LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2101421

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2101421

mardi 14 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2101421
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantMINIER MAUGENDRE ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires complémentaires, respectivement enregistrés les 1er décembre 2021, 3 janvier 2022 et 13 février 2022, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision par laquelle la directrice du centre hospitalier de la Basse-Terre (CHBT) a rejeté sa demande de prolongation d'activité jusqu'au 28 juillet 2022 au-delà de la limite d'âge ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision par laquelle le CHBT lui a refusé l'utilisation de son compte personnel de formation pour la réalisation d'une formation au mois de mars 2022.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de prolongation d'activité est entachée d'une erreur de droit, dès lors que sa limite d'âge n'est pas fixée à 65 ans mais à 67 ans ;

- elle remplissait les conditions ouvrant droit à la prolongation d'activité sur le fondement de l'article 1-3 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 ;

- le refus du CHBT opposé à l'utilisation de ses droits relatifs au CPF est infondé, dès lors notamment qu'elle n'a jamais mobilisé ses heures acquises précédemment.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2022, le centre hospitalier de la Basse-Terre conclut au rejet de la requête et à ce que Mme A lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Des pièces complémentaires présentées par Mme A ont été respectivement enregistrées le 20 décembre 2021 et 14 février 2022 et communiquées.

Par un courrier du 5 janvier 2023, le tribunal a invité la requérante à régulariser sa requête en formant une requête distincte à l'encontre de la décision de refus de liquidation du compte personnel formation.

Par un mémoire du 20 janvier 2023, la caisse des dépôts, agissant pour le compte de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL), a produit des observations.

Un mémoire présenté pour le CHBT a été enregistré le 27 janvier 2023 et n'a pas été communiqué.

Un mémoire présenté par Mme A a été enregistré le 30 janvier 2023, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.

Une note en délibéré présentée par Mme A a été enregistrée le 2 février 2023 et n'a pas été communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- la loi n° 2010-751 du 5 juillet 2010 ;

- le décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 ;

- le décret n° 2010-1139 du 29 septembre 2010 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lubrani, conseiller ;

- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public ;

- les observations de Mme A, le CHBT et la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales n'étant ni présents, ni représentés.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, née le 28 janvier 1956, infirmière anesthésiste exerçant ses fonctions au CHBT, a été informée par un courrier du 22 juin 2020 émanant de son employeur de ce qu'elle allait atteindre sa limite d'âge au 28 janvier 2021, à l'âge de 65 ans. L'intéressée a alors sollicité une prolongation d'activité jusqu'en janvier 2023. Par une décision du 25 janvier 2021, le CHBT lui a accordé une première prolongation d'activité pour une période de six mois jusqu'au 28 juillet 2021, renouvelée pour la même durée, jusqu'au 28 janvier 2022, par une décision du 26 juillet 2021. Enfin, par une décision du 31 décembre 2021, la directrice du CHBT a admis Mme A à faire valoir ses droits à une pension de retraite à compter du 1er avril 2022. La requérante demande au tribunal d'annuler, d'une part, la décision par laquelle la directrice du centre hospitalier de la Basse-Terre (CHBT) a rejeté sa demande de prolongation d'activité jusqu'au 28 juillet 2022 au-delà de la limite d'âge, et, d'autre part, la décision par laquelle le CHBT lui a refusé l'utilisation de son compte personnel de formation pour la réalisation d'une formation au mois de mars 2022, demandée par courrier du 4 janvier 2022.

Sur la décision portant refus d'utilisation du compte personnel de formation :

2. Lorsqu'un tribunal administratif est saisi de conclusions qui ne sont pas suffisamment liées entre elles, il doit inviter le requérant à régulariser sa requête par la présentation de requêtes distinctes. L'irrecevabilité des conclusions qui ne sont pas suffisamment liées avec celles qui sont les premières énoncées dans la requête ne peut être prononcée que dans le cas où le requérant s'est abstenu de donner suite à cette invitation dans le délai que la juridiction saisie lui a imparti à cet effet.

3. Mme A attaque par une seule requête deux décisions distinctes, la première relative à un refus de prolongation d'activité et la seconde relative à l'utilisation de son compte personnel de formation. Ces décisions ne présentent pas entre elles un lien de nature à permettre qu'elles fassent l'objet d'une requête unique. Invitée par le greffe à régulariser son recours par la présentation de requêtes distinctes le 5 janvier 2023, Mme A s'est abstenue de donner suite à cette invitation dans le délai qui lui avait été imparti. Dès lors, sa requête n'est recevable qu'en ce qui concerne la première des deux décisions attaquées, soit la décision portant refus de prolongation d'activité.

Sur la décision portant refus de prolongation d'activité :

En ce qui concerne la limite d'âge de Mme A :

