mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200193 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 février et 7 décembre 2022, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 août 2021 du maire de Baie-Mahault portant modification de sa durée hebdomadaire de travail à compter du 1er septembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au maire de Baie-Mahault de régulariser sa situation administrative, en prenant en compte la date du 1er octobre 2019 en ce qui concerne son passage à temps complet et de régulariser l'ensemble de ses droits sociaux.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse méconnait l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales ;
- elle revient sur une situation juridiquement protégée ;
- le mémoire en défense est irrecevable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, la commune de Baie-Mahault, représentée par Me Guillon-Coudray, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun moyen soulevé par la requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-298 du 20 mars 1991 ;
- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bakhta, conseillère,
- les conclusions de M. Lubrani, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 1er septembre 2018, Mme A B a été nommée adjoint administratif territorial stagiaire au sein des services de la commune de Baie-Mahault à compter du 1er octobre 2018 pour une durée d'une année, à temps non complet. Par arrêté du 7 novembre 2019, elle a été titularisée à temps complet. Par délibération du conseil municipal de la commune de Baie-Mahault en date du 6 juillet 2021, la durée hebdomadaire du temps de travail de l'emploi à temps non-complet de Mme B, créé par délibération du 10 juillet 2018, a été portée de 32 heures à 35 heures. En application de cette délibération, par arrêté en date du 31 août 2021, la durée hebdomadaire du temps de travail de la requérante a été fixée à 35 heures à compter du 1er septembre 2021. La requérante demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la recevabilité du mémoire en défense :
2. La requérante fait valoir que le mémoire est défense est irrecevable dès lors que le cabinet d'avocat représentant la commune ne produit pas l'arrêté du maire le désignant et l'autorisant à le représenter. Toutefois, dès lors que les avocats n'ont pas à justifier de leur mandat, l'exception d'irrecevabilité de ce mémoire en défense ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. "
4. Mme B, qui entend faire valoir le caractère exécutoire de l'arrêté du 7 novembre 2019, ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées au point 3 à l'encontre de la décision litigieuse qui se borne à tirer les conséquences de la délibération en date du 6 juillet 2021, en augmentant la durée hebdomadaire de travail correspondant à l'emploi occupé par la requérante. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune ". Aux termes de l'article 3 du décret du 20 mars 1991 portant dispositions statutaires applicables aux fonctionnaires territoriaux nommés dans des emplois permanents à temps non complet : " Les emplois permanents à temps non complet sont créés par délibération de l'organe délibérant de la collectivité (). Cette délibération fixe la durée hebdomadaire de service afférente à l'emploi en fraction de temps complet exprimée en heures ". Aux termes de l'article 11 du décret du 12 juillet 2001 pris pour l'application de l'article 7-1 de la loi du 26 janvier 1984 et relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale : " La durée hebdomadaire de service des agents territoriaux nommés dans des emplois permanents à temps non complet est fixée par l'organe délibérant de la collectivité () sur la base de la durée afférente à un emploi à temps complet résultant des dispositions de l'article 1er du décret du 25 août 2000 susvisé ".
6. Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'il appartient à la seule assemblée délibérante de la commune de régler, par ses délibérations, l'organisation des services publics communaux et, notamment, de fixer ou de modifier la durée hebdomadaire de travail afférente aux emplois permanents à temps non complet.
7. Il ressort des pièces du dossier, que l'arrêté de titularisation de Mme B prévoyait une durée hebdomadaire de 35 heures, en contrariété avec la délibération du 10 juillet 2018, instituant son poste et fixant une durée hebdomadaire de 32 heures pour l'emploi permanent occupé par la requérante. Si la collectivité soutient avoir tenté de modifier l'arrêté de titularisation de la requérante afin de régulariser sa situation, il ne ressort pas des pièces du dossier que les décisions portant modification aient été notifiées à la requérante. Toutefois, l'arrêté litigieux se borne à tirer les conséquences de la délibération en date du 6 juillet 2021, justifiée par les besoins du service, fixant la durée hebdomadaire de travail de la requérante à 35 heures à compter du 1er septembre 2021. Ne produisant aucun effet rétroactif, il ne porte atteinte à aucune situation juridiquement protégée et définitivement acquise par la requérante. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 31 août 2021 du maire de Baie-Mahault portant modification de sa durée hebdomadaire de travail à compter du 1er septembre 2021. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Baie-Mahault présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Baie-Mahault présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Baie-Mahault.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Nadège Mahé, présidente,
Mme Hélène Bentolila, conseillère,
Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
K. BAKHTALa présidente,
Signé
N. MAHE
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026