, elle se situe à l'extrémité de zones plus densément peuplées situées notamment sur le littoral, dont elle est matériellement séparée par diverses coupures d'urbanisation. Il est, en outre, constant que les parcelles litigieuses sont situées à plusieurs kilomètres du centre aggloméré de la commune. De plus, il ressort des termes de la décision attaquée, qui ne sont pas utilement contestés par le requérant, que ses parcelles ne pas desservies par les réseaux d'eau ni d'assainissement. Il ressort ainsi des pièces du dossier que le projet vaste et imprécis du requérant sur les parcelles litigieuses, qui ne s'intègrent pas dans une partie urbanisée de la commune, conduirait à l'étendre, ce qui est interdit. En outre, la délivrance d'autorisations d'urbanisme sur des parcelles voisines postérieurement à l'adoption de la décision attaquée, n'a pas d'incidence sur le certificat d'urbanisme attaqué dès lors qu'elles sont dans des situations différentes de celles des parcelles litigieuses. Il en résulte que c'est à bon droit que le maire a considéré que les terrains d'assiettes du projet sont situés hors des parties actuellement urbanisées de la commune. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme doit être écarté. M. B n'est donc pas fondé à soutenir que le maire de la commune de Sainte-Anne a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ni d'une erreur de droit.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées, ainsi que ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Sainte-Anne.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,Le président,
SignéSigné
J. LE ROUXS. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Chef,
Signé
M-L CORNEILLE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026