LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2200131

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2200131

jeudi 9 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2200131
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantDEPORCQ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 janvier 2022, M. A B, représenté par Me Deporcq, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 29 octobre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 5 octobre 2020 par laquelle il a été refusé de faire droit à sa reconnaissance de la localisation du centre de ses intérêts matériels et moraux en Guadeloupe ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le rejet de sa demande est insuffisamment motivé ;

- l'administration a commis une erreur d'appréciation dès lors que le centre de ses intérêts matériels et moraux se situe en Guadeloupe ;

- ces illégalités lui ont causé des préjudices matériels et moraux, évalués à la somme de 125 763 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer, conclut, à titre principal, au renvoi de la requête à la juridiction territorialement compétente pour la connaître, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le tribunal administratif de la Guadeloupe n'est pas territorialement compétent pour connaître de cette requête ;

- les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 21 août 2023, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 1er octobre 2023.

Par un courrier du 25 septembre 2023, M. B a été invité à régulariser ses conclusions à fin d'indemnisation en produisant la décision prise sur réclamation préalable tendant au versement des sommes d'argent dont il sollicite le paiement dans la présente instance, en application des dispositions combinées de l'article R. 421-1 et R. 612-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la défense ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Le Roux,

- et les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Le 27 mars 2020, M. B, sous-officier de gendarmerie, a demandé que le centre de ses intérêts matériels et moraux soit reconnu en Guadeloupe. Sa demande a été rejetée par une décision du 5 octobre 2020. Le 9 janvier 2021, il a formé un recours contre cette décision devant la commission des recours militaires. Une décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration pendant quatre mois sur le recours administratif préalable. Par la décision attaquée du 29 octobre 2021, qui s'est substituée à la décision implicite de rejet, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a explicitement rejeté le recours formé par M. B devant la commission des recours militaire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe/le défaut de motivation :

2. Aux termes de l'article R. 4125-10 du code de la défense : " Dans un délai de quatre mois à compter de sa saisine, la commission notifie à l'intéressé la décision du ministre compétent, ou le cas échéant, des ministres conjointement compétents. La décision prise sur son recours, qui est motivée en cas de rejet, se substitue à la décision initiale. () ".

3. En l'espèce, M. B doit être regardé comme soutenant que la décision qu'il conteste est insuffisamment motivée. Toutefois, la décision du 29 octobre 2021 vise et cite les dispositions de la circulaire 17 décembre 2018 dont elle fait application. S'agissant de la motivation en fait, le ministre rappelle la demande effectuée par M. B et la décision de rejet qui lui a été opposée, ainsi que les motifs avancés à l'occasion de sa demande et les éléments sur lesquels il s'est fondé pour refuser de reconnaître la localisation du centre de ses intérêts matériels et moraux en Guadeloupe, notamment la circonstance que l'intéressé ne présente que les attributs normaux d'une affectation hors de sa région d'origine. Dès lors, cet arrêté est suffisamment motivé en droit et en fait, et cette motivation, qui n'est pas stéréotypée, démontre que le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B.

En ce qui concerne l'erreur d'appréciation :

4. Pour la détermination du centre des intérêts matériels et moraux d'un agent, il appartient à l'administration, sous le contrôle du juge, de tenir compte d'un faisceau de critères, notamment relatifs au temps passé par l'intéressé sur le territoire concerné, aux attaches qu'il a conservées avec la métropole ou dans d'autres territoires d'outre-mer, au lieu de résidence des membres de sa famille, à sa situation immobilière, et à la disposition de comptes bancaires ou postaux, que ni la loi ni les règlements n'ont définis. La localisation du centre des intérêts matériels et moraux d'un agent, qui peut varier dans le temps, doit être appréciée, dans chaque cas, à la date à laquelle l'administration, sollicitée le cas échéant par l'agent, se prononce sur l'application d'une disposition législative ou réglementaire.

5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B réside en Guadeloupe depuis le 1er août 2016, date à laquelle il a été affecté pour une durée initiale de trois ans au sein du groupe interministériel de recherches polices, affectation renouvelée jusqu'au 1er août 2021. Au soutien de sa demande de reconnaissance de transfert du centre de ses intérêts matériels et moraux en Guadeloupe, il se prévaut de la naissance d'une de ses filles en Guadeloupe en 2006, et de la circonstance que ses deux enfants aient passé la majorité de leur existence en Guadeloupe, où elles ont été scolarisées et ont pratiqué des activités sportives et culturelles. Il se prévaut également de l'insertion professionnelle et associative de son épouse en Guadeloupe. Toutefois, si le requérant est venu résider en Guadeloupe à deux reprises entre 2006 et 2010 et entre 2016 et 2021, il est constant que ni le requérant, ni son épouse, qui avait démissionné de son emploi en Guadeloupe à la date de la décision attaquée, ne sont nés en Guadeloupe. De plus, aucun des deux époux n'avait vécu en Guadeloupe avant la première mutation professionnelle de M. B en 2006. Il ressort de plus des pièces du dossier que la famille est retournée vivre six ans en métropole avant de revenir résider en Guadeloupe en 2016. De plus, le requérant ne se prévaut de la présence d'aucun autre membre de sa famille en Guadeloupe et n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations concernant les activités associatives des membres de sa famille. Concernant la possession d'une maison sur le territoire, il est constant qu'à la date de la décision attaquée le requérant avait vendu ce bien. Ainsi, les circonstances que M. B paierait ses impôts sur le revenu en Guadeloupe et serait inscrit que les listes électorales sur ce territoire, ne sauraient suffire à le regarder comme ayant transféré le centre de ses intérêts matériels et moraux sur ce territoire, alors qu'il soutient lui-même dans sa requête vouloir s'établir dorénavant à Nîmes. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le ministre aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en refusant de faire droit à sa demande de localisation du centre de ses intérêts matériels et moraux en Guadeloupe.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'exception d'incompétence opposée par l'administration en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

7. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

8. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que M. B, préalablement à l'exercice de son recours contentieux, aurait saisi l'Etat d'une demande d'indemnisation. Par suite, et faute d'avoir lié le contentieux indemnitaire en dépit d'une mesure de régularisation adressée en ce sens, ses conclusions tendant à ce que l'Etat soit condamné à lui verser la somme de 125 763 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gouès, président,

Mme Le Roux, conseillère,

Mme Sollier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.

La rapporteure,Le président,

SignéSigné

J. LE ROUXS. GOUÈS

La greffière,

Signé

L. LUBINO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef

Signé

A. Cétol

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions