jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2101195 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHICOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, respectivement enregistrés les 15 octobre 2021 et 4 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Chicot, demande au tribunal :
1°) de condamner la chambre de commerce et d'industrie des Îles de Guadeloupe (CCI-IG) à lui verser la somme totale de 1 567,08 euros au titre des heures supplémentaires qu'elle a effectuées et de tickets-restaurant non-perçus ;
2°) de mettre à la charge de la CCI-IG une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son placement en activité partielle pendant la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19 l'a privée de rémunération pour les heures supplémentaires qu'elle a effectuées de novembre 2020 à mai 2021 ; la CCI-IG fait valoir qu'elle l'a rétroactivement placée en autorisation spéciale d'absence alors qu'elle n'a jamais cessé de travailler ;
- sa mise en activité partielle l'a également privée d'un carnet de 20 tickets-restaurant, dont elle aurait dû bénéficier en décembre 2020 ; la note de service n° 115/2012 du 12 décembre 2012 prévoit l'attribution de 11 carnets de tickets-restaurant par an.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 20 décembre 2021 et 3 août 2022, la chambre de commerce et d'industrie des Îles de Guadeloupe, représentée par Me Bach, conclut au rejet de la requête, à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à sa condamnation aux entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- la requérante a été placée en activité partielle à compter d'avril 2020 en raison de la baisse du trafic aérien consécutive à la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 ; par une décision du 30 octobre 2020, la direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de Guadeloupe a retiré l'autorisation qui lui avait été accordée de bénéficier du dispositif d'activité partielle pour ses agents mis à disposition de la société aéroportuaire Guadeloupe Pôle Caraïbes ; suite à cette décision de retrait, elle a rétroactivement placé la requérante en autorisation spéciale d'absence et a procédé à une régularisation sur sa paie de mars 2021 ; ainsi, la requérante n'a subi aucune perte de rémunération du fait de son placement en activité partielle puis en autorisation exceptionnelle d'absence ;
- la requérante n'établit pas avoir effectué des heures supplémentaires ; en tout état de cause, elle n'a effectué aucune heure supplémentaire dès lors qu'elle a été placée en autorisation spéciale d'absence une semaine par cycle de travail de 5 semaines et que les heures supplémentaires ne se décomptent pas de manière hebdomadaire mais par cycle de travail ;
- les tickets-restaurant ne sont pas exigibles, en l'absence de service fait.
Par ordonnance du 13 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 12 août 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des transports ;
- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 ;
- l'ordonnance n° 2020-346 du 27 mars 2020 portant mesures d'urgence en matière d'activité partielle ;
- l'arrêté du 25 juillet 1997 relatif au statut du personnel de l'assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie, des chambres régionales de commerce et d'industrie, des chambres de commerce et d'industrie et des groupements inter-consulaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentolila, conseillère,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- et les observations de Me Kammerer, substituant Me Bach, représentant la chambre de commerce et d'industrie des Îles de Guadeloupe.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent public de la chambre de commerce et d'industrie de région des Îles de Guadeloupe, a été mise à disposition de la société aéroportuaire Guadeloupe Pôle Caraïbes (SAGPC) en vertu d'une convention de mise à disposition conclue le 30 septembre 2014 sur le fondement des dispositions de l'article L. 6322-3 du code des transports. Elle exerce les fonctions de superviseur, au sein du service " passage " de l'aéroport Guadeloupe Pôle Caraïbes. Par la présente requête, elle demande au tribunal de condamner la chambre de commerce et d'industrie des Îles de Guadeloupe (CCI-IG) à lui verser la somme de 1 467,28 euros correspondant à la rémunération d'heures supplémentaires effectuées entre novembre 2020 et mai 2021 et la somme de 99,80 euros correspondant aux titres-restaurant non-perçus au mois de décembre 2020.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 6322-3 du code des transports : " Les agents publics affectés à la concession transférée sont mis à la disposition de la société pour une durée de dix ans. Une convention conclue entre l'ancien et le nouvel exploitant détermine les conditions de cette mise à disposition ". D'autre part, aux termes de l'article 1er de la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 précitée : " La situation du personnel administratif des chambres d'agriculture, des chambres de commerce et des chambres de métiers de France est déterminée par un statut établi par des commissions paritaires nommées, pour chacune de ces institutions, par le ministre de tutelle ".
3. Il résulte de ces dispositions que les conditions dans lesquelles le personnel administratif des chambres de commerce et d'industrie, bénéficiant par ailleurs d'un statut propre défini en principe en commission paritaire, nationale et locale, est mis à disposition d'une société aéroportuaire doivent être définies par une convention.
4. Par une convention du 30 septembre 2014 conclue entre la CCI-IG et la SAGPC, certains agents de la chambre de commerce et d'industrie ont été mis à disposition de la société aéroportuaire. Il résulte des stipulations de cette convention que les agents mis à disposition de la société aéroportuaire continuent de bénéficier des règles applicables prévues par le statut du personnel des chambres de commerce et d'industrie. En outre, l'article 3 de cette convention stipule que la rémunération des agents mis à disposition est assurée par la CCI-IG, à partir des informations reçues de la société aéroportuaire. Enfin, en vertu de l'article 5 de ladite convention, le pouvoir d'organisation du temps de travail des agents mis à disposition relève de la compétence de la SAGPC.
