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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2200532

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2200532

vendredi 27 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2200532
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge unique
Avocat requérantMATHURIN KANCEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 20 mai, 4 octobre 2022 et 9 janvier 2023, Mme A B, représentée par Me Mathurin-Kancel, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision du 31 mars 2022, par laquelle la caisse d'allocations familiales lui a refusé le bénéfice du revenu de solidarité active (RSA), ensemble la décision du 25 mai 2022 par laquelle le conseil départemental a rejeté sa demande tendant au retrait de la décision de la caisse et refusé également l'attribution du revenu de solidarité active (RSA) ;

2°) d'enjoindre au département de la Guadeloupe de la rétablir dans ses droits au revenu de solidarité active et de procéder au versement des sommes dues à ce titre depuis sa demande ;

3°) de mettre à la charge du conseil départemental de la Guadeloupe la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation de Me Mathurin-Kancel au bénéfice de l'aide juridictionnelle par application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- elle est entrée régulièrement sur le territoire français muni d'un visa de long séjour et, depuis le 14 septembre 2015, elle séjourne régulièrement et de façon continue sur le territoire français ; elle a obtenu des titres de séjour couvrant les périodes du 14 septembre 2015 au 2 mars 2024 ;

- elle a formé un recours administratif préalable obligatoire le 4 avril 2022 contre la décision du 31 mars 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Guadeloupe lui a refusé le bénéfice du revenu de solidarité active (RSA) ; en réponse, et par sa décision du 25 mai 2022, le conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté son recours ;

- le refus est lié au fait que sa carte de séjour a été renouvelé dans un délai trop long, alors qu'elle a commencé la procédure de renouvellement de son titre de séjour le 7 juillet 2021 ;

- le 3 mars 2022, la préfecture de la Guadeloupe lui a délivré son titre de séjour valable pour une durée de deux ans ;

- le retard mis pour l'établissement de sa carte de séjour n'est pas de son fait, mais est lié à la pandémie de la covid-19, survenue en Guadeloupe entre les mois de juillet à décembre 2021 ; le délai de traitement assez long, effectué par la préfecture, ne peut pas lui être imputé ;

- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles contrairement à ce que fait valoir la caisse d'allocations familiales dans son courriel du 21 avril 2022, le premier document, dont elle bénéficie, pour justifier de son séjour régulier n'est pas un récépissé matérialisé dans le document de la préfecture de consultation de demande de titre de séjour par le sigle "RCS", mais d'un visa de long séjour sous le sigle "VLS" ; elle peut se prévaloir depuis le 14 septembre 2020 d'un séjour régulier de cinq ans, la circonstance qu'un hiatus existe entre le 15 septembre 2021 et le 6 février 2022 est sans incidence sur sa situation ; le visa de long séjour est un document permettant de séjourner et de circuler, conformément à l'article R. 431-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit que les étrangers, bénéficiant d'un visa de longue durée, sont dispensés, de souscrire une demande de carte de séjour ; à supposer que son visa de long séjour ne justifierait pas au regard des dispositions de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles, sa situation à compter du 14 septembre 2015, le récépissé remis le 9 septembre 2016 ne saurait être regardé comme un récépissé de première demande puisque l'article R. 431-16 du code précité dispense les étrangers bénéficiant d'un visa d'introduire une demande de séjour ; la détention d'un tel document justifie à lui-seul la présence régulière de son titulaire ; le récépissé remis le 9 septembre 2016 a eu en conséquence dc lui permettre de justifier d'un titre de séjour l'autorisant à travailler à compter du 15 septembre 2016 ; dès lors, elle doit être regardée comme ayant bénéficié d'un titre de séjour à compter du 15 septembre 2016 ; à la date de sa demande d'attribution du revenu de solidarité active, elle pouvait se prévaloir d'un titre de séjour l'autorisant à travailler depuis plus de cinq ans ;

