jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2101043 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | RACON |
Vu la procédure suivant :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 septembre 2021, le 6 décembre 2021et le 17 mars 2022, Mme B C, représentée par Me Racon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision 48 SI du 17 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a déclaré que le nombre de points affecté au permis de conduire n° 971096100203 est nul depuis le 17 juillet 2021, a prononcé l'invalidation de ce permis de conduire et lui a fait défense de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire aux services préfectoraux ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à l'actualisation du fichier national des permis de conduire dès notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la légalité externe :
- la décision du 17 juillet 2021 ne mentionne pas la nature de l'infraction ou des infractions à l'origine du retrait de points, ni l'indication des infractions antérieures, ni le solde de points dont elle disposait avant les infractions listées ni les réattributions automatiques dont elle aurait pu bénéficier ;
Sur la légalité interne :
- il incombe au ministère de l'Intérieur de démontrer que conformément à l'obligation mise à sa charge par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route elle a été régulièrement avisée qu'une infraction entrainant retrait de points a été relevée à son encontre les 12 mai 2016, 21 novembre 2019 et 13 mai 2020 ; l'administration ne démontre pas que les procès-verbaux dressés ont été portés à sa connaissance ;
- s'agissant notamment de l'infraction relevée le 30 septembre 2020, l'administration n'apporte pas la preuve de la réalité de l'infraction et du paiement de l'amende ;
- aucun principe général ni aucune disposition légale ou réglementaire ne prévoyant que le solde du permis à points puisse être négatif, il y a lieu de considérer que le retrait de points consécutifs à l'infraction constatée le 13 mai 2020 (- 3 points) a ramené son solde de points à zéro ;
- son solde de points, en tenant notamment compte du stage de sensibilisation qu'elle a suivi le 13 et 14 novembre 2020, est égal à un ;
- son relevé intégral d'information ne mentionne pas la réattribution de points automatique ( + 1) annoncée dans le courrier du 7 décembre 2018 en méconnaissance des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route alors qu'elle n'a commis aucune infraction entre le 26 juillet 2018 et le 21 novembre 2019 ;
- à la date de notification du courrier 48SI, elle présentait un nombre de points non nul.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Racon, conseil de Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C demande au tribunal d'annuler la décision 48 SI du 17 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié un retrait de trois points sur son permis de conduire suite à une infraction commise le 30 septembre 2020 et a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le défaut de motivation des décisions de retraits de points figurant sur la décision du 17 juillet 2021 :
2. Les décisions " 48 ", portant retrait de points sont établies sur des formulaires types qui comportent les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des retraits de points opérés sur le permis de conduire du contrevenant. La décision " 48 SI " en date du 17 juillet 2021 récapitule les infractions ayant donné lieu à des pertes de points et comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des retraits de points opérés sur le permis de conduire du contrevenant. En outre, les mentions inscrites dans le relevé intégral d'information, document nominatif dont l'accès est librement et personnellement réservé au titulaire du titre de conduite, récapitulent la date, l'heure, le lieu, la qualification de l'infraction, les mentions relatives au caractère définitif de l'infraction par le paiement de l'amende forfaitaire, l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou le prononcé d'une condamnation définitive, le nombre de points retirés et réattribués. Il résulte de l'instruction que Mme C a eu communication de son relevé intégral d'information par courrier du 11 octobre 2021. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions de retrait de points susmentionnées doit être écarté.
En ce qui concerne le défaut de notification des retraits de points:
3. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 223-3 du code de la route : " Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".
4. Mme C soutient que les décisions de retrait de points suite aux infractions commises et mentionnées par la décision " 48SI " du 12 mai 2016, 21 novembre 2019 et 13 mai 2020 ne lui ont jamais été notifiées. Toutefois, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévue par les dispositions précitées, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressée et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par conséquent, la circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. Par suite, le moyen tiré de l'absence de notification des décisions de retrait de points à la suite des infractions commises est inopérant et doit être écarté.
En ce qui concerne le défaut d'information préalable :
5. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code ; qu'il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, par suite, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation. Toutefois, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester, l'omission de cette formalité est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant de la condamnation.
