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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2100876

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2100876

jeudi 6 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2100876
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBERTE & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 27 juillet 2021 et le 26 août 2022, l'association A Ka Manman, représentée par Me Berte, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 21 décembre 2020 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle de Guadeloupe a refusé d'autoriser le licenciement de M. C, ensemble la décision implicite par laquelle le ministre du travail a rejeté son recours hiérarchique ;

2°) d'annuler la décision du 15 septembre 2021 par laquelle le ministre du travail a retiré la décision de l'inspectrice du travail du 21 décembre 2020 ainsi que sa décision implicite de rejet et a refusé d'autoriser le licenciement de M. C ;

3°) d'enjoindre au ministre du travail, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, à titre principal, d'autoriser le licenciement de M. C, à titre subsidiaire, de réexaminer la demande d'autorisation de licenciement de M. C ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la compétence de l'auteur de la décision du 21 décembre 2020 n'est pas démontrée ;

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;

- la décision de l'inspectrice du travail et la décision implicite de rejet du ministre du travail sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que l'employeur avait suffisamment qualifié le motif disciplinaire pour lequel le licenciement était demandé ;

- la décision de l'inspectrice du travail et la décision implicite de rejet du ministre du travail sont entachées d'une erreur d'appréciation dès lors que les faits avancés par l'employeur dans sa demande de licenciement sont suffisamment précis ;

- la décision du 15 septembre 2021 n'a pas pu légalement retirer la décision implicite de rejet du recours hiérarchique dès lors qu'elle confirme cette décision et qu'elle a été adoptée au-delà du délai de recours contentieux courant à l'encontre de cette décision ;

- l'ensemble des décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation quant à l'appréciation du caractère fautif et suffisamment grave du comportement de M. C pour justifier son licenciement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le ministre du travail, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête dès lors que les décisions administratives faisant l'objet du recours contentieux ont été retirées en cours d'instance pour être remplacées par une décision n'ayant pas la même portée.

La procédure a été communiquée à M. B C, qui n'a pas produit d'observations en défense.

Par ordonnance du 11 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 13 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique,

- et les observations de M. C, représentant son fils, M. B C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a été recruté en qualité d'infirmier le 1er avril 2014, pour une durée indéterminée, par l'association A Ka Manman, qui exerce une activité d'hébergement médicalisé pour personnes âgées. Il est délégué syndical et a été élu membre titulaire du comité social et économique depuis le 13 février 2020. Le 19 octobre 2020, l'association A Ka Manman a sollicité l'autorisation de procéder à son licenciement pour motif disciplinaire auprès de l'inspection du travail. Par une décision du 21 décembre 2020, l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle de Guadeloupe a refusé d'accorder cette autorisation. Par un courrier reçu le 28 janvier 2021, l'association a formé un recours hiérarchique contre cette décision, qui a été implicitement rejeté par une décision née le 28 mai 2021. Par une décision du 15 septembre 2021, la ministre du travail a retiré la décision du 21 décembre 2020, ainsi que sa décision implicite de rejet du 28 mai 2021, et a refusé d'autoriser le licenciement de M. C.

Sur la fin de non-lieu à statuer opposée par le ministre du travail :

2. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque que le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.

