LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2101446

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2101446

jeudi 9 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2101446
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantDE LAGARDE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le 7 décembre 2021 et le 30 mars 2022, la société civile immobilière (SCI) OWI, représentée par Me Brunschwig et Me de Lagarde, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 8 août 2021 par lequel le maire de la commune de Terre-de-Haut a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison d'habitation d'une surface de plancher de 78,33m2, sur un terrain situé rue de la Rabès, le Morne du Mouillage, sur le territoire de la commune de Terre-de-Haut ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Terre-de-Haut la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle était titulaire d'une décision tacite de permis de construire, née le 5 septembre 2021 ; par suite, la décision de refus de permis de construire en date du 8 août 2021 doit être requalifiée en décision de retrait de cette décision obtenue tacitement le 5 septembre 2021 et cette décision de retrait méconnaît les dispositions des articles L. 122-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration dès lors aucune procédure contradictoire n'a été mise en œuvre préalablement au retrait ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette de la construction projetée se situe dans les parties urbanisées de la commune ;

- la commune en défense ne peut pas utilement opposer un nouveau motif de refus de sa demande en se référant à l'avis défavorable rendu par l'architecte des bâtiments de France dès lors que la décision attaquée ne se fonde pas dessus.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2022, la commune de Terre-de-Haut, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 soit mise à la charge de la SCI OWI au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le maire étant en situation de compétence liée, le moyen relatif à la méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme est inopérant ;

- les autres moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 14 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Roux,

- et les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI OWI est propriétaire d'un terrain cadastré section AC n° 676, situé rue de la Rabès, le Morne du Mouillage, sur le territoire de la commune de Terre-de-Haut. Par un arrêté du 8 août 2021, le maire de la commune de Terre-de-Haut a refusé de délivrer à la SCI OWI un permis de construire une maison d'habitation d'une surface de plancher de 78,33m2, sur un terrain cadastré section AC n°676, situé rue de la Rabès, le Morne du Mouillage. Par la présente requête, la SCI OWI demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'existence d'une décision tacite de permis de construire :

2. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; () ". Aux termes de l'article R. 423-19 du même code : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. ". Aux termes de l'article R. 423-22 du même code : " Pour l'application de la présente section, le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41. ". Aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; () ".

3. En l'espèce, si la requérante soutient avoir envoyé sa demande de permis de construire par voie de pli recommandé le 2 juillet 2021, et que la commune de Terre-de-Haut aurait accusé de réception de ce courrier le 5 juillet 2021, elle produit toutefois à cet effet un avis de réception du 5 juin 2021. La circonstance que la date de réception de son courrier aurait été mal renseignée par les services de postaux, ne permet pas pour autant de regarder sa demande comme valablement adressée à la mairie de Terre-de-Haut le 5 juillet 2021, alors qu'il ressort du récépissé de dépôt d'une demande de permis de construire et du formulaire Cerfa de demande de permis de construire litigieux, produits par la société requérante, lesquels ont été tamponnés par la commune de Terre-de-Haut, que sa demande a été déposée directement à la mairie le 5 août 2021. Il s'ensuit que la requérante doit être regardée comme ayant déposé sa demande de permis de construire à la mairie de Terre-de-Haut le 5 août 2021. Par conséquent, la SCI OWI n'est pas fondée à soutenir qu'elle aurait bénéficié d'un permis de construire tacite le 5 septembre 2021, né deux mois après la réception de son dossier le 5 juillet 2021 en mairie, qui aurait été retiré par l'arrêté attaqué du 4 octobre 2021 en violation des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme :

4. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, ainsi que dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale après la date de publication de la loi n° 2014 366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové. Dans les communes qui se sont dotées d'une carte communale avant cette date, le maire est compétent, au nom de la commune, après délibération du conseil municipal. En l'absence de décision du conseil municipal, le maire est compétent, au nom de la commune, à compter du 1er janvier 2017. Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ; b) Le préfet ou le maire au nom de l'Etat dans les autres communes ". Selon les dispositions de l'article L. 422-5 du même code : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ; () ".

5. Aux termes de l'article L. 174-1 du code de l'urbanisme : " Les plans d'occupation des sols qui n'ont pas été mis en forme de plan local d'urbanisme, en application du titre V du présent livre, au plus tard le 31 décembre 2015 sont caducs à compter de cette date, sous réserve des dispositions des articles L. 174-2 à L. 174-5. La caducité du plan d'occupation des sols ne remet pas en vigueur le document d'urbanisme antérieur. A compter du 1er janvier 2016, le règlement national d'urbanisme mentionné aux articles L. 111-1 et L. 422-6 s'applique sur le territoire communal dont le plan d'occupation des sols est caduc. ". Aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ".

6. En l'espèce, la circonstance que le plan d'occupation des sols de la commune de Terre-de-Haut était caduc à la date de la décision attaquée, en application de l'article L. 174-1 du code de l'urbanisme, ne fait pas obstacle à ce que le maire soit compétent pour délivrer une autorisation d'urbanisme au nom de la commune, dès lors que, en application des dispositions précitées du a) de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, l'adoption de son plan d'occupation des sols a eu pour effet de transférer définitivement la compétence de délivrance des certificats d'urbanisme au maire de la commune. Toutefois, en application des dispositions de l'article L. 422-5 du code de l'urbanisme, dès lors que le plan d'occupation de sol de la commune était caduc à la date de la décision attaquée, le maire devait recueillir l'avis conforme du préfet sur les demandes de permis de construire. Par conséquent, le maire de Terre-de-Haut, qui était en situation de compétence liée, était tenu de refuser le permis de construire sollicité, au regard de l'avis défavorable légalement émis par le préfet sur le projet litigieux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne l'avis de l'architecte des bâtiments de France :

7. En l'espèce, si la requérante soutient que l'administration ne peut pas utilement lui opposer la circonstance que l'Architecte des bâtiments de France a rendu un avis conforme négatif sur son projet, il n'y a pas toutefois pas lieu de se prononcer sur ce moyen dès lors que la décision attaquée, qui est valablement fondée sur l'avis conforme négatif du préfet, n'est pas fondée sur l'avis de l'architecte des bâtiments de France.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la SCI OWI doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. D'une part, et en tout état de cause, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Terre-de-Haut, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens.

10. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Terre-de-Haut au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dès lors qu'elle n'établit pas avoir exposé des frais dans cette instance et ne fait pas état des coûts supportés par ses services.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI OWI est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Terre-de-Haut présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière (SCI) OWI et de la commune de Terre-de-Haut.

Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gouès, président,

Mme Le Roux, conseillère,

Mme Sollier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.

La rapporteure,Le président,

SignéSigné

J. LE ROUXS. GOUÈS

La greffière,

Signé

L. LUBINO

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef

Signé

A. Cétol

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions