mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2100957 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHICOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, respectivement enregistrés les 13 août 2021, 11 août et 9 décembre 2022, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 15 mai 2021 par laquelle le directeur général du CROUS (centre régional des œuvres universitaires et scolaires) Antilles-Guyane a refusé de lui verser à taux plein l'indemnité instituée par l'article 3 de la loi du 3 avril 1950 et l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) au cours de son placement en congé de longue maladie et de son service à temps-partiel pour raison thérapeutique ;
2°) d'enjoindre au CROUS Antilles-Guyane de lui verser en conséquences les sommes correspondant aux indemnités non-perçues ;
3°) de condamner le CROUS Antilles-Guyane à lui verser une somme au titre de l'indemnisation de ses jours de congés payés annuels et de ses jours de réduction de temps de travail.
Elle soutient que :
- la décision lui refusant le versement de l'indemnité de vie chère et l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est entachée d'une erreur de droit, dès lors que les positions de congés et de service à temps partiel pour raison thérapeutique lui ouvraient droit au maintien à taux plein de ces indemnités ;
- cette décision révèle une discrimination fondée sur l'état de santé ;
- le CROUS Antilles-Guyane a commis une erreur dans le calcul des congés auxquels elle avait droit.
Par deux mémoires en défense, respectivement enregistrés les 2 décembre 2021 et le 9 décembre 2022, le CROUS Antilles-Guyane, représenté par la selarl SKOV agissant par Me Guillaud, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce que Mme B lui verse une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, dès lors que l'intéressée demande l'annulation d'une décision du 15 septembre 2020 la plaçant en congé de longue maladie lui ayant été régulièrement notifiée le jour-même ;
- en tout état de cause, la requête ne comporte aucune demande d'annulation ou de condamnation mais uniquement des conclusions aux fins d'injonction à titre principal, lesquelles sont, à ce titre, irrecevables ;
- à supposer que la requête relève du plein-contentieux, elle est irrecevable en l'absence de liaison du contentieux, faute de tout chiffrage, et en l'absence de représentation de la requérante par un avocat ;
- la requête n'est pas signée par la requérante ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.
La requête a été régulièrement communiquée à l'académie de la Guadeloupe qui n'a pas produit dans la présente instance.
Deux mémoires présentés pour Mme B ont été enregistrés les 29 et 30 janvier 2023, soit postérieurement à la clôture d'instruction intervenue trois jours francs avant la date d'audience conformément à l'article R. 613-2 du code de justice administrative. Ils n'ont pas été communiqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 50-407 du 3 avril 1950 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2010-997 du 26 août 2010 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lubrani, conseiller ;
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public ;
- les observations de M. C, directeur général du CROUS Antilles-Guyane pour le CROUS Antilles-Guyane, Mme B et l'académie de la Guadeloupe n'étant ni présents ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Serva, conseillère technique de service social exerçant ses fonctions au CROUS Antilles-Guyane a été placée, par une décision du 15 septembre 2020, en position de congé de longue maladie à compter du 14 juin 2020 jusqu'au 13 décembre 2020. Au terme de ce congé, elle a bénéficié d'un temps partiel thérapeutique à raison de 50 % d'un temps plein jusqu'au 13 juin 2021. Par un courrier du 21 avril 2021, l'intéressée a demandé au directeur du CROUS Antilles-Guyane de régulariser son traitement en lui versant rétroactivement l'indemnité de vie chère et l'IFSE à taux plein à compter du 14 juin 2020, date de son placement en congé de longue maladie. Par un courrier du 15 mai 2021, le directeur du CROUS Antilles-Guyane a refusé de faire droit à sa demande. La requérante doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision et, d'autre part, de condamner le CROUS Antilles-Guyane à lui verser une somme au titre de l'indemnisation de ses jours de congés payés annuels et de ses jours de réduction de temps de travail.
Sur la demande en annulation de la décision du 15 mai 2021 :
En ce qui concerne la période de congé de longue maladie :
2. Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, alors applicable : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence () ". Aux termes de l'article 37 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation de médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " A l'issue de chaque période de congé de longue maladie ou de longue durée, le traitement intégral ou le demi-traitement ne peut être payé au fonctionnaire qui ne reprend pas son service qu'autant que celui-ci a demandé et obtenu le renouvellement de ce congé. / Au traitement ou au demi-traitement s'ajoutent les avantages familiaux et la totalité ou la moitié des indemnités accessoires, à l'exclusion de celles qui sont attachées à l'exercice des fonctions ou qui ont le caractère de remboursement de frais ". Enfin, si l'article 1er du décret du 26 août 2010 étend la règle du maintien du traitement prévu par l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 aux primes et indemnités versées aux agents concernés dans les mêmes conditions et aux mêmes périodes que le traitement, en cas de congés annuels, de congés ordinaires de maladie et de congés de maternité, à l'exception de certaines indemnités, un tel maintien n'est pas prévu en cas de congés de longue maladie ou de longue durée pris en application des 3° et 4° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984.