3. En l'espèce, par une décision du 21 décembre 2020, l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle de Guadeloupe a refusé d'autoriser l'association A Ka Manman à licencier M. C. Par un courrier reçu le 28 janvier 2021, l'association A Ka Manman a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision, lequel a été implicitement rejeté le 28 mai 2021. En cours d'instance, par une décision expresse du 15 septembre 2021, la ministre du travail a retiré cette décision implicite de rejet du recours hiérarchique, née le 28 mai 2021, ainsi que la décision de l'inspectrice du travail du 21 décembre 2020. La décision du 15 septembre 2021 ayant le même dispositif que les décisions retirées, elle doit être regardée comme ayant la même portée que ces décisions. Il y a toutefois toujours lieu de statuer sur les conclusions de la requérante dirigées contre les décisions du 21 décembre 2020 et du 28 janvier 2021 dès lors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la décision du 15 septembre 2021 aurait été notifiée à la requérante avant la communication du mémoire en défense de l'administration le 28 juillet 2022 et alors qu'elle demande l'annulation de cette décision dans son dernier mémoire, enregistré le 26 août 2022 au greffe du tribunal. Par suite, l'association A Ka Manman est fondée à demander également dans son dernier mémoire l'annulation de la décision expresse du 15 septembre 2021 par laquelle la ministre du travail a rejeté son recours hiérarchique. Cependant, compte tenu de ce qui précède, il y a lieu de se prononcer, en premier lieu, sur la légalité de la décision ministérielle du 15 septembre 2021 et, en second lieu, si l'illégalité de cette décision est reconnue, de statuer sur les conclusions dirigées contre les décisions du 21 décembre 2020 et du 28 janvier 2021.

Sur la légalité de la décision de la ministre du travail du 15 septembre 2021 :

4. En premier lieu, la requérante doit être regardée comme se prévalant des dispositions combinées du code des relations entre le public et l'administration et du code du travail régissant, à la date de la décision attaquée, le régime spécial des conditions de retrait des décisions implicites rejetant un recours hiérarchique formé à l'encontre d'une décision de l'inspecteur du travail relative à une demande de licenciement d'un salarié protégé. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ". Aux termes de l'article R. 2422-1 du code du travail : " Le ministre chargé du travail peut annuler ou réformer la décision de l'inspecteur du travail sur le recours de l'employeur, du salarié ou du syndicat que ce salarié représente ou auquel il a donné mandat à cet effet. / Ce recours est introduit dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de l'inspecteur. Le silence gardé pendant plus de quatre mois sur ce recours vaut décision de rejet. ".

5. Il résulte des dispositions de l'article R. 2422-1 du code du travail citées au point 4 que la décision de refus implicite née du silence conservé par le ministre du travail à la suite d'un recours hiérarchique contre une décision de l'inspecteur du travail, peut être retirée par une décision expresse prise dans un délai de quatre mois à compter de la naissance de ce refus et que le ministre peut, par une décision expresse, procéder au retrait de sa décision implicite de rejet, si celle-ci est illégale, et faire droit au recours hiérarchique, en annulant également la décision de l'inspecteur du travail alors même que le délai de quatre mois à compter de la naissance de la décision de l'inspecteur du travail, prévu par l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, est expiré.

6. Il résulte de ce qui précède que, par sa décision expresse du 15 septembre 2021, intervenue dans le délai de quatre mois à compter de la naissance de sa décision implicite de rejet du recours hiérarchique née le 28 mai 2021, la ministre du travail pouvait légalement retirer cette décision implicite de rejet ainsi que la décision de l'inspectrice du travail du 21 décembre 2020. Par suite, l'association A Ka Manman n'est pas fondée à soutenir que la décision de la ministre du 15 septembre 2021 est entachée d'illégalité en ce qu'elle est intervenue au-delà du délai de retrait.

7. En deuxième lieu, la décision du 15 septembre 2021 vise les articles L. 2411-1 et suivants du code du travail dont elle fait application et cite plus précisément l'article R. 2421-10 du code du travail. Elle expose les circonstances de fait qui ont conduit le ministre du travail à refuser le licenciement du salarié concerné et mentionne notamment à cet égard que seuls les faits reprochés au titre du troisième grief sont fautifs mais pas d'un degré de gravité suffisant pour justifier une mesure de licenciement. Enfin, la motivation d'une décision s'apprécie indépendamment du bien-fondé des motifs retenus. Par suite, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet ainsi à l'association requérante d'en contester utilement le bien-fondé. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.

