mardi 2 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200372 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LACLUSE & CESAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 avril 2022, M. B A, représenté par Me Lacluse, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le centre hospitalier gérontologique du Raizet a implicitement rejeté sa demande en date du 1er février 2021 tendant au rétablissement de l'indemnité compensatrice mensuelle de logement qu'il percevait jusqu'en décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de rétablir le versement de cette indemnité à compter du 1er janvier 2021 ;
3°) de condamner le centre hospitalier à lui verser une somme totale de 27 500 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- alors qu'il occupait les fonctions de directeur adjoint du centre hospitalier gérontologique il a, à sa demande, à compter du 1er janvier 2021, été mis à disposition de l'Agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe en tant que chargé de mission affecté à la réalisation des contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens pour les établissements médico-sociaux ; une convention de mise à disposition a été conclue entre le centre hospitalier et l'ARS le 8 décembre 2020 ;
- à compter du 1er janvier 2021, il a cessé de percevoir l'indemnité compensatrice mensuelle de logement qu'il percevait auparavant en application du I de l'article 2 du décret du 8 janvier 2010 pris en application de l'article 77 de la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- il remplit toujours les conditions pour bénéficier de cette indemnité compensatrice ; au jour de la signature de la convention de mise à disposition, il figurait toujours sur la liste des personnels habilités à exercer des gardes de direction et percevant l'indemnité compensatrice pour la mise en œuvre de celles-ci, figurant dans la décision du directeur du centre hospitalier du 11 février 2010 ; la décision du directeur du centre hospitalier du 16 décembre 2020 fixant une nouvelle liste des personnels bénéficiaires, dans laquelle il ne figure pas, ne lui est pas opposable dès lors qu'elle ne lui a pas été notifiée ; cette décision est rétroactive dès lors qu'elle s'applique à compter du 7 septembre 2020 ; aucun avenant à la convention de mise à disposition le concernant ne lui a été soumis ; il doit dès lors être regardé comme étant inscrit sur la liste des personnels bénéficiaires de cette indemnité de logement ; il est de ce fait fondé à réclamer le manque à gagner équivalent au montant de l'indemnité qu'il aurait dû percevoir depuis le 1er janvier 2021 ;
- la convention de mise à disposition prévoit en son article 5 qu'il continuera de percevoir la totalité de sa rémunération, laquelle lui sera versée par le centre hospitalier ; aucune autre stipulation de la convention ne prévoit la suppression de l'indemnité compensatrice mensuelle de logement ; il aurait renoncé à la mise à disposition qu'il a lui-même sollicité s'il avait été informé de ce qu'elle aurait pour effet la suppression de cette indemnité ;
- s'il a lui-même sollicité sa mise à disposition auprès de l'ARS, la convention de mise à disposition a été élaborée à son insu dès lors qu'il n'a pas été invité à émettre un avis dessus ; les points sur lesquels il s'était verbalement mis d'accord avec la directrice de l'ARS n'ont pas été repris dans la convention de mise à disposition dès lors que celle-ci n'a été conclue que pour une année renouvelable, que la mise à disposition est opérée à titre gratuit, le centre hospitalier ayant exonéré l'ARS de lui rembourser le montant de sa rémunération et des charges sociales afférentes ; en ne lui soumettant pas la convention, il a été sciemment privé de tout moyen de s'apercevoir qu'il n'allait plus être impliqué dans les tours de garde de direction et que, ce faisant, il perdrait le bénéfice de l'indemnité compensatrice mensuelle de logement ;
- il n'a pas fait l'objet d'une décision de mise à disposition, en méconnaissance des dispositions de l'article 1er du décret du 13 octobre 1988 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires hospitaliers, à l'intégration et à certaines modalités de mise à disposition ;
- il subit des troubles dans ses conditions d'existence dès lors qu'il s'est brutalement vu contraint de réduire son train de vie, lequel doit être réparé à hauteur de 25 000 euros ;
- il subit une discrimination salariale et du harcèlement moral et doit à ce titre se voir verser la somme de 2 500 euros au titre de " dommages et intérêts ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, le centre hospitalier gérontologique du Raizet conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 18 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 août 2022 à 12 heures.
Par un courrier du 12 avril 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions en annulation et des conclusions indemnitaires de la requête de M. A en raison de leur tardiveté.
M. A a produit un mémoire en réponse à ce moyen d'ordre public le 17 avril 2023, qui a été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le codes des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°2010-30 du 8 janvier 2010 ;
- le décret n°88-976 du 13 octobre 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentolila, conseillère,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- et les observations de Me Lacluse, représentant M. A, le centre hospitalier gérontologique du Raizet n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, directeur d'établissement sanitaire, social et médico-social hors classe, occupait les fonctions de directeur adjoint du centre hospitalier gérontologique du Raizet. Par une convention conclue le 8 décembre 2020 entre ce centre hospitalier et l'Agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe, il a été mis à disposition de l'ARS à compter du 1er janvier 2021, pour exercer les fonctions de chargé de mission auprès de la direction " animation et organisation des structures de santé ". Par un courrier du 1er février 2021, il a demandé au centre hospitalier de rétablir le versement de l'indemnité compensatrice mensuelle de logement qu'il percevait lorsqu'il exerçait ses anciennes fonctions et qu'il a cessé de percevoir à compter du 1er janvier 2021. Par un courrier du 27 février 2021, il a " mis en demeure " le centre hospitalier de le rétablir dans ses droits dans un délai de 15 jours. Puis, par un courrier du 9 juillet 2021, reçu le 16 juillet 2021, il a adressé une demande indemnitaire préalable au centre hospitalier. Par la présente requête, il doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision par laquelle le centre hospitalier a implicitement rejeté sa demande du 1er février 2021 et à ce que cet établissement soit condamné à lui verser la somme totale de 27 500 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours ".
3. En vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ".
4. Enfin, l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.
5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A a, par un courrier du 1er février 2021, demandé au centre hospitalier gérontologique du Raizet de rétablir l'indemnité compensatrice mensuelle de logement qu'il avait cessé de percevoir à compter du mois de janvier 2021. Cette demande a été implicitement rejetée deux mois après sa réception et a fait courir le délai de recours contentieux de deux mois prévu par les dispositions précitées. Par suite, ses conclusions tendant à l'annulation de cette décision implicite de rejet, présentées le 4 avril 2022, sont tardives et doivent par suite être rejetées.
7. D'autre part, par un courrier du 9 juillet 2021, réceptionné le 16 juillet suivant, M. A a adressé une demande indemnitaire préalable au centre hospitalier. Cette demande a été implicitement rejetée le 16 septembre 2021. Dès lors, les conclusions indemnitaires de M. A présentées dans sa requête enregistrée le 4 avril 2022, ont été formées au-delà du délai de recours contentieux de deux mois prévus par l'article R. 421-2 du code de justice administrative précité. Par suite, ces conclusions sont irrecevables et doivent également être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'indemnisation de la requête de M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier gérontologique du Raizet.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Olivier Guiserix, président,
- M. Antoine Lubrani, conseiller,
- Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
H. BENTOLILALe président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Signé
M-L. Corneille
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026