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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2101416

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2101416

mercredi 6 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2101416
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantDIALLO BABACAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2021, M. C A B, représenté par Me Diallo, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° 2021/2105 du 12 octobre 2021, par lequel le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente dès lors que son signataire ne justifie pas d'une délégation de signature régulière et qu'il n'est pas établi que le préfet de la Guadeloupe ou le sous-préfet était empêché ;

- il méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne pourrait avoir accès à un traitement adapté à son état de santé en cas de retour dans son pays d'origine ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 janvier 2022, le préfet de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- et les observations de Me Diallo Babacar, représentant M. A B.

Le préfet n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, de nationalité dominicaine, né le 15 avril 1964, est entré sur le territoire français en 2017, selon ses déclarations. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des anciennes dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 mars 2021, par lequel le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.

2. En premier lieu, par un arrêté n° SG/BCI du 2 septembre 2021, publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Guadeloupe a donné délégation à M. Emmanuel Sadoux, conseiller d'administration de l'intérieur et de l'outre-mer, secrétaire général de la sous-préfecture, pour signer les décisions relatives à l'admission au séjour et à l'éloignement des étrangers. Le préfet de la Guadeloupe n'était pas tenu de produire cet arrêté ou de le viser dans la décision contestée dès lors qu'il est consultable en ligne sur internet. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Guadeloupe ou le sous-préfet n'aurait pas été absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté dans toutes ses branches.

3. En deuxième lieu, aux termes du 11° de l'article L. 313-11, repris à l'article L. 425-9, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () / 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A B a été victime d'un accident de la voie publique ayant causé différentes blessures aux membres supérieurs du côté droit dont notamment une paralysie du plexus brachial du côté droit et une arthrodèse. Dans son avis du 3 juin 2020, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de M. A B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et qu'en outre, son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. Aucune des pièces produites par le requérant, n'est de nature à établir que le défaut de prise en charge, devrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dès lors, en estimant que l'intéressé ne remplissait pas les conditions pour bénéficier d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, le préfet de la Guadeloupe a fait une exacte application des dispositions précitées du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En troisième lieu, à supposer que M. A B puisse être regardé comme soutenant que l'arrêté attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 434-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ait formulé une demande de titre, sur le fondement de ces dispositions. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 12 octobre 2021 du préfet de la Guadeloupe. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B et au préfet de la Guadeloupe.

Délibéré après l'audience du 22 juin 2022 à laquelle siégeaient :

M. Guiserix, président,

Mme Therby-Vale, conseillère,

M. Maljevic, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2022.

Le rapporteur,

Signé :

S. DLe président,

Signé :

O. GUISERIX

Le greffier,

Signé :

L. LUBINO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme

La greffière en Chef,

Signé

M-L CORNEILLE

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