8. En troisième lieu, en vertu des dispositions du code du travail, en particulier des celles des 1° et 2° de l'article L. 2411-1 et des articles L. 2411-3 et L. 2411-5, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives, notamment les délégués syndicaux et les membres élus du comité social et économique, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail, et le cas échéant au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.

9. En l'espèce, la demande est fondée sur la circonstance que M. C n'administrait pas certains médicaments destinés aux résidents et n'exécutait pas correctement les protocoles prescrits par les médecins, qu'il a laissé un résident sans surveillance, lequel a chuté et qu'il n'a pas ensuite correctement effectué le rapport et le suivi de cette chute et, enfin, que les comptes rendus de ses supérieurs hiérarchiques soignants font part de dysfonctionnements et de situations anormales concernant l'exécution de ses obligations contractuelles et son attitude d'insubordination envers ses supérieurs hiérarchiques.

10. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier que, le 28 septembre 2020, après avoir constaté l'absence de prescription d'antidépresseurs à une résidente de l'établissement, M. C a refusé de lui administrer le médicament neuroleptique prescrit par son médecin traitant en considérant que ce traitement devait être associé à l'administration d'un antidépresseur, conformément aux précédentes prescriptions de la patiente. Si la matérialité de ces faits, qui n'est pas contestée par l'intéressé, est établie, il ressort toutefois des pièces du dossier que, le jour même, M. C a alerté l'infirmière référente remplaçante de cette rupture dans la continuité du traitement antidépressif de la résidente et a effectué une transmission sur le logiciel adéquat. Le 1er octobre 2020, en l'absence de réponse éclairante de la part de ses supérieurs hiérarchiques, il s'est informé auprès de la pharmacienne référente de l'établissement et a envoyé un message électronique relatant cette situation au directeur de l'établissement et à l'infirmière référente, leur demandant de " faire le nécessaire au plus vite dans l'intérêt de la patiente ". Le message électronique envoyé par l'infirmière référente au directeur de l'établissement le 3 octobre 2020 confirme le constat d'une situation de rupture de traitement antidépresseur de la résidente et le caractère urgent de cette situation. Il ressort également de ce message que la pharmacienne référente de l'établissement avait conseillé à M. C de ne pas administrer le neuroleptique à la résidente et qu'elle-même n'a informé le médecin coordinateur de l'établissement de la situation que le 1er octobre 2020, lequel a préféré transmettre les informations au médecin traitant de la résidente, qui n'avait toujours pas répondu le 5 octobre 2020, afin qu'il décide de la conduite à tenir. En outre, si, dans un message électronique du 4 octobre 2020, le médecin coordinateur informe le directeur de l'établissement que M. C refusait d'exécuter l'ordonnance prescrite par le médecin traitant de la résidente, il ne ressort pas des pièces du dossier que le médecin coordinateur ait donné des consignes particulières à M. C à ce sujet. Il ressort, en outre, des termes de la décision du 15 septembre 2021, qui ne sont pas contestés en défense, que le médecin traitant de la résidente, a attesté que la réaction de M. C était " tout à fait pertinente et dans l'intérêt de la patiente " et que le précédent médecin coordonnateur de l'établissement, ayant eu régulièrement en charge le suivi médical de la résidente, a exposé que M. C a fait preuve d'un " professionnalisme éclairé en alertant sa hiérarchie sur la fin de la délivrance de l'antidépresseur (Venlafaxine) de la résidente Mme A. âgée de plus de 80 ans et en ne donnant pas de neuroleptique à cette personne dont l'état de santé s'est récemment dégradé à la suite d'une fracture du col du fémur ()". Enfin, il ressort du procès-verbal de la réunion du comité social et économique du 16 octobre 2020 que le médecin coordinateur en poste au moment des faits n'a pas répondu aux questions concernant le traitement actuel de la patiente et le danger représenté par la situation pour la résidente. Ainsi, le comportement de M. C, qui a agi dans l'intérêt de la résidente, ne peut pas être qualifié de fautif.

