mardi 11 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2101227 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DEPORCQ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en production de pièces, enregistrés les 19 octobre 2021 et 12 septembre 2022, la société à responsabilité limitée (sarl) L'Eden Caraïbes, représentée par Me Deporcq, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le conseil régional de la Guadeloupe a implicitement rejeté son recours gracieux dirigé contre la décision du 28 avril 2021 lui ayant refusé le versement d'une subvention au titre du dispositif d'" aide à l'hébergement touristique - meublés de tourisme " ;
2°) de mettre à la charge du conseil régional de la Guadeloupe une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de le condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et la décision du 28 avril 2021 est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que si le principe d'incitativité des subventions impose que les travaux n'aient pas débutés avant la demande de subvention, les devis qu'elle a transmis au service instructeur lors du dépôt de sa demande de subvention n'étaient pas signés et donc pas acceptés ;
- la durée excessive de traitement de sa demande d'aide lui a causé d'importants préjudices financiers.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2022, la région Guadeloupe, représentée par Me Lafay, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société l'Eden Caraïbes une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentolila, conseillère,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- et les observations de Me Deporcq, représentant la société L'Eden Caraïbes.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 juillet 2020, la société L'Eden Caraïbes a sollicité auprès du conseil régional de la Guadeloupe le versement d'une subvention au titre du dispositif intitulé " aide à l'hébergement touristique - meublés de tourisme " pour financer la rénovation et l'extension de deux bâtiments à usage d'habitation situés à Bouillante. Par une décision du 28 avril 2021, le conseil régional a refusé de faire droit à cette demande. La société L'Eden Caraïbes a formé un recours gracieux contre cette décision le 18 juin 2021. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur l'étendue du litige :
2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de la société L'Eden Caraïbes, dirigées formellement contre la décision implicite de rejet de son recours gracieux, doivent être interprétées comme étant aussi dirigées contre la décision du 28 avril 2021 par laquelle le conseil régional de la Guadeloupe a refusé de lui accorder la subvention qu'elle sollicitait.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu et d'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ".
5. Eu égard au large pouvoir d'appréciation dont dispose le conseil régional en la matière, les décisions de refus de subvention ne sont pas au nombre de celles qui, au sens des dispositions précitées, refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision du 28 avril 2021 ne peut qu'être écarté.
6. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 2, les vices propres d'une décision de rejet d'un recours gracieux ne peuvent être utilement contestés. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé par la société requérante doit nécessairement ne peut qu'être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes du point 2 de l'article 6 du règlement de la Commission du 17 juin 2014 : " Une aide est réputée avoir un effet incitatif si le bénéficiaire a présenté une demande d'aide écrite à l'Etat membre concerné avant le début des travaux liés au projet ou à l'activité en question. () ". L'article 2 de ce règlement définit en son point 23 le " début des travaux " comme étant " soit le début des travaux de construction liés à l'investissement, soit le premier engagement juridiquement contraignant de commande d'équipement ou tout autre engagement rendant l'investissement irréversible, selon l'événement qui se produit en premier ", étant précisé que " l'achat de terrains et les préparatifs tels que l'obtention d'autorisations et la réalisation d'études de faisabilité ne sont pas considérés comme le début des travaux ". Il résulte de ces dispositions qu'une demande d'aide doit être déposée avant le commencement matériel des travaux de construction ou la conclusion du premier engagement juridiquement contraignant rendant l'investissement irréversible.
8. La société requérante soutient que contrairement à ce qu'a considéré le conseil régional de la Guadeloupe pour refuser de faire droit à sa demande de subvention, les travaux n'avaient pas débuté lors du dépôt de son dossier. Si elle indique à ce titre avoir joint à sa demande plusieurs devis qu'elles n'avaient pas signés et donc pas acceptés, elle ne l'établit pas. De plus, il ne ressort d'aucune autre pièce du dossier que le début des travaux serait intervenu postérieurement au dépôt du dossier de la société L'Eden Caraïbes, le 8 juin 2020, alors qu'au demeurant, le compte-rendu établi suite à la visite sur site effectuée le 11 janvier 2021 par le service régional du tourisme fait état de ce que les travaux étaient à cette date totalement achevés. Par suite, ce moyen doit être écarté.
9. En troisième et dernier lieu, si la société requérante se prévaut des conséquences financières résultant de la durée d'instruction de sa demande de subvention, ce moyen est inopérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de la société L'Eden Caraïbes doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. En premier lieu, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions de la société requérante tendant à la condamnation du conseil régional aux entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées.
12. En second lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du conseil régional de la Guadeloupe, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société requérante la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
13. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le conseil régional sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société L'Eden Caraïbes est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le conseil régional de la Guadeloupe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée L'Eden Caraïbes et à la région Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
- M. Olivier Guiserix, président,
- M. Antoine Lubrani, conseiller,
- Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2022.
La rapporteure,
Signé
H. BENTOLILALe président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Signé
M-L. Corneille
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026