3. Il résulte de ces dispositions que les fonctionnaires de l'Etat placés en congé de longue maladie ou de longue durée n'ont pas droit au maintien des indemnités attachées à l'exercice des fonctions, au nombre desquelles figurent l'IFSE, prévue à l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un RIFSEEP dans la fonction publique de l'Etat, et la majoration de traitement accordée aux fonctionnaires en service dans les départements d'outre-mer sur le fondement de la loi du 3 avril 1950 et des textes qui l'ont complétée.
4. Il est constant que, par une décision du 15 septembre 2020, Mme B a été placée en congé de longue maladie à compter du 14 juin 2020 jusqu'au 13 décembre 2020, dont il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'elle présenterait le caractère d'une maladie professionnelle. Par conséquent, et dès lors, ainsi qu'il l'a été dit ci-dessus, que la majoration de traitement et l'IFSE constituent des indemnités attachées à l'exercice des fonctions dont l'agent placé en congé de longue maladie ne peut conserver le bénéfice, le directeur du CROUS Antilles-Guyane devait cesser de verser à Mme B ces indemnités à compter du 15 septembre 2020, date d'édiction de la décision la plaçant en congé de longue maladie.
En ce qui concerne la période de service à temps partiel pour raison thérapeutique :
5. Aux termes de l'article 34 bis de la loi du 11 janvier 1984, dans sa rédaction alors applicable : " Après un congé de maladie, un congé de longue maladie ou un congé de longue durée, les fonctionnaires peuvent être autorisés à accomplir un service à temps partiel pour raison thérapeutique, accordé pour une période de trois mois renouvelable dans la limite d'un an pour une même affection (). / Les fonctionnaires autorisés à travailler à temps partiel pour raison thérapeutique perçoivent l'intégralité de leur traitement () ".
6. En application de ces dispositions, un fonctionnaire autorisé à accomplir un service à temps partiel pour raison thérapeutique peut prétendre au maintien de son traitement à taux plein. En revanche, aucune disposition législative ou réglementaire ne lui permet de prétendre au maintien de son régime indemnitaire à taux plein si celui-ci est lié à l'exercice effectif des fonctions, et notamment pas les dispositions de l'article 1er du décret du 26 août 2010 susmentionné qui, à la date de la décision attaquée, n'étendait pas la règle du maintien du traitement aux primes en cas de service à mi-temps thérapeutique.
7. Il ressort des pièces du dossier que consécutivement à son placement en congé de longue maladie, Mme B a repris le service à temps partiel pour raison thérapeutique à raison de 50 % pendant six mois. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'elle devait se voir verser l'IFSE et la prime de vie chère à taux plein du fait de sa position de temps partiel thérapeutique. Le moyen tiré de ce que l'administration aurait commis une erreur de droit en calculant, pour cette période, le montant des indemnités dues au prorata de la durée effective de service effectuée par l'intéressée doit être écarté.
8. Ensuite, si Mme B soutient que la décision attaquée conduit à une discrimination fondée sur son état de santé, elle n'apporte aucun élément au soutien de son allégation. La circonstance que la décision attaquée aurait été prise en application de dispositions législatives et réglementaires applicables aux agents placés en situation de congé maladie ne saurait, à cet égard, caractériser une situation discriminatoire. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée de discrimination doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision par laquelle le CROUS Antilles-Guyane a refusé de régulariser le traitement de Mme B en lui versant rétroactivement l'indemnité de vie chère et l'IFSE à taux plein à compter du 14 juin 2020, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'annulation, doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur la demande indemnitaire :
10. Si la requérante soutient que le CROUS Antilles-Guyane a commis une erreur de calcul dans l'évaluation de ses jours de congés en sollicite en conséquence " l'octroi des congés non pris " dans sa requête puis leur restitution " sous forme pécuniaire " dans son mémoire complémentaire du 9 décembre 2022, elle n'apporte toutefois aucun élément probant de nature à remettre en cause le calcul détaillé réalisé par l'administration qui justifie qu'au regard de la situation de Mme B, placée en congé de maladie ordinaire du 27 février au 13 juin 2020, puis en congé de longue maladie du 14 juin au 13 décembre 2020 avant de reprendre le service à temps partiel pour raison thérapeutique, celle-ci ne pouvait pas prétendre à l'intégralité de ses 70 jours de congés et jours de récupération de temps de travail, mais uniquement à 39 jours de congés annuels.
11. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, les conclusions tendant à ce que le CROUS Antilles-Guyane verse à Mme B une somme correspondant aux jours de congés non octroyés doivent être rejetées.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme que réclame le CROUS Antilles-Guyane au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le CROUS Antilles-Guyane au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au CROUS Antilles-Guyane, et à la rectrice de l'Académie de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience publique du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Guiserix, président,
M. Antoine Lubrani, conseiller,
Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
Le rapporteur,
Signé
A. LUBRANI
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. Cétol
4
N° 1901371
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N° ***
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026