- sur l'appréciation des faits, en application des dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, elle a présenté une demande de renouvellement de titre de séjour plus de deux mois avant l'expiration de son titre de séjour en cours de validité ; les différents avis de réception, qu'elle a communiqués, attestent de sa bonne foi, d'autant que le chef du pôle départemental d'immigration et d'intégration de la préfecture certifie qu'elle justifie d'une période de résidence continue de cinq ans à compter du 14 septembre 2015 ; durant la période dc crise sanitaire, les étrangers ont eu des difficultés à obtenir des rendez-vous ou même à communiquer leur dossier ou pièces aux agents de la préfecture ; à considérer que l'administration ne considère son titre de séjour l'autorisant qu'à compter de la première carte de séjour temporaire, celle-ci était valable à partir du 15 septembre 2016 ; elle a, par la suite, bénéficié de cartes de séjour pluriannuelles de deux ans sans discontinuité ; elle a été titulaire d'un titre de séjour avec autorisation de travailler du 15 septembre 2016 au 14 septembre 2021, par une carte de séjour temporaire (CST) d'un an valable du 15 septembre 2016 au 14 septembre 2017, de cartes de séjour pluriannuelles (CSP) de deux ans valables du 15 septembre 2017 au 14 septembre 2019 et du 15 septembre 2019 au 14 septembre 2021 ; la circonstance que la préfecture a tardé au traitement de son dossier et à la délivrance de son titre de séjour est sans incidence sur la possession de son titre de séjour l'autorisant à travailler depuis au moins cinq ans ; le conseil départemental de la Guadeloupe et la caisse d'allocations familiales de Guadeloupe, en lui refusant l'attribution du revenu de solidarité active, ont ainsi commis une erreur manifeste d'appréciation des faits et sur sa situation ;

- elle ne dispose pas de moyens faute de travailler alors qu'elle vit avec sa fille et cette situation lui cause une détresse financière et sanitaire, en l'absence de versement du RSA.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, le conseil départemental de la Guadeloupe conclut à l'irrecevabilité du recours de Mme B et au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le rejet de la demande de Mme B ne se justifie que par l'absence de production des justificatifs liés à sa situation de personne de nationalité étrangère ;

- le récapitulatif des diverses demandes de titre de séjour produit par Mme B fait apparaître une rupture de plus de six mois ;

- pour le réexamen de son dossier, la requérant doit produire des justificatifs attestant de sa présence régulière et continue sur le territoire français durant cinq années ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondée.

Par un mémoire en observations, enregistré le 8 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- si Mme B justifie de cinq années de résidence régulière et continue pour la période du 15 septembre 2015 au 14 septembre 2021, elle ne produit aucun titre couvrant la période du 15 septembre 2021 au 6 février 2022 permettant le maintien du paiement de l'allocation de revenu de solidarité active ; ces cinq mois, durant lesquels l'intéressée n'avait pas de titre de séjour, lui ont fait perdre le bénéfice des périodes précédentes ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondée.

Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de la Guadeloupe du 10 novembre 2022.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée, relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. C, par une décision du 6 septembre 2022, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C ;

- les observations des représentants du conseil départemental de la Guadeloupe et de la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin ;

- et les observations de Me Mathurin-Kancel, représentant Mme B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 777-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Le 20 septembre 2021, Mme B a effectué une demande en ligne de revenu de solidarité active (RSA), renouvelée le 17 mars 2022 selon le même procédé. En réponse, la caisse d'allocations familiales de Guadeloupe a informé l'intéressée, par lettre du 31 mars 2022, qu'elle ne pouvait plus recevoir cette allocation au motif que le revenu de solidarité active était attribué aux personnes de nationalité étrangère, titulaires d'un des titres de séjour prévus par la réglementation, alors qu'elle ne disposait d'aucun titre de séjour lui permettant d'en bénéficier. Par un courrier du 4 avril 2022, afin de contester ce refus, Mme B a formé un recours administratif préalable obligatoire auprès du conseil départemental de la Guadeloupe, qui l'a rejeté le 25 mai 2022 au motif qu'elle ne remplissait pas les conditions de séjour sur le territoire français. Par la présente requête, Mme B demande au Tribunal d'annuler cette décision ainsi que d'enjoindre à l'administration de lui ouvrir ses droits au revenu de solidarité active.

