mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200515 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | ARMAND LIONEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 mai 2022, M. B A, représenté par Me Plumasseau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 février 2022 par lequel le maire de la commune de Morne-à-l'Eau s'est opposé à sa déclaration préalable portant sur un projet de division en six lots en vue de construire de la parcelle cadastrée AS 1251 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Morne-à-l'Eau une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'illégalité par voie d'exception de l'illégalité entachant l'avis rendu par le préfet de la Guadeloupe le 27 janvier 2022, lequel se fonde à tort sur les dispositions du plan local d'urbanisme de la commune, alors qu'en application des dispositions de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme, le plan local d'urbanisme de la commune ne pouvait pas être opposé au projet du requérant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, la commune de Morne-à-l'Eau, représentée par Me Lionel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est assortie d'aucun moyen de fait ou de droit, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- elle n'est en tout état de cause pas fondée, dès lors que le maire de la commune de Morne-à-l'Eau était en situation de compétence liée suite à l'avis défavorable rendu par les services du préfet de la Guadeloupe sur le projet litigieux, ce qui rend les moyens soulevés à l'encontre de l'arrêté attaqué inopérants.
Par ordonnance du 6 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux,
- et les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 29 décembre 2021, M. A a déposé auprès de la mairie de Morne-à-l'Eau une déclaration préalable pour permettre la division en vue de construire de la parcelle cadastrée section AS n°1251, en six lots, sur un terrain situé au lieu-dit Blanchet, sur le territoire de la commune de Morne-à-l'Eau. Par un arrêté du 9 février 2022, le maire de la commune de Morne-à-l'Eau s'est opposé à cette déclaration préalable, après un avis défavorable rendu le 27 janvier 2022 par la direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de la préfecture de la Guadeloupe. Par un courrier reçu par les services de la commune de Morne-à-l'Eau le 17 mars 2022, M. A a formé un recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par la commune sur ce recours gracieux. Par la présente requête M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 février 2022 faisant opposition à sa déclaration préalable, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le lotissement a fait l'objet d'une déclaration préalable, le permis de construire ne peut être refusé ou assorti de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme nouvelles intervenues depuis la date de non-opposition à la déclaration préalable, et ce pendant cinq ans à compter de cette même date. () ".
3. Si, lorsque la délivrance d'une autorisation administrative est subordonnée à l'accord préalable d'une autre autorité, le refus d'un tel accord, qui s'impose à l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation, ne constitue pas une décision susceptible de recours, des moyens tirés de sa régularité et de son bien-fondé peuvent, quel que soit le sens de la décision prise par l'autorité compétente pour statuer sur la demande d'autorisation, être invoqués devant le juge saisi de cette décision.
4. En l'espèce, il est constant que, le 7 février 2017, M. A a bénéficié d'un arrêté de non opposition à sa déclaration préalable de diviser en quatre lots les parcelles AS 1248, AS 1249, AS 1250 et AS 1251, et, qu'en application des dispositions précitées de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme, le maire de la commune de Morne-à-l'Eau ne pouvait pas refuser de lui délivrer un permis de construire sur ces parcelles loties sur le fondement notamment du plan local d'urbanisme de la commune approuvé le 30 octobre 2017. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant a déposé, le 29 décembre 2021, auprès de la commune de Morne-à-l'Eau, une nouvelle déclaration préalable en vue de diviser en six lots la parcelle AS 1251 en vue de construire. Cette déclaration préalable pour la division d'une parcelle, quand bien même elle serait délivrée en vue de construire, ne peut pas être regardée comme constituant un permis de construire pour l'application des dispositions de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme. Par suite, le requérant ne peut pas utilement soutenir que les dispositions précitées s'opposaient à l'adoption de la décision d'opposition à déclaration préalable attaquée, et c'est donc à bon droit que les services de la direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de la préfecture de la Guadeloupe ont fondé leur avis sur les dispositions du plan local d'urbanisme de la commune approuvé le 30 octobre 2017.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. D'une part, et en tout état de cause, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Morne-à-l'Eau, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
7. D'autre part, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Morne-à-l'Eau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Morne-à-l'Eau présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. B A et à la commune de Morne-à-l'Eau.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La rapporteure,
Signé
J. LE ROUX
Le président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026