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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2101163

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2101163

mardi 13 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2101163
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique
Avocat requérantPROTO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2101163 le 8 octobre 2021 et le 8 juin 2022, Mme A, représentée par Me A, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 2 564 euros résultant de la saisie administrative à tiers détenteur n° 21 00004 du 10 juin 2021 émise par le comptable public du service des impôts des particuliers du Nord Basse-Terre pour le recouvrement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2009, 2012, 2013, l'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux au titre de l'année 2013, et la taxe d'habitation au titre de l'année 2020 ;

2°) de lui restituer les sommes prélevées en exécution de cette saisie administrative à tiers détenteur, sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'action en recouvrement est prescrite pour les cotisations de taxe foncière au titre des années 2009, 2012 et 2013 en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales ; l'administration ne justifie pas l'interruption de la prescription ;

- elle a déjà payé la taxe d'habitation mise à sa charge en 2020;

- s'agissant de l'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux au titre de l'année 2013, elle s'est acquittée de la somme de 1 523 euros et l'administration lui a remboursé un trop-versé d'un montant de 300 euros ;

- s'agissant de la taxe foncière 2013, l'administration doit lui restituer la somme de 2 115 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2101164 le 8 octobre 2021 et le 8 juin 2022, Mme A, représentée par Me A, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 2 564 euros résultant de la saisie administrative à tiers détenteur n° 21 00003 du 10 juin 2021 émise par le comptable public du service des impôts des particuliers du Nord Basse-Terre pour le recouvrement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2009, 2012, 2013, l'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux au titre de l'année 2013, et la taxe d'habitation au titre de l'année 2020 ;

2°) de lui restituer les sommes prélevées en exécution de cette saisie administrative à tiers détenteur, sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'action en recouvrement est prescrite pour les cotisations de taxe foncière au titre des années 2009, 2012 et 2013 en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales ; l'administration ne justifie pas l'interruption de la prescription ;

- elle a déjà payé la taxe d'habitation mise à sa charge en 2020;

- s'agissant de l'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux au titre de l'année 2013, elle s'est acquittée de la somme de 1 523 euros et l'administration lui a remboursé un trop-versé d'un montant de 300 euros ;

- s'agissant de la taxe foncière 2013, l'administration doit lui restituer la somme de 2 115 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

III. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2101191 le 14 octobre 2021 et le 8 juin 2022, Mme A, représentée par Me A, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 3 033 euros résultant de la saisie administrative à tiers détenteur n° 21 00005 du 1er juillet 2021 émises par le comptable public du service des impôts des particuliers du Nord Basse-Terre pour le recouvrement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2015 et 2020 et la taxe d'habitation au titre de l'année 2020 ;

2°) de lui restituer les sommes prélevées en exécution de cette saisie administrative à tiers détenteur, sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'action en recouvrement est prescrite pour les cotisations de taxe foncière au titre des années 2009, 2012 et 2013 en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales; l'administration ne justifie pas l'interruption de la prescription ;

- elle a déjà payé la taxe d'habitation mise à sa charge en 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

IV. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2101192 le 14 octobre 2021 et le 8 juin 2022, Mme A, représentée par Me A, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 4 859 euros résultant de la saisie administrative à tiers détenteur n° 26 00001 du 1er juillet 2021 émises par le comptable public du service des impôts des particuliers du Nord Basse-Terre pour le recouvrement des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2009, 2012, 2013, 2015 et 2020, l'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux au titre de l'année 2013, et la taxe d'habitation au titre de l'année 2015 ;

2°) de lui restituer les sommes prélevées en exécution de cette saisie administrative à tiers détenteur, sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'action en recouvrement est prescrite pour les cotisations de taxe foncière au titre des années 2009, 2012 et 2013 en application de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales ; l'administration ne justifie pas l'interruption de la prescription ;

- elle a déjà payé la taxe d'habitation mise à sa charge en 2020;

- s'agissant de l'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux au titre de l'année 2013, elle s'est acquittée de la somme de 1 523 euros et l'administration lui a remboursé un trop-versé d'un montant de 300 euros ;

- s'agissant de la taxe foncière 2013, l'administration doit lui restituer la somme de 2 115 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Gouès, président rapporteur.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes, enregistrées sous les numéros 2101163, 2101164, 2101191 et 2101192 concernent le même contribuable qui sollicite la décharge de l'obligation de payer résultant de la notification de quatre saisies administratives à tiers détenteur du 10 juin 2021 et du 1er juillet 2021 émises pour le recouvrement des mêmes cotisations. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Mme A a été assujettie à des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2009, 2012, 2013, et 2015 l'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux au titre de l'année 2013, et la taxe d'habitation au titre des années 2015 et 2020. A défaut de paiement, le comptable public du service des impôts des particuliers du Nord Basse-Terre a émis à son encontre quatre saisies administratives à tiers détenteur du 10 juin 2021 et du 1er juillet 2021 en vue du recouvrement de la somme globale de 13 020 euros. A la suite du rejet implicite de ses réclamations, Mme A demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes résultant des saisies à tiers détenteur n°s 2100003, 2100004, 2100005 et 2600001 du 10 juin 2021 et du 1er juillet 2021 et de lui restituer les sommes prélevés en exécution de ces saisies administratives à tiers détenteur.

Sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer :

3. L'article 274 du livre des procédures fiscales dispose que : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. " L'article 2240 du code civil dispose que : " La reconnaissance par le débiteur du droit de celui contre lequel il prescrivait interrompt le délai de prescription. ". Pour l'application de ces dispositions, la reconnaissance de dette interruptive de prescription ne peut résulter que d'un acte ou d'une démarche par lesquels le redevable se réfère clairement à une créance définie par sa nature, son montant et l'identité du créancier.