4. Aux termes de l'article 37 de la loi du 5 juillet 2010 relative à la rénovation du dialogue social et comportant diverses dispositions relatives à la fonction publique : " I. ' La limite d'âge des fonctionnaires régis par les statuts particuliers des corps et cadres d'emplois d'infirmiers et de personnels paramédicaux appartenant à la catégorie A, ainsi que du corps des cadres de santé, créés à compter de la date de publication de la présente loi, est fixée à soixante-sept ans. Les emplois de ces corps et cadres d'emplois ne sont pas classés dans la catégorie active prévue au 1° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite. / II. ' Les fonctionnaires qui relèvent, à la date de création des corps et cadres d'emplois mentionnés au I du présent article, des corps et cadres d'emplois d'infirmiers et de personnels paramédicaux dont les emplois sont classés dans la catégorie active prévue au 1° du I de l'article L. 24 du code des pensions civiles et militaires de retraite, ainsi que les fonctionnaires qui relèvent à la même date du corps des cadres de santé et des autres corps ou cadres d'emplois de personnels paramédicaux et qui ont occupé des emplois ainsi classés, peuvent, dans des conditions définies par les statuts particuliers des corps et cadres d'emplois, opter individuellement soit en faveur du maintien dans leurs corps ou cadres d'emplois associé à la conservation des droits liés au classement dans la catégorie active, soit en faveur d'une intégration dans les corps et cadres d'emplois mentionnés au I du présent article. / III. ' Les fonctionnaires intégrés dans un des corps ou cadres d'emplois mentionnés au I à la suite de l'exercice de leur droit d'option prévu au II perdent définitivement la possibilité de se prévaloir des périodes de services, quelle que soit leur durée, qu'ils ont accomplies dans un ou des emplois classés en catégorie active () L'âge d'ouverture du droit à pension applicable aux fonctionnaires mentionnés au présent III est fixé à soixante ans et leur limite d'âge est fixée à soixante-cinq ans ".

5. Mme A a été recrutée au CHBT en qualité d'infirmière anesthésiste de classe supérieure le 2 novembre 2005, corps de catégorie dite " active ". A la suite de la réforme statuaire opérée par le décret du 29 septembre 2010 portant statut particulier du corps des infirmiers en soins généraux et spécialisés de la fonction publique hospitalière, Mme A a fait le choix d'être reclassée le 21 juin 2012 dans le corps nouvellement créé par ce décret en exerçant son droit d'option. Par conséquent, Mme A rentre dans les prescriptions du III de l'article 37 précité et sa limite d'âge est donc fixée non pas à 67 mais à 65 ans.

En ce qui concerne la légalité du refus de prolongation :

6. En vertu de l'article 1-3 de la loi du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public, les fonctionnaires appartenant à des corps ou des cadres d'emplois dont la limite d'âge est inférieure à celle prévue au premier alinéa de l'article 1er de la même loi, c'est-à-dire à soixante-sept ans, sont, sur leur demande, lorsqu'ils atteignent la limite d'âge du corps ou cadre d'emplois auquel ils appartiennent, maintenus en activité jusqu'à un âge égal à la limite d'âge prévue à l'article 1er de la loi, dans les conditions prévues par le décret du 30 décembre 2009, sous réserve de leur aptitude physique. Ainsi, la prolongation d'activité que ces dispositions prévoient peut seulement être autorisée pour une durée égale à celle qui sépare la limite d'âge du corps ou cadre d'emplois dont relève l'agent concerné de celle prévue à l'article 1er de la loi. En outre, à la différence des dispositions de l'article 1-1 de la même loi qui organisent un autre régime de prolongation d'activité, celles de l'article 1-3 n'autorisent pas l'autorité investie du pouvoir de recrutement à refuser de faire droit à une demande de maintien en activité au-delà de la limite d'âge pour des motifs tirés de l'intérêt du service.

7. Ainsi qu'il l'a été dit au point 5, Mme A a atteint la limite d'âge de 65 ans le 28 janvier 2021. Le CHBT, par deux décisions du 25 janvier et 26 juillet 2021, a partiellement fait droit, sur le fondement de l'article 1-3 de la loi du 13 septembre 1984, à la demande de maintien en activité de Mme A, en prolongeant une première fois son activité pour 6 mois jusqu'au 28 juillet 2021 puis une seconde fois jusqu'au 28 janvier 2022. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressée avait demandé dès le 13 juillet 2020 le maintien de son activité jusqu'au 28 janvier 2023, date de son 67ème anniversaire, et non pas uniquement jusqu'au 28 janvier 2022. Par un courrier du 2 décembre 2021, elle a réitéré sa demande de prolongation au-delà de la date du 28 janvier 2022, en demandant à ce que son activité soit prolongée jusqu'en " juillet 2022 " en se prévalant des dispositions de l'article 1-3 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984. En prenant la décision du 31 décembre 2021 autorisant Mme A à faire valoir ses droits à une pension de retraite à compter du 1er avril 2022, la directrice du centre hospitalier de la Basse-Terre doit être regardée comme ayant refusé de maintenir en activité l'intéressée jusqu'à la date sollicitée du 28 juillet 2022. Dès lors que la limite d'âge de Mme A était inférieure à 67 ans, cette dernière, qui soutient, sans être contestée, remplir les autres conditions posées par l'article 1-3 de la loi du 13 septembre 1984, était fondée à demander la prolongation de son activité jusqu'à, au maximum, ses 67 ans. La décision lui refusant le bénéfice de cette prolongation est, par suite, entachée d'illégalité.

8. Il suit de là que la décision par laquelle la directrice du CHBT a implicitement mais nécessairement rejeté la demande de prolongation d'activité de Mme A jusqu'au 28 juillet 2022 en l'admettant à faire valoir ses droits à une pension de retraite à compter du 1er avril 2022 doit être annulée.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. Partie perdante dans l'instance, le centre hospitalier de la Basse-Terre ne peut qu'être débouté de ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La décision par laquelle la directrice du CHBT a implicitement mais nécessairement rejeté la demande de prolongation d'activité de Mme A jusqu'au 28 juillet 2022 en l'admettant à faire valoir ses droits à une pension de retraite à compter du 1er avril 2022 est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au centre hospitalier de la Basse-Terre et à la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales.

Délibéré après l'audience publique du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Guiserix, président,

M. Antoine Lubrani, conseiller,

Mme Hélène Bentolila, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.

Le rapporteur,

Signé

A. LUBRANI

Le président,

Signé

O. GUISERIX

La greffière,

Signé

A. CETOL

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

L'adjointe de la greffière en chef,

Signé

A. Cétol

4

N° 1901371

6

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions