mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2101330 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DIALLO BABACAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 novembre 2021, M. C B, représenté par Me Diallo, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté 2021/137 du 16 septembre 2021 par lequel le préfet de la Guadeloupe a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de quarante-cinq jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé à l'expiration de ce délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et lui a imposé une obligation de présentation ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe, sans délai, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour à compter du second mois suivant la notification du présent jugement sous astreinte de 75 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L.423-23 (anciennement 7° de l'article L. 313-11) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle, puisqu'il le prive d'un droit à la formation prévu par l'article L.111-2 du code de l'éducation.
Par une ordonnance du 27 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 mai 202Le préfet de la Guadeloupe a produit le 14 juin 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction, un mémoire en défense, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-1733 du 16 décembre 2020 portant partie législative du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le décret n° 2020-1734 du 16 décembre 2020 portant partie réglementaire du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les observations de Me Diallo pour M. B, le préfet de la Guadeloupe n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant haïtien né le 19 janvier 2003 est entré clandestinement sur le territoire français. Le 13 avril 2021, il a sollicité un titre de séjour sur le fondement de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 septembre 2021, dont M. B demande l'annulation, le préfet de la Guadeloupe a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai quarante-cinq jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé à l'expiration de ce délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et lui a imposé une obligation de présentation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. . Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
3. Pour rejeter sa demande de titre de séjour, le préfet de la Guadeloupe retient que M. B entré sur le territoire français depuis deux ans, est célibataire, sans charge de famille, vit avec sa tante, qu'il ne justifie pas de l'ancienneté, de l'intensité et de la stabilité de ses liens familiaux et personnels en France pour avoir vécu l'essentiel de son existence dans son pays d'origine et ne démontre pas ne pas pouvoir mener une vie normale dans un autre pays que la France notamment le pays dont il est ressortissant ou tout autre pays légalement admissible.
4. Il ressort des pièces du dossier qu'âgé de 18 ans à la date de l'arrêté, M. B est arrivée clandestinement sur le territoire français à une date qu'il indique être celle du 15 octobre 2018. Il vit ainsi sur le territoire français depuis trois ans et un mois à la date de l'arrêté après avoir passé toute son enfance dans son pays d'origine. Toutefois, au soutien de ses conclusions, M. B, fait valoir et expose à l'audience ne plus avoir d'attaches en Haïti depuis le décès de sa mère dans le séisme de Haïti en 2010 et le décès de son père le 15 juillet 2019, ce qui explique son arrivée chez son oncle, M. D B, titulaire d'une carte pluriannuelle de séjour, qui l'héberge et l'a scolarisé dès son arrivée en lycée professionnel et qu'il est en classe de terminale pour préparer le baccalauréat. Il été scolarisé en Guadeloupe à partir de la rentrée 2019 en seconde au lycée professionnel dans le secteur du bâtiment et produit des bulletins scolaires des premiers et seconds semestres de la classe de 1ère dont il ressort une moyenne supérieure à celle de la classe avec tableau d'honneur, à la rentrée scolaire 2021/2022 qu'il a faite alors qu'il était encore mineur. Il soulignait à la barre qu'il avait passé la dernière épreuve de baccalauréat la veille de l'audience.
5. Dans ces conditions très particulière, compte tenu de son jeune âge, de son intégration exceptionnelle sur le territoire français où sont désormais ses seules attaches familiales en la personne de son oncle, en dépit du caractère récent de la présence de M. B sur le territoire français, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué a méconnu les dispositions de l'article L.423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant a` l'annulation de l'arrêté du 16 septembre 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement implique nécessairement, eu égard à ses motifs, la délivrance à M. B d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il y a lieu, dès lors, d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par et M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° 2021/137 du 16 septembre 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guadeloupe de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Guiserix, président,
Mme Brigitte Pater, première conseillère,
M. Antoine Lubrani, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
B. A
Le président,
Signé
O. GUISERIX La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Signé
M-L. Corneille
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026