jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2101332 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MORTON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 12 novembre 2021 et le 24 avril 2023, la société civile immobilière Apache, représentée par Me Reyno, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de refus née du silence gardé par le maire de Baie-Mahault sur sa demande reçue le 15 juillet 2021 et tendant à l'abrogation du plan local d'urbanisme de la commune adopté le 15 novembre 2012, en tant qu'il classe la parcelle cadastrée section AB n°280 en zone naturelle et qu'il instaure un emplacement réservé sur cette parcelle ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Baie-Mahault la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- le mémoire en défense présenté par la commune de Baie-Mahault est irrecevable, dès lors qu'il a été enregistré postérieurement à l'expiration du délai de mise en demeure ;
- l'emplacement réservé grevant la parcelle cadastrée AB 280 ne lui est pas opposable dès lors qu'il n'apparaît que sur les documents graphiques du document d'urbanisme, sans être listé à l'annexe du plan local d'urbanisme ;
- l'emplacement réservé grevant la parcelle cadastrée AB 280 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il n'a plus de raison d'être après avoir été maintenu pour une durée anormalement longue sur cette parcelle ;
- le classement de la parcelle AB 280 en zone naturelle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, la commune de Baie Mahault, représentée par Me Morton, conclut à ce qu'il soit fait usage des pouvoirs que le tribunal tient de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme en prononçant un sursis à statuer en vue de la régularisation du plan local d'urbanisme litigieux, au rejet du surplus des conclusions de la requête, et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de la société civile immobilière Apache au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- il pourra être fait application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme aux fins de régularisation de l'absence de mention de l'emplacement réservé grevant la parcelle AB 280 au sein de la liste des emplacements réservés en annexe du plan local d'urbanisme ;
- les autres moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 18 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux,
- et les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte notarié du 16 octobre 2009, la société civile immobilière (SCI) Apache, est devenue propriétaire de la parcelle cadastrée section AB n°280, située au lieu-dit Fonds Budan sur le territoire de la commune de Baie-Mahault. Par une délibération du 15 novembre 2012, le conseil municipal de la commune de Baie-Mahault a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune. Par un courrier du 10 juin 2021, réceptionné le 15 juillet 2021, la SCI Apache a demandé au maire de la commune de Baie-Mahault de procéder à l'abrogation du plan local d'urbanisme de la commune, en tant qu'il a classé la parcelle cadastrée section AB n°280 en zone naturelle et qu'il a instauré un emplacement réservé sur cette même parcelle. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé sur cette demande. Par la présente requête, la SCI Apache demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande.
Sur la recevabilité du mémoire en défense présenté par la commune de Baie-Mahault :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 612-3 du code de justice administrative : " Sans préjudice des dispositions du deuxième alinéa de l'article R. 611-8-1, lorsqu'une des parties appelées à produire un mémoire n'a pas respecté le délai qui lui a été imparti en exécution des articles R. 611-10, R. 611-17 et R. 611-26, le président de la formation de jugement ou le président de la chambre chargée de l'instruction peut lui adresser une mise en demeure. ". Aux termes de l'article R. 612-6 du même code : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 29 septembre 2022, la commune de Baie-Mahault a été mise en demeure de produire, dans un délai de trente jours, ses observations en réponse à la présente requête. S'il est constant que la commune de Baie-Mahault a présenté son premier mémoire en défense le 21 avril 2023, soit postérieurement à l'expiration du délai de cette mise en demeure, cette circonstance n'a toutefois pas pour effet de rendre irrecevable ce mémoire en défense. Par suite, le requérant n'est pas fondé à contester la recevabilité du mémoire en défense de la commune de Baie-Mahault.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de l'emplacement réservé grevant la parcelle AB 280 :
4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 151-10 de ce code : " Le règlement est constitué d'une partie écrite et d'une partie graphique, laquelle comporte un ou plusieurs documents. / Seuls la partie écrite et le ou les documents composant la partie graphique du règlement peuvent être opposés au titre de l'obligation de conformité définie par l'article L. 152-1. ". Aux termes de l'article R. 151-11 de ce code : " Les règles peuvent être écrites et graphiques. / Lorsqu'une règle fait exclusivement l'objet d'une représentation dans un document graphique, la partie écrite du règlement le mentionne expressément. Tout autre élément graphique ou figuratif compris dans la partie écrite du document est réputé constituer une illustration dépourvue de caractère contraignant, à moins qu'il en soit disposé autrement par une mention expresse. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; () ". Aux termes de l'article R. 151-11 du même code : " Le ou les documents graphiques font apparaître les limites des zones, secteurs, périmètres, espaces que le plan local d'urbanisme identifie en application de la présente section. ". La transcription du règlement dans les documents graphiques est prévue par l'article R. 151-50 du même code, en vertu duquel : " Dans les zones U, AU, A et N, le ou les documents graphiques font apparaître s'il y a lieu : / 1° Les emplacements réservés aux ouvrages publics délimités en application du 1° de l'article L. 151-41, en précisant leur destination et les collectivités, services et organismes publics bénéficiaires ; () ".
