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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2101122

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2101122

jeudi 25 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2101122
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBICHARA-JABOUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 septembre 2021 et le 5 janvier 2022, M. A D, représenté par Me Bichara-Jabour, demande au tribunal de la Guadeloupe :

1°) d'annuler l'arrêté n° U10238710181850 du 29 octobre 2020 par lequel le préfet de la Guadeloupe l'a placé en congé maladie ordinaire avec impact sur rémunération ;

2°) d'annuler l'arrêté n° 20-11 SAT/BAM/FN du 26 octobre 2020 par lequel le préfet de la Guadeloupe a rejeté la demande d'imputabilité au service de l'accident survenu le 17 février 2020 ;

3°) d'annuler la décision implicite de rejet née de la demande gracieuse déposée le 26 juillet 2021 ;

4°) d'enjoindre à l'Etat de prendre une décision d'imputabilité au service de ses pathologies, ou à défaut de saisir à nouveau la commission de réforme dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir ;

5°) d'enjoindre à l'Etat de lui verser tous les traitements, demi traitements et primes non versés depuis le 29 octobre 2020, avec reconstitution des droits à pension et prise en charge des charges salariales et patronales de cette reconstitution dans le mois suivant la notification du jugement à intervenir ;

6°) de désigner un expert ayant pour mission d'examiner les préjudices ;

7°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, au titre des dispositions de l'article L.761- 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- les arrêtés du 26 et du 29 octobre 2020 sont entachés d'une incompétence ;

- ils sont insuffisamment motivés ;

- ils sont entachés d'une erreur de droit dès lors que l'administration s'est cru à tort en situation de compétence liée ;

- ils sont entachés d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;

- ils sont entachés d'une erreur d'appréciation dès lors que l'administration a méconnu sa propre compétence.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 novembre 2021, le préfet de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;

- les autres moyens ne sont pas fondés.

Par un courrier du 28 mars 2023, les parties ont été invitées à régulariser leur requête en application des dispositions combinées des articles R. 421-1 et R. 412-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Goudenèche, conseillère ;

- et les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, gardien de la paix affecté à la direction départementale de la sécurité publique de la Guadeloupe, a été victime le 17 février 2020 d'un incident dès lors qu'à la suite d'un choc sur une table il a été blessé au genou. Il a été placé par un arrêté n° U10238710181850 du 29 octobre 2020 en congé maladie ordinaire et par un arrêté n° 20-11 SAT/BAM/FN du 26 octobre 2020, le préfet de la Guadeloupe a rejeté sa demande d'imputabilité au service de l'accident survenu le 17 février 2020.

Sur les conclusions à fin d'annulation du refus implicite né de la demande du 26 juillet 2021 :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit à peine d'irrecevabilité être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué, ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date du dépôt de la réclamation ".

3. En dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée par le greffe du tribunal administratif le 28 mars 2023, le requérant n'a pas produit, dans le délai qui lui était imparti, la décision dont il se prévaut. Par suite, les conclusions à fin d'annulation du refus implicite né de la demande du 26 juillet 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 26 et du 29 octobre 2020 :

4. En premier lieu, les arrêtés attaqués ont été signés par M. C B, directeur de cabinet adjoint qui disposait d'une délégation de signature du préfet de la Guadeloupe consentie par un arrêté du 10 août 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs du 11 août 2020. Par suite, le moyen tiré l'incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, les décisions contestées, qui n'avaient pas à contenir en annexe le procès-verbal et l'avis de la commission de réforme, comportent les éléments de droit et de fait qui en constituent leur fondement. En effet d'une part, les arrêtés visent notamment la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ou encore le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 dont ils font application. D'autre part, ils mentionnent que lors de sa séance du 22 octobre 2020, la commission de réforme a émis un avis défavorable à la reconnaissance de l'accident de travail du 17 février 2020 et qu'il n'existe pas d'éléments suffisants pour reconnaître cet accident de travail du 17 février 2020, dont les arrêts de travail ainsi que les soins du 18 février 2020 au 1er octobre 2020 transmis par l'agent ne peuvent être pris au titre de l'accident de service. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation des décisions litigieuses doit être écarté comme manquant en fait.

6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet en prenant les décisions contestées se soit cru à tort en situation de compétence liée. Par suite, le moyen manque en fait et doit être écarté.

7. En quatrième lieu, le requérant soutient que " l'administration ne s'est absolument pas fondée sur les circonstances de fait pour prendre sa décision ". Toutefois, il ressort des décisions attaquées que le préfet a pris sa décision au regard de la demande présentée par le requérant, sur le certificat médical établi le 18 février 2020, sur l'avis défavorable du 16 avril 2020 du directeur départemental de la sécurité publique de la Guadeloupe et l'avis défavorable du 05 mai 2020, d'un médecin inspecteur régional des Antilles et sur l'avis rendu le 22 octobre 2020 par la commission de réforme. Il s'est ainsi notamment fondé sur le fait qu'il n'existe pas d'éléments suffisants pour reconnaître cet accident de travail du 17 février 2020. Par suite, le moyen doit être écarté.

8. En cinquième et dernier lieu, le requérant soutient que l'administration a méconnu sa propre compétence dès lors qu'elle n'a pas cherché à savoir si l'accident de service était imputable au service, toutefois, cela ne ressort pas des pièces du dossier. Par suite le moyen doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 26 et du 29 octobre 2020 doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquences les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A D et au préfet de la Guadeloupe.

Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gouès, président,

Mme Goudenèche, conseillère,

Mme Le Roux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.

La rapporteure,

Signé

C. GOUDENÈCHELe président,

Signé

S. GOUÈS

La greffière,

Signé

L. LUBINO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe à la greffière en chef

Signé

A. CETOL

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