jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2101328 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 novembre 2021, l'Association Vigilance, représentée par son président en exercice, demande au tribunal d'annuler la délibération n° 2021-CC-1S-FD-02 du 15 janvier 2021 par laquelle le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de La Riviera du Levant a voté le taux de la cotisation foncière des entreprises et autres taxes pour l'année 2021.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que de nombreux conseillers communautaires n'ont pas pu être présents à la séance du conseil communautaire, en l'absence de visioconférence, ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, en ce que le procès-verbal du conseil communautaire ne retrace pas fidèlement l'expression des votes ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'augmentation des taux ne respecte pas la règle de plafonnement des taux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2022, la communauté d'agglomération La Riviera du Levant, représentée par Me Seban, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Association Vigilance au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- la requête est irrecevable dès lors que la requérante n'a pas intérêt à agir dans la présente instance ;
- les autres moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 1er mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 mars 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2101327 du 15 novembre 2021 par laquelle le juge des référés a rejeté la requête présentée par l'Association Vigilance.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-391 du 1er avril 2020 visant à assurer la continuité du fonctionnement des institutions locales et de l'exercice des compétences des collectivités territoriales et des établissements publics locaux afin de faire face à l'épidémie de covid-19 ;
- la loi du 14 novembre 2020 autorisant la prorogation de l'état d'urgence sanitaire et portant diverses mesures de gestion de la crise sanitaire ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique,
- et les observations de M. A et de Me Darainville, représentant le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de La Riviera du Levant.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération n° 2021-CC-1S-FD-02 du 15 janvier 2021, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de La Riviera du Levant a voté le taux de la cotisation foncière des entreprises, de la taxe foncière sur les propriétés non bâties et de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2021. Par la présente requête, l'Association Vigilance, représentée par son président en exercice, demande l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe de la délibération attaquée :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-17 du code général des collectivités territoriales, applicable aux conseils communautaires des communautés d'agglomérations en vertu de la combinaison avec l'article L. 5211-1 du même code : " Le conseil municipal ne délibère valablement que lorsque la majorité de ses membres en exercice est présente. () ". Aux termes de l'article 6 de la loi du 14 novembre 2020 autorisant la prorogation de l'état d'urgence sanitaire et portant diverses mesures de gestion de la crise sanitaire, dans sa version applicable à la date de la délibération attaquée : " IV. - Par dérogation aux articles L. 2121-17, () du code général des collectivités territoriales () et jusqu'au 30 septembre 2021, les organes délibérants des collectivités territoriales et des établissements publics qui en relèvent, les commissions permanentes des conseils départementaux et régionaux, de la collectivité territoriale de Guyane et du Département de Mayotte et les bureaux des établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre ne délibèrent valablement que lorsque le tiers de leurs membres en exercice est présent. () ".
3. En l'espèce, si la requérante se prévaut de l'absence de nombreux conseillers communautaires lors de la séance litigieuse du 15 janvier 2021, elle doit être regardée comme soutenant que le quorum instauré par les dispositions précitées n'a pas été respecté, seule circonstance de nature à entacher la décision adoptée d'illégalité. En l'espèce, il ressort des termes mêmes du procès-verbal de la séance du 15 janvier 2021 que, sur les quarante-et-un conseillers en exercice du conseil communautaire, seuls quinze étaient présents. Il résulte des dispositions de la loi du 14 novembre 2020, qu'à la date de la décision attaquée, le conseil communautaire de la communauté d'agglomération de la Riviera du Levant pouvait valablement délibérer si le tiers de ses membres était présent. Il s'ensuit que le conseil communautaire du 15 janvier 2021 respectait le quorum imposé par les dispositions précitées et a ainsi pu valablement adopter la délibération litigieuse. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 de l'ordonnance n° 2020-391 du 1er avril 2020 visant à assurer la continuité du fonctionnement des institutions locales et de l'exercice des compétences des collectivités territoriales et des établissements publics locaux afin de faire face à l'épidémie de covid-19 : " I. - Dans les collectivités territoriales et leurs groupements, le maire ou le président peut décider que la réunion de l'organe délibérant se tient par visioconférence ou à défaut audioconférence. () ".