6. En l'espèce, le règlement écrit du plan local d'urbanisme litigieux expose, en ses dispositions générales applicables à toutes les zones, que les emplacements réservés aux créations ou extensions de voies et ouvrages publics sont figurés au document graphique par des trames gris clair, dont la signification et le bénéficiaire sont rappelés par le tableau figurant sur le document de zonage. S'il est constant que la parcelle cadastrée AB 280 appartenant à la société Apache est grevée d'un emplacement réservé pour la mise à deux fois deux voies de la route nationale 2, il est également constant que la parcelle litigieuse n'est pas désignée au sein de la liste des emplacements réservés qui est produite en annexe au plan local d'urbanisme de la commune de Baie-Mahault. Ainsi, ni l'objet de cet emplacement réservé, ni ses caractéristiques, ne sont précisés dans le plan local d'urbanisme attaqué. En outre, le périmètre de cette servitude n'est pas délimité avec une précision suffisante sur les plans de zonage du plan local d'urbanisme litigieux, les limites de la parcelle de la requérante n'y sont notamment pas déterminables avec certitude. La seule circonstance que cet emplacement réservé apparaisse dans les documents graphiques des plans de zonage du plan local d'urbanisme ne saurait, en l'espèce, lui conférer un caractère réglementaire et le rendre opposable aux demandes d'autorisation d'urbanisme. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que le plan local d'urbanisme de la commune de Baie-Mahault est entaché d'un vice de forme en ce qui concerne l'emplacement réservé grevant la parcelle dont elle est propriétaire.
7. En second lieu, il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir sur le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer, notamment, la liste des emplacements réservés pour la création ou l'aménagement des voies et ouvrages publics nécessaires. L'intention d'une commune de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement son classement en tant qu'emplacement réservé en application de l'article L. 123-1 du code de l'urbanisme, sans qu'il soit besoin pour la commune de faire état d'un projet précisément défini. Toutefois, le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle restreint sur le caractère réel de l'intention de la commune.
8. En l'espèce, la requérante soutient que le refus d'abroger l'emplacement réservé grevant sa parcelle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que cette servitude est maintenue sur son terrain depuis presque dix années. Toutefois, la requérante, qui ne soutient pas que réalisation de l'ouvrage projeté n'aurait pas d'intérêt général, n'apporte aucun élément établissant l'abandon de l'intention de la commune de mener ce projet. En tout état de cause, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ce projet aurait été abandonné par la commune.
En ce qui concerne la légalité du classement en zone N de la parcelle cadastrée AB 280 :
9. D'une part, aux termes de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger./ Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire./ Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées. ". L'article R. 151-24 du code de l'urbanisme dispose : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison :/ 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ;/ 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ;/ 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ;/ 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ;/ 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues. ".
10. D'autre part, selon le règlement littéral du plan local d'urbanisme de la commune de Baie-Mahault du 15 novembre 2012, le zonage N, appliqué à la parcelle de la requérante, correspond " aux zones naturelles non équipées qu'il convient de protéger en raison de la qualité des sites, des milieux naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique, soit de l'existence d'une exploitation forestière, soit de leur caractère d'espaces naturels. ".
11. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer, en conséquence, le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation, sur ces différents points, ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts. Ils peuvent être amenés, à cet effet, à modifier le zonage et à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés à l'article R. 151-24 précité, un secteur qu'ils entendent soustraire pour l'avenir à l'urbanisation, sous réserve que l'appréciation à laquelle ils se livrent ne repose pas sur des faits matériellement inexacts et ne soit pas entachée d'erreur manifeste.
12. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et en particulier des photographies aériennes produites, que la parcelle de terrain appartenant à la SCI Apache, qui s'étend sur une superficie de 30 ares, est composée d'un vaste espace naturel entièrement enherbé et ne supportant aucune construction. Il ressort également de ces photographies que cette parcelle est entourée, sur ses façades Sud, Est et Ouest, par de vastes espaces naturels, qui ne supportent qu'une seule construction, et au sein desquels la parcelle AB 280 s'intègre sans séparation matérielle. En outre, la circonstance que la façade Nord de cette parcelle soit entièrement longée par une route nationale à deux fois une voie de circulation ne peut pas empêcher de regarder la parcelle en litige comme un espace essentiellement naturel dès lors qu'il résulte de ce qui est exposé ci-dessus qu'elle n'est pas située dans un secteur d'urbanisation de la commune.