5. L'annexe 1 au titre II de l'accord d'entreprise conclu le 19 juin 2017 entre la SAGPC et les partenaires sociaux, applicable aux agents publics de la CCI-IG, prévoit que les agents affectés notamment au service " passage " travaillent suivant des cycles de travail allant d'une à douze semaines. Aux termes de l'article 2.2 de cette annexe : " La durée de travail sur la durée du cycle est de 35 heures hebdomadaires, en moyenne. La durée de travail effectif hebdomadaire au cours d'un cycle peut donc varier d'une semaine à l'autre. En fin de cycle, la durée moyenne hebdomadaire de travail correspond à 35 heures. () La programmation des horaires à l'intérieur du cycle, est établie en cohérence avec la réalité du trafic et de l'ouverture H24 et 7j/7à la circulation aérienne. () ". Enfin, selon l'article 2.5 de cette annexe : " Toute heure de travail effectuée à l'initiative de l'employeur, au-delà de la durée des bornes définies par le cycle de travail ou de l'horaire individuel, ou de la moyenne de 35 heures hebdomadaires par fin de cycle, est considérée comme une heure supplémentaire. Les heures supplémentaires accomplies par le personnel travaillant en cycles () donnent lieu en priorité à un repos compensateur équivalent ou à une majoration de salaire au taux légal (soit 25% pour chacune des huit premières heures supplémentaires, et 50% pour les heures suivantes). ".
6. Il résulte de l'instruction qu'en raison de la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19, le trafic aérien de l'aéroport Guadeloupe Pôle Caraïbes a connu une forte baisse à compter du mois de mars 2020. Du fait de cette baisse d'activité, la CCI-IG a, après avoir obtenu tacitement l'autorisation de la direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIECCTE) de Guadeloupe, placé ses agents mis à disposition de la SAGPC en activité partielle pour la période comprise entre le 1er mai 2020 et le 31 octobre 2020, sur le fondement de l'ordonnance n° 2020-346 du 27 mars 2020 portant mesures d'urgence en matière d'activité partielle. Puis, par une décision du 30 octobre 2020, la DIECCTE de Guadeloupe a retiré l'autorisation accordée à la CCI-IG de placer ces agents en activité partielle. Le 22 décembre 2020, CCI-IG a formé un recours gracieux contre cette décision, lequel a été rejeté le 24 février 2021. La CCI-IG a alors placée Mme B, agent public mis à disposition de la SAGPC, en autorisation spéciale d'absence de manière rétroactive à compter du 1er mai 2020. Par un courrier du 28 mai 2021, la CCI-IG a informé l'intéressée de cette situation et de ce qu'une régularisation avait été effectuée sur sa paie du mois de mars 2021.
7. D'une part, la requérante soutient que les heures supplémentaires effectuées de novembre 2020 à mai 2021 n'ont pas été rémunérées du fait de son placement en activité partielle. Toutefois, Mme B, qui ne conteste pas sérieusement le principe-même de son placement en activité partielle puis en autorisation spéciale d'absence, n'établit pas qu'au cours de cette période, elle aurait effectué des heures supplémentaires. En particulier, si l'intéressée produit différents tableaux visant à déclarer auprès de la SAGPC les heures supplémentaires effectuées, il résulte de l'instruction que lesdits tableaux, signés uniquement par Mme B, n'ont fait l'objet d'aucune validation de la part de son chef de service. De plus, la CCI-IG fait valoir, sans être contredite par la requérante, que l'intéressée, dont le temps de travail est organisé en cycles de 5 semaines, a été placée en autorisation spéciale d'absence une semaine par cycle de travail, de sorte qu'elle n'a pu effectuer aucune heure supplémentaire. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à demander la condamnation de la CCI-IG à lui verser la somme de 1 467,28 euros au titre de heures supplémentaires effectuées de novembre 2020 à mai 2021.
8. D'autre part, Mme B soutient qu'elle n'a pas reçu les tickets-restaurant qui lui étaient dus au titre du mois de décembre 2020. Toutefois, si la requérante se prévaut d'une note de service du 12 décembre 2012 qui prévoirait la délivrance de 11 carnets de tickets-restaurant par an et par agent, il résulte de l'instruction que cette note de service concerne uniquement la valeur faciale des tickets-restaurant distribués aux agents de la CCI, et non leurs conditions d'octroi. De plus, Mme B n'apporte aucune justification quant à la réalisation effective d'heures de travail au cours de ce mois. Par suite, l'intéressée n'est pas fondée à demander la condamnation de la CCI-IG à lui verser la somme de 99,80 euros à ce titre.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CCI-IG, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme que Mme B réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
11. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B une somme de 500 euros au profit de la CCI-IG au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
12. Enfin, la présente instance n'ayant généré aucun dépens, les conclusions de la CCI-IG tendant à la condamnation de la requérante au paiement des entiers dépens doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera à la chambre de commerce et d'industrie des Îles de Guadeloupe une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la chambre de commerce et d'industrie des Îles de Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Olivier Guiserix, président,
- M. Antoine Lubrani, conseiller,
- Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
H. BENTOLILALe président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Signé
M-L. Corneille
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026