Sur les conclusions à fin d'irrecevabilité du conseil départemental de la Guadeloupe :

2. Si le conseil départemental invoque l'irrecevabilité de la requête de Mme B, en revanche, au soutien de ses conclusions, il ne présente aucun moyen ou argument, permettant d'en apprécier la portée. Par suite, les conclusions tirées de l'irrecevabilité de la requête de Mme B doivent être rejetées.

Sur le bien-fondé du revenu de solidarité active :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : "Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / ().". Aux termes de l'article L. 262-4 du même code : "Le bénéfice du revenu de solidarité active est subordonné au respect, par le bénéficiaire, des conditions suivantes : / () ; / 2° Être () titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour autorisant à travailler. / ().". Et Aux termes de l'article L. 262-18 dudit code : "Sous réserve du respect des conditions fixées à la présente section, le revenu de solidarité active est ouvert à compter de la date de dépôt de la demande.".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "La détention d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, d'une attestation de demande d'asile ou d'une autorisation provisoire de séjour autorise la présence de l'étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour. ().". Aux termes de

l'article R. 431-5 du même code : "Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1o L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2o à 8o de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; / ().". Et aux termes de l'article R. 431-16 du même code : "Sont dispensés de souscrire une demande de carte de séjour : / () ; / 2° Les étrangers séjournant en France pendant une durée maximale de trois mois sous couvert de leur document de voyage revêtu, le cas échéant, d'un visa ; / 3° Les étrangers séjournant en France sous couvert d'un visa d'une durée supérieure à trois mois et inférieure ou égale à douze mois comportant la mention "dispense temporaire de carte de séjour", pendant la durée de validité de ce visa ; / ().". Il résulte de cette disposition que le visa de long séjour dispense son détenteur de solliciter une carte de séjour pour sa première année de résidence et permet en conséquence, pendant sa durée de validité, l'entrée sur le territoire et autorise également la résidence en France pendant sa durée de validité, sans que son titulaire ne doive introduire une demande de titre de séjour auprès de l'autorité préfectorale.

5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer, au besoin, l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation, sur la base des motifs de son jugement.

6. Il résulte de l'instruction, et notamment de la liste établie le 20 avril 2022 par la préfecture de la Guadeloupe, et produite par la requérante, que celle-ci a été titulaire, outre d'un visa de long séjour du 14 septembre 2015 au 14 septembre 2016, de récépissés de carte de séjour du 15 septembre 2016 au 14 décembre 2016, du 15 septembre 2017 au 14 mars 2018, du 12 novembre 2019 au 11 janvier 2020 et du 7 février 2022 au 6 mai 2022, de cartes de séjour successives, temporaire et pluriannuelles, dès 2016, pour les périodes du 15 septembre 2016 au 14 septembre 2017, du 15 septembre 2017 au 14 septembre 2019, du 15 septembre 2019 au 14 septembre 2021 et, pour la dernière, du 3 mars 2022 au 2 mars 2024. Il ressort des pièces du dossier que cette liste des documents délivrés à Mme B, et signée par le chef du pôle départemental d'immigration et d'intégration de la préfecture de la Guadeloupe, mentionne que "le document valide vos titres de séjour en France depuis 2015" . Par ailleurs, si Mme B, qui soutient avoir commencé ses démarches, le 7 juillet 2021, pour le renouvellement de son titre de séjour, alors même que ce dernier était valable jusqu'au 14 septembre 2021, n'établit pas avoir été titulaire d'un titre de séjour entre le 20 septembre 2021, date de sa demande de revenu de solidarité active, et le 3 mars 2022, date de la délivrance de sa nouvelle carte de séjour, cette interruption a correspondu à la durée nécessaire à l'examen de sa demande de nouvelle carte de séjour, durant, pour partie, la pandémie de la covid-19, et à laquelle, ainsi qu'il vient d'être dit, il a été finalement fait droit le 3 mars 2022 pour une durée de deux ans. Au demeurant, il résulte de l'instruction, ainsi que le soutient la requérante, le premier document, dont elle a bénéficié, pour justifier de son séjour régulier est le document désigné sous l'acronyme "VLS", et correspondant à "Visa de long séjour". Conformément à l'article R. 431-16 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le visa de long séjour permet d'entrer, de séjourner et de circuler régulièrement sur le territoire. Le visa de long séjour détenu du 14 septembre 2015 au 14 septembre 2016 par Mme B a été suivi, à compter du 9 septembre 2016, de façon continue et ininterrompue, de plusieurs récépissés et de cartes de séjour, permettant de constater que Mme B était, au moment de sa demande de bénéfice du revenu de solidarité active, titulaire, depuis au moins cinq ans, d'un titre de séjour et qui a été renouvelé à compter du 3 mars 2022. Mme B remplissait, ainsi, au 31 mars 2022, date à laquelle la caisse d'allocations familiales de Guadeloupe a refusé à l'intéressée le bénéfice du revenu de solidarité active, la condition de cinq années de durée de séjour régulier en France, posée à l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles, et, en tout état de cause, au 25 mai 2022, date à laquelle le conseil départemental de la Guadeloupe a rejeté son recours administratif. Par suite, les décisions attaquées doivent être annulées.