13. De plus, si cette parcelle est située à proximité de deux zones classées UXa, comportant un ensemble de bâtiments commerciaux au Nord-Ouest et des bâtis agglomérés au Nord-Est, dont elle est, du reste, séparée par la route nationale et par des espaces naturels, il n'est pas contesté qu'elle contribue, de par sa position, à préserver une " coupure verte " entre le pôle de centralité mixte et le pôle économique secondaire du secteur de Beausoleil. Il ressort en effet des termes du projet d'aménagement et de développement durables que les auteurs du plan local d'urbanisme ont souhaité préserver et mettre en valeur les coupures d'urbanisation existantes ayant une fonction environnementale et paysagère et urbaniser selon le principe d'écologie urbaine avec des pôles urbains inclus dans des espaces naturels remarquables Ainsi, bien que la parcelle appartenant à la SCI Apache ne soit pas spécifiquement identifiée au sein d'un secteur à protéger ou à développer, il ressort des pièces du dossier qu'elle constitue un espace naturel qui s'intègre parfaitement dans les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables. En tout état de cause, et malgré ce que soutient la requérante, la parcelle litigieuse n'est pas située dans les secteurs urbanisés de Wonche ni de Beausoleil. Par conséquent, et alors même que cette parcelle ne présenterait pas d'intérêt paysager particulier, son classement en zone naturelle s'inscrit dans le cadre de la protection des espaces naturels de la commune.
14. Enfin, s'il est constant que la parcelle litigieuse est grevée d'un emplacement réservé en vue de l'élargissement de la route nationale 2, son classement en zone N n'est pas incompatible avec ce projet d'intérêt général, dans les circonstances particulières de l'espèce, dès lors qu'il ne porte pas création d'une voie de circulation, mais élargissement d'une voie existante et qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ce projet portera atteinte à l'objectif de protection de la zone naturelle N.
15. Par ailleurs, l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme prévoyant que le classement en zone naturelle N peut être retenu pour des secteurs équipés ou non. La circonstance que la parcelle AB 280 bénéficierait d'une desserte de différents réseaux est sans incidence sur la légalité du classement contesté en zone N. Par conséquent, en cohérence avec son parti d'aménagement, et dès lors qu'elle présente le caractère d'un espace naturel, faisant partie d'un ensemble plus vaste resté également à l'état naturel, les auteurs du plan local d'urbanisme ont pu, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, classer la parcelle AB 280 en zone N. Par suite, ce moyen doit être écarté comme mal fondé.
16. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, et en particulier de ce qui a été exposé au point 6, que la requérante est seulement fondée à demander l'annulation de la délibération du 15 juillet 2012 en tant qu'elle institue un emplacement réservé sur la parcelle cadastrée AB 280.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme :
17. Aux termes de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme : " Si le juge administratif, saisi de conclusions dirigées contre un schéma de cohérence territoriale, un plan local d'urbanisme ou une carte communale, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'une illégalité entachant l'élaboration ou la révision de cet acte est susceptible d'être régularisée, il peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation et pendant lequel le document d'urbanisme reste applicable, sous les réserves suivantes : / 1° En cas d'illégalité autre qu'un vice de forme ou de procédure, pour les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité est susceptible d'être régularisée par une procédure de modification prévue à la section 6 du chapitre III du titre IV du livre Ier et à la section 6 du chapitre III du titre V du livre Ier ; / 2° En cas d'illégalité pour vice de forme ou de procédure, le sursis à statuer ne peut être prononcé que si l'illégalité a eu lieu, pour les schémas de cohérence territoriale et les plans locaux d'urbanisme, après le débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables. / Si la régularisation intervient dans le délai fixé, elle est notifiée au juge, qui statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. / Si, après avoir écarté les autres moyens, le juge administratif estime que le vice qu'il relève affecte notamment un plan de secteur, le programme d'orientations et d'actions du plan local d'urbanisme ou les dispositions relatives à l'habitat ou aux transports et déplacements des orientations d'aménagement et de programmation, il peut limiter à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce. ".
18. Les dispositions précitées de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme ont pour objet de permettre, sous le contrôle du juge, la régularisation d'un vice ayant entaché l'élaboration ou la révision notamment d'un plan local d'urbanisme, sous les réserves mentionnées à son 1° s'agissant d'une illégalité autre qu'un vice de forme ou de procédure, dès lors qu'aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner l'annulation de l'acte attaqué. Lorsque le juge estime qu'une telle régularisation est possible, il peut, de sa propre initiative ou à la demande d'une partie, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur le principe de l'application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme, constater, par une décision avant-dire droit, que les autres moyens ne sont pas fondés et surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour permettre, selon les modalités qu'il détermine, la régularisation du vice qu'il a relevé.
19. En l'espèce, le vice de forme relevé au point 6 du présent jugement, tenant à l'absence de mention de la parcelle cadastrée AB 280 au sein de la liste des emplacements réservés produites en annexe du plan local d'urbanisme de la commune de Baie-Mahault, est survenu postérieurement au débat sur les orientations du projet d'aménagement et de développement durables. Il est donc susceptible de régularisation en application des dispositions de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme. Il y a lieu, par suite, de faire application de l'article L. 600-9 du code de l'urbanisme et de surseoir à statuer et impartir à la commune de Baie-Mahault de procéder à cette régularisation, dans un délai de deux mois, à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur la demande de la société civile immobilière Apache jusqu'à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, afin de permettre à la commune de Baie-Mahault de notifier au tribunal une délibération régularisant le vice décrit au point 6.
Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Apache et à la commune de Baie-Mahault.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,Le président,
Signé Signé
J. LE ROUXS. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Chef,
Signé
M-L CORNEILLE
N°210133
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026