jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200245 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BOHBOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, respectivement enregistrés les 22 février et 29 mars 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Ginger géode, représentée par Me Mel, demande au tribunal de réformer les ordonnances du 12 janvier 2022 du président du tribunal administratif de la Guadeloupe, à titre principal, en mettant à la charge de la société Acajou vallée l'intégralité des frais et honoraires d'expertise taxés et liquidés par les ordonnances attaquées, à titre subsidiaire, en ne mettant à sa charge que 67,5 % du montant de ces frais.
Elle soutient que les parts de responsabilité retenues par l'expert dans son rapport ne sauraient constituer le fondement de la répartition des frais et honoraires d'expertise.
Par deux mémoires en défense, respectivement enregistrés les 9 mars et 25 avril 2022, la société civile de construction vente (SCCV) Acajou vallée, représentée par Me Bohbot, conclut au rejet de la requête et à ce que la société Ginger géode lui verse une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la demande de réformation de l'ordonnance du 12 janvier 2022 relative aux frais d'expertise alloués au sapiteur est irrecevable comme tardive ;
- les moyens soulevés par la société Ginger géode ne sont pas fondés.
La requête a été régulièrement communiquée au tribunal administratif de la Martinique qui n'a pas produit dans la présente instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lubrani, conseiller ;
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public ;
- les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance n° 1900377 du 15 juillet 2019, le président du tribunal administratif de la Martinique a ordonné sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, à la demande de la société Acajou vallée, qu'il soit procédé à une expertise aux fins de déterminer les causes et la nature des désordres liés à l'affaissement d'une chaussée, et a désigné M. B en qualité d'expert. Par une décision du 6 mai 2020, le président du tribunal administratif de la Martinique a désigné M. A en qualité de sapiteur, en remplacement d'un sapiteur précédemment nommé. Par une première ordonnance du 12 janvier 2022, le président du tribunal administratif de la Martinique a, d'une part, liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise dus à M. B, expert, à la somme de 20 520,66 euros et, d'autre part, mis à la charge de la société Ginger géode ces frais et honoraires. Par une ordonnance du même jour, la même autorité a, d'une part, liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expertise dus à M. A, sapiteur désigné, à la somme de 14 951,30 euros, et, d'autre part, mis ces frais à la charge de la société Ginger géode.
Sur le cadre du litige et la fin de non-recevoir opposée par la société Acajou vallée :
2. Aux termes de l'article R. 761-5 du code de justice administrative : " Les parties, l'Etat lorsque les frais d'expertise sont avancés au titre de l'aide juridictionnelle ainsi que, le cas échéant, l'expert, peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance. / Sauf lorsque l'ordonnance émane du président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, la requête est transmise sans délai par le président de la juridiction à un tribunal administratif conformément à un tableau d'attribution arrêté par le président de la section du contentieux. / Le président de la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux est appelé à présenter des observations écrites sur les mérites du recours. Le recours mentionné au précédent alinéa est exercé dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance sans attendre l'intervention de la décision par laquelle la charge des frais est attribuée. "
3. Contrairement à ce que fait valoir la société Acajou vallée, la société Ginger géode doit être regardée comme ayant contesté, dès sa requête introductive d'instance du 17 février 2022, les deux ordonnances de taxation et de liquidation rendues concomitamment le 12 janvier 2022 par le président du tribunal administratif de la Martinique, ainsi qu'en atteste leur production comme pièces-jointes de la requête, et ce nonobstant l'ambiguïté rédactionnelle du dispositif de la requête introductive.
4. Par suite, et dès lors qu'il est constant que cette requête a été introduite avant l'expiration du délai de recours d'un mois suivant la notification des ordonnances attaquées, la fin de non-recevoir tirée de ce que l'ordonnance taxant et liquidant les frais dus au sapiteur aurait été contestée tardivement par la société requérante doit être écartée.
Sur la demande de réformation des ordonnances :
5. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5 ".
6. Il résulte des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, dérogeant sur ce point à l'article R. 761-1 du même code, que la répartition des frais et honoraires de l'expert entre les parties intervient dans les circonstances de l'espèce, compte tenu notamment de l'utilité de l'expertise pour ces parties, sans que cette répartition soit déterminée par la seule circonstance qu'une de ces parties l'a demandée ou, à l'inverse, en a contesté le bien-fondé.
7. Il résulte de l'instruction que l'expertise litigieuse a été ordonnée au contradictoire de vingt parties, dont la société Ginger Géode.
8. Cette expertise présentait pour la société Acajou vallée, qui a sollicité son prononcé, un caractère d'utilité, dès lors qu'elle lui permettait de déterminer les causes des désordres intervenus sur des parcelles lui appartenant pour, le cas échéant, engager une action indemnitaire à l'encontre des responsables des désordres.
9. Il ne résulte en revanche pas de l'instruction que cette expertise présentait, dans les circonstances de l'espèce, une utilité particulière pour la société Ginger géode. La société Acajou vallée ne peut, à ce titre, utilement se prévaloir de ce que les conclusions du rapport d'expertise déposé le 4 novembre 2021 seraient défavorables à la société Ginger géode dont la responsabilité dans la survenance des dommages a été estimée à 70 % par l'expert, dès lors que le juge n'est pas tenu par la répartition des responsabilités retenue par l'expert et qu'il appartiendra au seul juge du fond saisi, le cas échéant, d'une demande indemnitaire, d'apprécier notamment la responsabilité de la société Ginger géode dans la survenance des dommages et de se prononcer en conséquence sur la charge définitive des dépens de l'instance.
10. Par suite, en mettant à la charge exclusive de la société Ginger géode les frais et honoraires du sapiteur et de l'expert liquidés et taxés par les ordonnances attaquées du 12 janvier 2022, le président du tribunal administratif de la Martinique a procédé à une appréciation erronée de l'utilité de l'expertise pour les parties concernées.
11. Il y a dès lors lieu de mettre à la charge de la société Acajou vallée la totalité de la somme de 20 520,66 euros due à l'expert, résultant des frais et honoraires de l'expertise taxés et liquidés le 12 janvier 2022, ainsi que la totalité de la somme de 14 951,30 euros due au sapiteur également taxée et liquidée le 12 janvier 2022 et de réformer, dans cette mesure, les ordonnances attaquées.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société Ginger géode, qui n'est pas la partie perdante dans le présent litige, la somme que demande la société Acajou vallée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Les frais d'expertise dus à l'expert M. B, taxés et liquidés à la somme de 20 520,66 euros par l'ordonnance du président du tribunal administratif de la Martinique du 12 janvier 2022 sont mis exclusivement à la charge de la société Acajou vallée.
Article 2 : Les frais d'expertise dus au sapiteur M. A, taxés et liquidés à la somme de 14 951,30 euros par l'ordonnance du président du tribunal administratif de la Martinique du 12 janvier 2022 sont mis exclusivement à la charge de la société Acajou vallée.
Article 3 : Les articles 2 des ordonnances du président du tribunal administratif de la Martinique du 12 janvier 2022 sont modifiés conformément aux articles 1 et 2.
Article 4 : Les conclusions présentées par la société Acajou vallée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Acajou vallée, à la société Ginger géode et au tribunal administratif de la Martinique.
Copie sera adressée pour information à M. B et M. A.
Délibéré après l'audience publique du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Guiserix, président,
M. Antoine Lubrani, conseiller,
Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
A. LUBRANI
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Signé
M-L. Corneille
4
N° 1901371
5
N° ***
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026