4. En l'espèce, pour contester l'obligation de payer découlant des quatre saisies administratives à tiers détenteur émises les 10 juin 2021 et 1er juillet 2021, Mme A se prévaut de la prescription définie à l'article L. 274 précité du livre des procédures fiscales.

En ce qui concerne les cotisations de taxe foncière :

S'agissant des années 2009, 2012 et 2013 :

5. Il résulte de l'instruction que les cotisations de taxe foncière et mises à la charge du contribuable, en droits et pénalités, au titre des années 2009 (652 euros+ 65 euros), 2012 (825 euros+ 83 euros), 2013 (892 euors+89 euros) ont été mises en recouvrement aux dates respectives des 31 août 2009, 15 octobre 2009, 31 août 2012, 15 octobre 2012, 31 août 2013 et 15 octobre 2013.

6. D'une part, l'administration soutient que Mme A a été rendue destinataire de plusieurs mises en demeure de payer et commandements de payer du 17 avril 2010, 14 avril 2013, 12 février 2013, 15 août 2017, 12 décembre 2017, 31 décembre 2017 qui ont ainsi interrompu la prescription de l'action en recouvrement. Toutefois, le service ne verse à l'appui de telles allégations aucune pièce de nature à attester de la réalité et de la régularité de la notification au redevable de ces actes de poursuite pouvant avoir un caractère interruptif.

7. D'autre part, l'administration se prévaut de ce que la requérante a bénéficié d'un échéancier pour le paiement des impositions litigieuses et que la prescription n'est dès lors pas acquise. Toutefois, le délai de paiement et l'échéancier dont auraient bénéficier la requérante au regard des courriers du 5 mars 2012 et du 28 mai 2014, produits aux débats par l'administration, ne se référant pas clairement à une créance fiscale définie par sa nature et son montant et ne mentionnant pas précisément les années concernées, elle ne peut être regardée comme une reconnaissance de dette interruptive de prescription. Dans ces conditions, les actions en recouvrement étaient prescrites lorsque l'administration a notifié les deux avis à tiers détenteurs relatifs aux impositions litigieuses le 10 juin 2021 et le 1er juillet 2021.

S'agissant de l'année 2015 :

8. Si l'administration soutient que Mme A a été destinataire des mises en demeure et commandement de payer cités au point 6, qui au demeurant ne concernent pas la taxe foncière mise à la charge de la requérante en 2015, elle ne verse à l'appui de telles allégations aucune pièce de nature à attester de la réalité et de la régularité de la notification au redevable de ces actes de poursuite pouvant avoir un caractère interruptif.

S'agissant de l'année 2020 :

9. Il résulte de l'instruction que la cotisation dont il s'agit a été mise en recouvrement le 31 décembre 2020. La requérante ne conteste pas que cette cotisation était exigible à la date des notifications des saisies administratives à tiers détenteur des 10 juin 2021 et 1er juillet 2021.

En ce qui concerne l'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux au titre de l'année 2013 :

10. Pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 6 et 7, l'action en recouvrement était prescrite à la date des saisies administratives à tiers détenteur des 10 juin 2021 et 1er juillet 2021.

En ce qui concerne les cotisations de taxe d'habitation :

S'agissant de l'année 2015:

11. Pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 6 et 7, l'action en recouvrement était prescrite à la date des saisies administratives à tiers détenteur des 10 juin 2021 et 1er juillet 2021.

S'agissant de l'année 2020 :

12. Il résulte de l'instruction que la cotisation de taxe d'habitation dont il s'agit a été mise en recouvrement le 31 octobre 2020 et que l'administration a notifié à la requérante une mise en demeure en date du 7 avril 2021. Par ailleurs, la contribuable qui ne conteste pas l'exigibilité de cette cotisation soutient qu'elle a été réglée cette cotisation. Toutefois, il résulte de l'instruction que cette cotisation d'un montant de 738 euros a été payée par carte bancaire le 24 juin 2021 soit à une date postérieure aux saisies administratives à tiers détenteur du 10 juin 2021. En tout état de cause, cette cotisation ne figure pas dans les saisies administratives à tiers détenteur du 1er juillet 2021. Dès lors, cette somme était exigible à la date des saisies administratives à tiers détenteur du 10 juin 2021 et Mme A n'est pas fondée à en solliciter la décharge de l'obligation de payer.

13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander la décharge de l'obligation de payer, en droits et pénalités les cotisations de taxe foncière au titre des années 2009, 2012, 2013 et 2015, des cotisations d'impôt sur le revenu et prélèvement sociaux au titre de l'année 2013, et de la cotisation de taxe d'habitation au titre de l'année 2015 pour un montant total de 5 258 euros.

Sur les conclusions à fin de restitution:

14. Si Mme A sollicite la restitution des sommes prélevées sur ses comptes bancaires, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que des sommes auraient été appréhendées par le service pour l'application des actes de poursuite litigieux. Par suite, la requérante n'est pas fondée à réclamer la restitution des sommes que au demeurant l'intéressée aurait versée spontanément pour le paiement des impositions dont elle a été redevable.

Sur les frais liés au litige :

15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est déchargée de l'obligation de payer la somme de 5 258 euros procédant des saisies administratives à tiers détenteur émises à son encontre le 10 juin 2021 et 1er juillet 2021.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme A est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional des finances publiques de la Guadeloupe.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.

Le président,

Signé

S. GOUÈSLa greffière,

Signé

N. ISMAËL

La République mande et ordonne au ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

Signé

M-L Corneille

N°s 2101163, 2101164,2101191,210119

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