S'agissant de l'infraction commise le 12 mai 2016 :
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral de la requérante, que cette dernière a payé l'amende forfaitaire relative à l'infraction précitée, relevée par radar automatique, ainsi que le prouve la mention " tribunal d'instance ou de police de CNT-CSA (centre national de traitement - contrôle sanction automatisé) ". Il découle de cette seule constatation que la requérante a nécessairement reçu l'avis de contravention pour cette infraction. Il suit de là que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que l'intéressée n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci seraient inexacts ou incomplets, comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable du contrevenant. La requérante n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que la décision par laquelle le ministre a retiré un point de son permis de conduire à la suite de cette infraction aurait été prise au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 21 novembre 2019 :
7. Il résulte de l'article R. 49 du code de procédure pénale que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire peut être dressé au moyen d'un appareil électronique sécurisé, qui permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En outre, il ressort des dispositions des articles R. 49-1, A. 37-10 et A. 37-11 du même code que lorsqu'une infraction a donné lieu à l'établissement d'un procès-verbal électronique, l'avis de contravention est envoyé au domicile du contrevenant ou à celui du titulaire du certificat d'immatriculation. Le paiement de l'amende n'intervient qu'après réception de cet avis, qui comporte toutes les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en particulier le retrait de points à intervenir et les conséquences du paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
8. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'information légale, dès lors que seule l'indication du nombre de points dont l'infraction entrainait le retrait figurait sur la page écran présentée au contrevenant et non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Néanmoins, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il ressort des pièces du dossier que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
9. L'infraction précitée consistant à l'inobservation par conducteur de l'arrêt absolu imposé par le panneau " stop " à une intersection de routes a fait l'objet d'un procès-verbal électronique mentionnant le retrait de points encouru. Si le ministre de l'intérieur produit une copie du procès-verbal électronique se rapportant à cette infraction, elle a été dressée contre un véhicule de marque Ford modèle fiesta détenu par la société SOGUALOC LICENCE AVIS, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il appartient à Mme C, elle ne revêt pas les informations exigées par la loi, n'est pas signée par la requérante ni ne porte la mention d'un refus de signer. Ainsi, le ministre n'établit pas que l'ensemble des informations exigées par la loi a effectivement été porté à la connaissance de Mme C. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que la décision du ministre lui retirant quatre points de son permis de conduire à la suite de l'infraction commise le 21 novembre 2019 a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 13 mai 2020 :
10. L'infraction précitée consistant à conduite, sans port de la ceinture de sécurité d'un véhicule à moteur réceptionné avec cet équipement a fait l'objet d'un procès- verbal électronique mentionnant le retrait de points encouru. Si le ministre de l'intérieur produit une copie du procès- verbal se rapportant à cette infraction, elle a été dressée contre un véhicule de marque Ford modèle fiesta, détenu par la SOCIETE GUADELOUPEENNE DE LOCATION, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il appartient à Mme C, et portant en renseignement complémentaire la mention " une femme au volant, interception impossible ", elle ne revêt pas les informations exigées par la loi, n'est pas signée par la requérante ni ne porte la mention d'un refus de signer. Ainsi, le ministre n'établit pas que l'ensemble des informations exigées par la loi a effectivement été porté à la connaissance de Mme C. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que la décision du ministre lui retirant trois points de son permis de conduire à la suite de l'infraction commise le 13 mai 2020 a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 30 septembre 2020 :
11. L'infraction précitée consistant à l'usage d'un téléphone tenu en main par le conducteur d'un véhicule en circulation a fait l'objet d'un procès-verbal électronique mentionnant le retrait de points encouru. Si le ministre de l'intérieur produit une copie du procès-verbal se rapportant à cette infraction, elle est dressée contre un véhicule de marque Renault, modèle Kangoo, détenu par la société COFRIGO DISTRIBUTION, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il appartient à l'intéressée, portant en renseignements complémentaires la mention " conducteur antillais au volant de son véhicule avec le téléphone en main, infraction constatée par trois gendarmes " elle ne revêt pas les informations exigées par la loi, n'est pas signée par la requérante ni ne porte la mention d'un refus de signer. Ainsi, le ministre n'établit pas que l'ensemble des informations exigées par la loi a effectivement été porté à la connaissance de Mme C. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que la décision du ministre lui retirant trois points de son permis de conduire à la suite de l'infraction commise le 30 septembre 2020 a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
En ce qui concerne le défaut de prise en compte du stage de sensibilisation :
12. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points (). Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière () ".
13. Contrairement à ce que soutient Mme C, il ressort du relevé intégral d'information édité le 23 février 2022, que le 23 février 2021, le ministre de l'intérieur a procédé à la reconstitution de 4 points acquis à la suite du stage de sensibilisation suivi le 13 novembre et le 14 novembre 2020.
14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation des décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré quatre points, trois points et trois points du capital de son permis de conduire consécutivement aux infractions commises le 21 novembre 2019, le 13 mai 2020 et le 30 septembre 2020, ensemble la décision 48 SI du 17 juillet 2021 l'informant de la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. L'exécution du présent jugement implique seulement, eu égard à ses motifs, que l'autorité compétente restitue à Mme C les points illégalement retirés de son permis de conduire à la suite des infractions commises le 21 novembre 2019, le 13 mai 2020 et le 30 septembre 2020. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, à cette restitution, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital de points du permis et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, et de réactualiser le fichier national des permis de conduire.
Sur les frais liés au litige :
16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à la requérante, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions portant retrait de points suite aux infractions commises le 21 novembre 2019, le 13 mai 2020 et le 30 septembre 2020, ensemble la décision référencée " 48SI " du 17 Juillet 2021 en tant qu'elle prononce l'invalidation du titre de conduite de Mme C, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à Mme C les points illégalement retirés à la suite des infractions mentionnée à l'article 1er dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement et de réactualiser le fichier national du permis de conduire.
Article 3 : L'Etat versera à Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5: Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré à l'issue de l'audience du 23 mars 2023 à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme le Roux, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
Le président,
Signé :
S. A
L'assesseure la plus ancienne,
Signé :
C. GOUDENÈCHE
La greffière,
Signé :
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé :
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026