7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation des décisions des 31 mars 2022 et 25 mai 2022 par lesquelles, respectivement, la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et le conseil départemental de la Guadeloupe ont rejeté sa demande d'attribution du revenu de solidarité active.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Compte tenu du motif d'annulation du présent jugement, et dès lors que Mme B remplissait les conditions pour bénéficier du revenu de solidarité active en application des dispositions de l'article L. 262-4 du code de l'action sociale et des familles, il y a lieu d'enjoindre au président du conseil départemental de la Guadeloupe de rétablir les droits au revenu de solidarité active de Mme B à compter du 20 septembre 2021. Il y a lieu de renvoyer Mme B devant l'administration, afin qu'elle procède à la fixation des droits à l'allocation de revenu de solidarité active de l'intéressée à compter du 20 septembre 2021. Un délai d'un mois à compter du présent jugement lui est imparti pour y procéder. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

9. Il résulte des dispositions combinées des articles 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative que l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de mettre à la charge de la partie perdante le versement d'une somme correspondant à celle qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait pas bénéficié de cette aide, à charge pour l'avocat, qui poursuit, en cas de condamnation, le recouvrement à son profit de la somme, qui lui a été allouée par le juge, de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Mathurin-Kancel, avocat de la requérante, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge du département de la Guadeloupe le versement à cet avocat de la somme de 1 200 euros en application desdites dispositions.

D E C I D E

Article 1er : Les décisions des 31 mars et 25 mai 2022, par lesquelles, respectivement, la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et le conseil départemental de la Guadeloupe ont rejeté la demande de bénéfice du revenu de solidarité active à Mme B, sont annulées.

Article 2 : Il est enjoint au président du conseil départemental de la Guadeloupe de rétablir les droits au revenu de solidarité active de Mme B à compter du 20 septembre 2021, dans un délai d'un mois à compter du présent jugement.

Article 3 : Mme B est renvoyée devant le président du conseil départemental de la Guadeloupe pour qu'il procède à la détermination de ses droits à l'allocation de revenu de solidarité active depuis le 20 septembre 2021.

Article 4 : Le conseil départemental de la Guadeloupe versera à Me Mathurin-Kancel une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Mathurin-Kancel renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au conseil départemental de la Guadeloupe.

Copie, pour information, en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 202Le magistrat désigné,

Signé

P. CLa greffière,

Signé

N. Ismaël

La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe et au ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

L'adjointe de la greffière en chef,

Signé

A. Cetol

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