5. En l'espèce, la requérante soutient que la délibération attaquée a été adoptée en l'absence de nombreux conseillers communautaires, qui n'ont pas pu se rendre à la séance en l'absence de visioconférence. Toutefois, il résulte des dispositions précitées que la réunion de l'organe délibérant en visioconférence constitue une possibilité offerte au président d'un groupement de collectivités territoriales, mais en aucun cas une obligation, même en période d'état d'urgence sanitaire. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'absence de réunion de l'organe délibérant en visioconférence a été de nature à entacher la délibération attaquée d'une illégalité.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 2121-15 du code général des collectivités territoriales, applicable aux conseils communautaires des communautés d'agglomérations en vertu de l'article L. 5211-1 du code général des collectivités territoriales : " Au début de chacune de ses séances, le conseil municipal nomme un ou plusieurs de ses membres pour remplir les fonctions de secrétaire. ". Ainsi et en l'espèce, à la date de l'adoption de la délibération attaquée, aucune disposition du code général des collectivités territoriales n'exigeait l'établissement d'un procès-verbal des séances des conseils communautaires. Il en résulte que les erreurs sur les mentions portées au procès-verbal de la séance d'un conseil communautaire sont sans influence sur la légalité des délibérations adoptées à l'occasion de ce conseil. En tout état de cause, s'il ressort du procès-verbal de la séance du 19 mars 2021 que le procès-verbal de la séance du 15 janvier 2021 ne fait pas mention de l'abstention d'un conseiller quant au vote de la délibération litigieuse, cette simple erreur de plume, qui porte l'adoption de la délibération à seize voix pour, zéro contre et six abstentions, est sans influence sur l'adoption de cette délibération dès lors qu'en application de l'article L. 2121-20 du code général des collectivités territoriales les délibérations sont prises à la majorité absolue des suffrages exprimés, sans que soient prises en compte les abstentions.
En ce qui concerne la légalité interne de la délibération attaquée :
7. Aux termes de l'article 1636 B septies du code général des impôts, dans sa version en vigueur à la date de la délibération attaquée : " I. - Les taux des taxes foncières et de la taxe d'habitation votés par une commune ne peuvent excéder deux fois et demie le taux moyen constaté l'année précédente pour la même taxe dans l'ensemble des communes du département ou deux fois et demie le taux moyen constaté au niveau national s'il est plus élevé. () ". En vertu de l'article 1379-0 bis du code général des impôts, les communautés d'agglomérations peuvent percevoir la taxe foncière sur les propriétés bâties. De plus, le plafonnement des taux d'imposition précisé à l'article 1636 B septies du code général des impôts est applicable dans les mêmes conditions aux taux votés par les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre.
8. La requérante, qui soutient que l'augmentation des taux ne respecte pas la règle de plafonnement des taux car elle dépasse de deux fois et demie le taux moyen de chaque taxe constaté l'année précédente dans l'ensemble du département, doit être regardée comme soutenant que la délibération méconnaît l'article 1636 B septies du code général des impôts en ce qu'elle a augmenté le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties. Il ressort en effet de la décision attaquée que le conseil communautaire a maintenu le taux de la cotisation foncière des entreprises à 23,71%, et il ressort des écritures en défense, non contestées sur ce point, que le taux de la taxe foncière sur les propriétés non bâties a également été reconduit un taux de 1,52%, identique à celui voté l'année précédente. Concernant le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties, s'il ressort de la délibération du 23 janvier 2020 qu'il est passé de 0,625 % en 2020 à 8% en 2021, il ressort des écritures en défense, non contestées sur ce point, que le taux moyen constaté l'année précédente pour la même taxe dans l'ensemble des communes du département était de 52,21% et que le taux moyen constaté au niveau national était de 21,62 %. Il en résulte que le taux de la taxe foncière sur les propriétés bâties issu de la délibération du 15 janvier 2021 n'excède pas deux fois et demie le taux moyen constaté au niveau national, taux plus élevé que celui constaté au niveau départemental.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que la requête de l'Association Vigilance doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Association Vigilance une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la communauté d'agglomération de La Riviera du Levant et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'Association Vigilance est rejetée.
Article 2 : L'Association Vigilance versera à la communauté d'Agglomération de la Riviera du Levant une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'Association Vigilance et à la communauté d'Agglomération de la Riviera du Levant.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,Le président,
SignéSigné
J. BS. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026