jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200285 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL DELOUMEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mars 2022, Mme B, représentée par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Guadeloupe a refusé la reconstitution partielle des points de son permis de conduire, ensemble la décision 48 SI du 20 avril 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de lui restituer quatre points sur son permis de conduire comme suite au stage de sensibilisation qu'elle a accompli, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de lui restituer son permis de conduire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 14 octobre 2021 est entachée d'un défaut de signature ;
- elle lui a été notifiée par courriel et non par lettre recommandée avec accusé de réception ;
- elle n'a pas reçu la notification de la décision 48 SI du 20 avril 2021 qui a été adressée à une ancienne adresse avant d'être acheminée à son adresse professionnelle et réceptionnée par sa secrétaire ; elle n'en a eu connaissance que postérieurement aux dates auxquelles elle a accompli un stage de sensibilisation ;
- la décision 48 SI est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas reçu d'avis de contravention pour chaque infraction ni les informations préalables prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ;
- elle n'a pas reçu de convocation devant le tribunal de police ni la notification des jugements mentionnant les voies de recours ;
- elle n'est pas propriétaire du véhicule impliqué lors des infractions constatées lequel appartient à la société Oceor Lease qui a désigné la SELARL B comme étant l'auteure des infractions ; les retraits ne pouvaient donc se faire sur son permis de conduire en son nom propre ;
- son véhicule est indispensable à ses déplacements pour se rendre aux visites médicales de suivi de sa grossesse ;
- elle a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui devrait être pris en compte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut à titre principal au non-lieu partiel et à titre subsidiaire au rejet de la requête et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de Mme B.
Il soutient que :
- les points retirés consécutivement aux infractions relevées le 4 octobre 2018, le 28 mai 2017, le 23 avril 2015, le 9 juin 2013, le 9 décembre 2012, le 7 mai 2012 et le 21 février 2008 ont été restitués à la requérante le 29 juillet 2019, le 19 mars 2018, le 8 janvier 2016, le 28 décembre 2013, le 4 juillet 2013 et le 25 janvier 2013 ;
- le retrait de points correspondant à l'infraction commise le 21 février 2008 est antérieur à la reconstitution partielle des points intervenue le 13 mai 2011 ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 17 mars 2022, le préfet de la Guadeloupe conclut à son incompétence en matière d'invalidation de permis de conduire et sollicite la transmission de la requête de Mme B au ministre de l'intérieur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gouès.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a commis plusieurs infractions ayant entraîné le retrait de 17 points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI " du 20 avril 2021, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de l'intéressée pour solde de points nul, après lui avoir indiqué le dernier retrait de trois points pour une infraction commise le 27 avril 2020. Les 9 et 10 juillet 2021, Mme B a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière et a demandé à ce que les nouveaux points acquis soient affectés à son permis de conduire. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision du 14 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui attribuer les points obtenus lors de son stage, ensemble la décision " 48 SI " du ministre de l'intérieur constatant le solde de points nul de son permis de conduire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision 48 SI du 20 avril 2021 :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". L'article R. 421-5 du même code dispose : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. La notification au conducteur de la décision du ministre de l'intérieur, référencée 48 SI, récapitulant les décisions de retrait de points et l'informant de l'invalidation de son permis de conduire pour défaut de points, rend ces décisions opposables à l'intéressé et fait courir le délai de deux mois dont il dispose pour contester leur légalité devant le juge administratif.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme B s'est vu notifier le 11 juin 2021, par lettre recommandée avec avis de réception postal, une décision référencée 48 SI récapitulant les divers retraits de points affectant son permis de conduire et l'informant de la perte de validité de son titre pour solde de points nul. Le ministre de l'intérieur a produit la copie de l'avis de réception postal du pli recommandé destiné à Mme B, distribué à l'adresse 42 le patio de Houelbourg à Baie-Mahault et sur lequel est apposée une signature et le tampon " SELARL B " dans le cartouche réservé au destinataire. Si la requérante fait valoir que ce pli a été signé par son secrétariat et qu'elle en a eu connaissance tardivement, elle n'établit pas que la personne qui a réceptionné le pli litigieux et qui a porté sur l'avis de réception sa signature n'avait pas qualité pour ce faire. La requérante fait également valoir que le pli aurait dû lui être notifié à son domicile et non sur son lieu de travail. Toutefois, aucune disposition législative ou règlementaire ne l'impose à l'administration. Enfin, la requérante se prévaut de ce qu'elle a adressé à l'administration un recours gracieux en date du 11 août 2021. A cet effet, elle produit une facture d'envoi de la Poste du 12 août 2021. Toutefois, ce document ne contenant aucune indication sur le destinataire et l'expéditeur du pli, il ne peut être regardé comme étant de nature à justifier que la requérante a exercé un recours gracieux contre cette décision ayant interrompu le délai de recours contentieux. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que la requérante a eu connaissance du contenu de ce pli à la date du 11 octobre 2021, date d'enregistrement au greffe du tribunal d'un recours dirigé contre la décision litigieuse du 20 avril 2021. Dans ces conditions, la notification à la date du 11 juin 2021 de la décision 48 SI du 20 avril 2021 et qui comporte la mention des voies et délais de recours, doit être regardée comme ayant fait courir le délai du recours contentieux à l'encontre de la requérante. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 20 avril 2021, enregistrées le 4 mars 2022 au greffe du Tribunal administratif de la Guadeloupe sont tardives.
En ce qui concerne la décision refusant de prendre en compte le stage de sensibilisation à la sécurité routière :
5. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route dispose que : " () / Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. () ". Aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " I.- Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II.- L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. /III.- Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage () "
6. Le préfet est tenu de refuser de procéder à une récupération de points demandée à la suite d'un stage de sensibilisation lorsque, avant le dernier jour du stage, le conducteur a régulièrement reçu notification d'une décision l'informant que son permis de conduire a perdu sa validité par suite de l'épuisement de son capital de points. Par ailleurs, la notification d'une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu'elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l'intéressé.
7. En l'espèce, il résulte de l'instruction, comme il a été dit au point 4, que Mme B doit être regardée comme ayant reçu notification de la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire le 11 juin 2021. Si elle a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière le 9 et 10 juillet 2021, elle n'était plus titulaire à ces dates d'un titre de conduite du fait de la notification antérieure de la lettre par laquelle le ministre l'a informée de la perte de validité de son permis. Par suite, le préfet était tenu de rejeter la demande de l'intéressée de reconstitution de son capital de points. Mme B n'est donc pas fondée à soutenir que c'est à tort que le préfet de la Guadeloupe a refusé de procéder à la reconstitution de quatre points au capital de points affecté à son permis de conduire.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris ses conclusions injonctives et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme B la somme de 500 euros réclamée par le préfet de la Guadeloupe sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du préfet de la Guadeloupe visant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au ministre de l'intérieur et au préfet de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le président rapporteur,
Signé :
S. GOUÈS
L'assesseure la plus ancienne,
Signé :
J. LE ROUX
La greffière,
Signé :
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne, où à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière en chef
Signé
M-L CORNEILLE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026