jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2101035 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | KREBS OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2021, le Préfet de la Guadeloupe, défère au tribunal comme prévenu d'une contravention de grande voirie, M. B D, et conclut à ce que le tribunal :
1°) ordonne la remise en état des lieux, dans le délai d'un mois, sous peine d'astreinte journalière ;
2°) prononce la peine d'amende prévue par la loi ;
3°) ordonne l'exécution d'office de la décision de justice aux frais exclusifs du contrevenant ;
4°) condamne le contrevenant aux dépens, aux frais de procès-verbaux et d'instance.
Le préfet soutient que :
- un technicien de la DEAL, dûment assermenté et commissionné, a constaté le 5 juin 2020 à 13 heures, sur le territoire de la commune du Gosier, que M. A D, occupait un restaurant sur une partie du domaine public maritime, entre les bornes répertoriées 634 et 611 sur le plan de bornage des propriétés riveraines du domaine public maritime s'établissant au droit de la plage de la Datcha, sur une surface de 5m x 3m, constituée pour moitié en parpaing et pour l'autre moitié sur le domaine public maritime en bardage en bois, implantée sur une plate-forme de 10m x 5m x 1,50 m de haut, constituée de pierres locales assemblées au mortier. Ces travaux ont été réalisés sans droit ni titre ;
- un procès-verbal dressé le 15 juin 2021 a été notifié à M. D, dans ce sens le 15 juillet 2021 ;
- les faits relevés constituent une contravention de grande voirie.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 25 novembre 2021 et le 3 mai 2023, M. A D, représenté par Maître Harry Nirelep, d'une part, et Maître Olivier Krebs, d'autre part, doit être regardé comme concluant à la relaxe. Il demande en outre que l'Etat soit condamné à lui verser la somme de 3 000 euros, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie lui a été notifié au-delà du délai de dix jours fixé par l'article L. 774-2 du code de justice administrative ;
- il est entaché d'incompétence de son auteur ; il n'est pas établi que l'agent qui a signé le procès-verbal de constat avait compétence pour ce faire ;
- seule la société Immoroma, propriétaire de la parcelle litigieuse cadastrée CA 754 et du restaurant, peut être poursuivie ;
- il n'est pas l'auteur de l'action à l'origine de l'infraction, ni son bénéficiaire, ni le gardien de la construction en litige ;
- la matérialité de l'infraction n'est pas établie ;
- le préfet de la Guadeloupe ne pouvait confier au cabinet Simon la mission de délimiter le domaine public maritime de l'Etat sans méconnaître les dispositions des articles R. 2111-5 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques ;
- la délimitation du domaine public maritime de l'Etat, sur laquelle se fonde la commune du Gosier, est erronée, dès lors que les parcelles CA n° 754 et n° 767, dont est propriétaire la société Immoroma, sont bornées au sud par le rivage de la mer conformément aux mentions de l'acte de vente conclu le 14 mai 1977.
Vu :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie dressé le 15 juin 2021 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative, notamment son article L. 774-1.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gouès, président rapporteur ;
- les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique,
- les observations de Mme C, de la DEAL, représentant le préfet de la Guadeloupe.
Une note en délibéré a été présentée le 17 mai 2023 par le préfet de la Guadeloupe.
Considérant ce qui suit :
1. Un procès-verbal de contravention de grande voirie a été dressé le 15 juin 2021 par un agent de la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement, à l'encontre de M. A D, en raison de l'existence de travaux de construction sans autorisation d'un restaurant situé sur moitié sur le domaine public maritime, sur le territoire de la commune du Gosier. Le préfet de la Guadeloupe défère au tribunal, comme prévenu d'une contravention de grande voirie, M. D.
Sur le principal et sans qu'il soit besoin de statuer sur le moyen tiré de l'incompétence de l'agent verbalisateur :
2. Aux termes de l'article L. 2111-4 du code général de la propriété des personnes publiques : " Le domaine public maritime naturel de l'Etat comprend : () 4° La zone bordant le littoral définie à l'article L. 5111-1 dans les départements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de La Réunion ". Aux termes de L. 5111-1 du même code : " La zone comprise entre la limite du rivage de la mer et la limite supérieure de la zone dite des cinquante pas géométriques définie à l'article L. 5111-2 fait partie du domaine public maritime de l'Etat ". L'article L.2132-3 du même code expose : " Nul ne peut bâtir sur le domaine public maritime ou y réaliser quelque aménagement ou quelque ouvrage que ce soit sous peine de leur démolition, de confiscation des matériaux et d'amende () ". Il résulte de ces dispositions que la personne qui peut être poursuivie pour contravention de grande voirie est, soit celle qui a commis ou pour le compte de laquelle a été commise l'action qui est à l'origine de l'infraction, soit celle sous la garde de laquelle se trouvait l'objet qui a été la cause de la contravention.
3. Il résulte de l'instruction, notamment du procès-verbal de contravention de grande voirie établi le 15 juin 2021 et notifié à M. D, que le 5 juin 2021, un agent assermenté de la direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DEAL) de la Guadeloupe s'est présenté sur la plage de la Datcha et a constaté une occupation sans droit ni titre d'un restaurant situé pour moitié sur le domaine public maritime, en présence de M. D, qui se serait déclaré propriétaire, et d'un ouvrier, procédant à la réfection du restaurant. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction, notamment des deux photographies produites par le préfet de la Guadeloupe et annexées au procès-verbal de contravention, que M. D puisse être regardé comme la personne qui a commis ou pour le compte de laquelle a été commise l'action à l'origine des infractions constatées ni davantage qu'il aurait eu la garde de l'objet qui a été la cause de la contravention. Par suite, M. D doit être relaxé des poursuites engagées à son encontre par le préfet de la Guadeloupe.
Sur les frais liés au litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de préfet de la Guadeloupe une somme de 1 000 euros, au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est relaxé des fins de la poursuite pour contravention de grande voirie engagée contre lui.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser à M. D la somme de 1 000 euros, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Guadeloupe pour notification à M. A D, dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
Le président rapporteur,
Sign é
S. GOUÈS
L'assesseure la plus ancienne,
Signé :
C. GOUDENÈCHELa greffière,
Signé :
L. LUBINO La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé :
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026