11. D'autre part, il ressort des pièces du dossier qu'un résident, qui avait été laissé sans surveillance, est tombé de son fauteuil le 26 septembre 2020, alors que M. C était l'infirmier de garde. Toutefois, il ressort des termes de la décision du 15 septembre 2021, qui ne sont pas contestés en défense, qu'au moment des faits, seules quatre aides-soignantes étaient également présentes dans l'établissement, lequel accueille quarante résidents, et qu'elles étaient occupées avec d'autres résidents. Ainsi, c'est à bon droit que le ministre soutient que l'employeur ne justifie pas dans quelle mesure M. C aurait pu prévenir cette chute, au regard de la faiblesse des effectifs présents. En outre, s'il ressort du dossier médical de ce résident qu'il présentait des risques de chute, il est constant qu'aucune information médicale n'était enregistrée concernant des risques de chute depuis son fauteuil et qu'aucun protocole de contention n'avait été formulé pour éviter de telles chutes. Enfin, il ressort du message électronique de l'infirmière référente remplaçante du 27 septembre 2020 que M. C a examiné le résident dès qu'il a été informé de cette chute, qu'il a mis en place une surveillance rapprochée du résident pour la nuit, a informé l'infirmière référente remplaçante de cet événement une demi-heure après sa survenance et a contacté les services d'urgence dès qu'elle le lui a demandé. S'il ressort de ce même courrier que M. C a déclaré à sa supérieure hiérarchique ne pas avoir observé de plaies sur le résident au moment de son examen, alors qu'elle en a constatées en se rendant au chevet du résident deux heures après, ce seul fait n'est pas de nature à constituer une absence de rapport et de suivi de cet événement alors que l'infirmière référente ne se fonde que sur le témoignage d'une autre résidente de l'établissement et qu'il n'est pas attesté que les rougeurs et griffures constatées sont apparues immédiatement après la chute du résident. Par suite, l'association en défense n'est pas non plus fondée à soutenir que ce deuxième incident doive être qualifié de comportement fautif de M. C.

12. Enfin, s'il est matériellement établi que, le 1er octobre 2020, M. C n'a pas respecté le protocole de pansement pour un résident, arguant de la résistance du résident et qu'il n'a ensuite pas respecté le protocole relatif à la transmission des informations, en ne consignant pas à destination de l'équipe de soins suivante le fait qu'il n'avait pas procédé au changement de pansement du résident concerné, il ressort des pièces du dossier que M. C, qui était employé au sein de l'établissement depuis plus de six ans au moment des faits, n'avait jamais fait l'objet de procédure disciplinaire auparavant. De plus, il ressort des termes de la décision du 15 septembre 2021, qui ne sont pas contestés en défense, que l'établissement connaissait à cette période un roulement de ses effectifs très important et que les conditions de travail y étaient dégradées au point qu'elles avaient donné lieu à des alertes du médecin du travail sur les risques psychosociaux encourus pour les travailleurs. Ainsi, il résulte de tout ce qui précède que les faits ainsi constatés ne constituent pas une faute d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié concerné. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le ministre du travail a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

13. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de la décision du ministre du travail du 15 septembre 2021 présentées par l'association A Ka Manman doivent être rejetées. Par conséquent, le retrait des décisions du 21 décembre 2020 et du 28 janvier 2021 est maintenu et il convient également de rejeter les conclusions à fin d'annulation des décisions du 21 décembre 2020 et du 28 janvier 2021. Par voie de conséquence, en tout état de cause, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont également rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'association A Ka Manman est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association A Ka Manman, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à M. B C.

Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gouès, président,

Mme Goudenèche, conseillère,

Mme Le Roux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.

La rapporteure,Le président,

SignéSigné

J. DS. GOUÈS

La greffière,

Signé

L. LUBINO

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef

Signé

A. Cétol

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