mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2101151 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DEPORCQ |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 1400502, en date du 8 juillet 2014, le président, juge des référés du tribunal administratif de la Guadeloupe, a désigné le docteur D C aux fins, notamment, de déterminer si l'état de M. B avait été causé par une infection nosocomiale et, le cas échéant, d'évaluer le préjudice en résultant.
Le rapport d'expertise du docteur C a été déposé le 21 avril 2015 au greffe du tribunal.
Les frais et honoraires de l'expert ont été liquidés et taxés à la somme de 1 728 euros par ordonnance du tribunal en date du 22 juin 2015.
Par une requête enregistrée le 4 octobre 2021 sous le n° 2101151, M. A B, représenté par Me Deporcq, demande au tribunal :
1°) de condamner la société hospitalière assurance mutuelle (SHAM) à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation des préjudices en lien, selon lui, avec l'infection nosocomiale contractée lors de sa prise en charge par le centre hospitalier de la Basse-Terre (CHBT) ;
2°) de mettre à la charge de la SHAM une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été victime d'une infection nosocomiale lors de sa prise en charge au centre hospitalier de la Basse-Terre en décembre 2011 ;
- cette infection est en lien direct avec l'ensemble des préjudices corporel, moral, financier et patrimonial qu'il a subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2021, la SHAM, représentée par Me Silo-Lavital, conclut au rejet de la requête et à ce que M. B lui verse une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que le montant de sa condamnation doit être ramené à de plus justes proportions, à hauteur de 3 956,15 euros.
La requête a été régulièrement communiquée à la caisse générale de sécurité sociale de la Guadeloupe qui n'a pas produit d'observations dans la présente instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lubrani, conseiller ;
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public ;
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été hospitalisé le 30 novembre 2011 au centre hospitalier de la Basse-Terre (CHBT) pour le changement de son défibrillateur automatique implantable (DAI). Il a, par la suite, présenté une complication infectieuse qui l'a conduit à être de nouveau hospitalisé au CHBT au mois de novembre 2012 avant d'être transféré au centre hospitalier universitaire de la Pitié-Salpêtrière où le DAI a été extrait le 19 décembre 2012. Il a sollicité la prescription d'une mesure d'expertise aux fins, notamment, de déterminer si sa prise en charge au sein de ces divers établissements avait été conforme aux règles de l'art, si son état avait été causé par une infection nosocomiale et d'évaluer ses préjudices, requête à laquelle le juge des référés a fait droit par une ordonnance n° 1400502 du 8 juillet 2014. A la suite du dépôt du rapport d'expertise, M. B a formé une réclamation préalable auprès de la SHAM qui est demeurée sans réponse. Il demande au tribunal de condamner la SHAM à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de sa prise en charge au CHBT.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité du CHBT :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère () ".
3. A la suite de l'apparition, chez M. B, de symptômes de fièvre avec frisson, d'amaigrissement et d'une altération générale de son état de santé à compter du mois de février 2012, il a été procédé à divers examens qui ont mis en évidence une infection au Staphylococcus warneri. M. B a été traité au mois de novembre 2012 au CHBT, puis transféré le 14 décembre de la même année au centre hospitalier universitaire de la Pitié-Salpêtrière où l'extraction du DAI infecté a permis de juguler l'infection. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, et il n'est pas contesté, que cette infection, contractée lors du changement de DAI réalisé en décembre 2011 au sein du CHBT, présente un caractère nosocomial. Par suite, et dès lors que M. B ne présente pas de déficit fonctionnel permanent du fait de l'infection, il est fondé à demander réparation des préjudices résultant de cette infection auprès de la SHAM, assureur du CHBT.
En ce qui concerne la réparation des préjudices subis par M. B :
4. Le requérant sollicite l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis à hauteur de 15 000 euros. En défense, la SHAM, qui admet que la responsabilité de son assuré, le CHBT, est engagée, évalue, sur la base du rapport d'expertise du docteur C, le préjudice subi par M. B à hauteur de 3 956,15 euros.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du Docteur C, que l'état de santé de M. B a été consolidé au 2 mai 2013. Le déficit fonctionnel permanent en lien avec l'affection est, selon l'expert, inexistant, dès lors que " l'infection a guéri sous traitement " et que le patient n'a conservé aucune séquelle de cette infection. Par conséquent, et en l'absence de tout élément versé au dossier de nature à remettre sérieusement en cause les conclusions de l'expert sur ce point, il convient de rejeter la demande indemnitaire formée par le requérant au titre du déficit fonctionnel permanent.
6. Il résulte en revanche de l'instruction que M. B a subi des préjudices en lien avec cette infection nosocomiale avant la consolidation de son état de santé.
7. Tout d'abord, l'expert estime, sans être sérieusement contesté par le requérant, que M. B a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel au taux de 5 % du 15 février au 19 novembre 2012, puis un déficit temporaire total sur une première période courant du 20 novembre au 11 décembre 2012 et sur une seconde période courant du 15 décembre 2012 au 9 janvier 2013, et enfin un déficit fonctionnel temporaire partiel au taux de 10 % sur une première période courant du 12 au 14 décembre 2012 puis sur une seconde période courant du 10 janvier au 2 mai 2013. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en fixant son indemnisation à 1 103,25 euros, sur la base de 15 euros par jour de déficit total compte tenu des circonstances de l'espèce.
8. Ensuite, les souffrances endurées par M. B liées à l'infection nosocomiale ont été évaluées à 3 sur une échelle allant de 1 à 7 par l'expert. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice, dans les circonstances de l'espèce, en condamnant la SHAM à verser à M. B la somme de 3 500 euros à ce titre.
9. En se bornant à demander l'indemnisation de ses préjudices à hauteur de 15 000 euros en affirmant qu'il a " subi, de toute évidence un préjudice corporel, moral, financier, patrimonial, économique extrêmement important ", et en renvoyant à une expertise réalisée non-contradictoirement en 2013 par un médecin missionné par son assureur, M. B n'établit la réalité de préjudices autres que le déficit fonctionnel temporaire et les souffrances endurées, reconnus par l'expert, qui a d'ailleurs écarté expressément l'existence d'un préjudice esthétique, d'un préjudice d'agrément et la nécessité d'une aide par une tierce personne.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la SHAM est condamnée à verser à M. B la somme de 4 603,25 euros en réparation de ses préjudices.
Sur les dépens :
11. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
12. Les frais d'expertise ont été taxés et liquidés à la somme de 1 728 euros par ordonnance du 22 juin 2015. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge définitive de la SHAM à hauteur de 50 % (864 euros) et de M. B à hauteur de 50 % (864 euros).
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B et de la SHAM présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La société hospitalière assurance mutuelle est condamnée à verser à M. B une indemnité de 4 603,25 euros.
Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise, liquidés et taxés à la somme de 1 728 euros par ordonnance du 22 juin 2015 sont mis à la charge définitive de la société hospitalière assurance mutuelle à hauteur de 50 % (864 euros) et de M. B à hauteur de 50 % (864 euros).
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la société hospitalière assurance mutuelle et à la caisse générale de sécurité sociale de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience publique du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Guiserix, président,
Mme Brigitte Pater, première conseillère,
M. Antoine Lubrani, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé
A. LUBRANI
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Signé
M-L. Corneille
4
N° 1901371
5
N° ***
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026