mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200778 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ALBINA-COLLIDOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2022, Mme D A, représentée par Me Fando Montout, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juin 2022 par laquelle le directeur de l'établissement public de santé mentale de la Guadeloupe a opéré une retenue sur son traitement du mois de juin 2022 pour absence de service fait entre le 2 et le 14 février 2022 inclus ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement public de santé mentale de la Guadeloupe la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- l'absence de service fait entre le 2 et le 14 février 2022 est imputable à l'établissement public de santé mentale, qui ne lui a notifié la décision du 4 février 2022 levant la mesure de suspension des fonctions dont elle faisait l'objet que le 17 février 2022 ; cette décision n'a été signée que le 4 février 2022, soit après le 2 février 2022, de sorte qu'elle était dans l'impossibilité de reprendre ses fonctions puisqu'elle faisait toujours l'objet d'une mesure de suspension liée à l'obligation vaccinale instituée par la loi du 5 août 2021 ;
- la décision attaquée lui cause un préjudice financier important.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2023, l'établissement public de santé mentale de la Guadeloupe, représenté par Me Albina Collidor, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentolila, conseillère,
- les conclusions de M. Lubrani, rapporteur public,
- et les observations de Me Baltus, substituant Me Albina Collidor, représentant l'établissement public de santé mentale de la Guadeloupe.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 1er juin 2022, le directeur de l'établissement public de santé mentale (EPSM) de la Guadeloupe a informé Mme A, éducatrice spécialisée, de ce qu'une retenue sur son traitement du mois de juin 2022 avait été opérée pour absence de service fait entre le 2 et le 14 février 2022 inclus. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, par une décision du 5 septembre 2018, M. C E, directeur de l'EPSM de la Guadeloupe a donné délégation à Mme B G, directrice adjointe de cette établissement chargée de la direction des achats de la logistique, pour signer tout document relatif aux affaires courantes lors des périodes au cours desquelles elle assurerait l'intérim de la direction de cet établissement. Il ressort des pièces du dossier qu'au jour de la décision attaquée, Mme F assurait l'intérim de la direction de l'EPSM. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 711-1 du code général de la fonction publique : " La rémunération des agents publics exigible après service fait est liquidée selon les modalités édictées par la réglementation sur la comptabilité publique. ". Aux termes de l'article L. 711-2 du même code : " Il n'y a pas service fait : / 1° Lorsque l'agent public s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de service ; / 2° Lorsque l'agent, bien qu'effectuant ses heures de service, n'exécute pas tout ou partie de ses obligations de service. ".
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () doivent être motivées les décisions qui : / () refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ".
5. Hormis le cas où elle révèlerait par elle-même un refus opposé à une demande tendant à la reconnaissance d'un droit à rémunération malgré l'absence de service fait, la décision par laquelle l'autorité administrative, lorsqu'elle liquide le traitement d'un agent, procède à une retenue pour absence de service fait, constitue une mesure purement comptable et, dès lors, n'est pas au nombre des décisions qui refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir au sens de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
6. En l'espèce, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée révèlerait un refus opposé à une demande de la requérante tendant à la reconnaissance d'un droit à rémunération malgré l'absence de service fait, elle constitue une mesure purement comptable, qui n'a pas le caractère d'une décision refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit et n'avait dès lors pas à être motivé. Dès lors, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté comme inopérant.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " I. - Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissement de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique (). Aux termes de l'article 13 de la même loi : " I. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent : 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal prévu au second alinéa du II du même article 12. / Par dérogation au premier alinéa du présent 1°, peut être présenté, pour sa durée de validité, le certificat de rétablissement prévu au second alinéa du II de l'article 12. () ".
8. En l'absence de service fait, l'administration est tenue, selon le cas, de suspendre la rémunération de l'agent jusqu'à la reprise du service, d'ordonner le reversement de la rémunération indûment perçue ou d'en retenir le montant sur les rémunérations ultérieures. Le droit de l'agent à percevoir son traitement ne pouvant cesser que si l'accomplissement de son service résulte de son propre fait, il appartient en conséquence à l'administration d'apprécier les conditions dans lesquelles un agent n'a pas accompli son service et au juge de rechercher si l'absence de service fait lui est imputable.
9. Il ressort des pièces du dossier que du fait des dispositions précitées de la loi du 5 août 2021 instaurant une obligation de vaccination à la covid-19 s'appliquant notamment au personnel soignant, par une décision du 27 octobre 2021, le directeur de l'EPSM a suspendu Mme A de ses fonctions à compter du 5 novembre 2021 et jusqu'à la production par l'intéressée d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination. Cette décision précisait que durant la période de suspension, elle ne percevrait aucune rémunération. Par un courrier du 5 janvier 2022, Mme A a demandé à ce qu'il soit mis fin à cette suspension de fonctions après avoir été testée positive à la covid-19. Par un courriel du 7 janvier 2022, l'EPSM a refusé de faire droit à cette demande. Puis, le 1er février 2022, Mme A a de nouveau demandé à ce qu'il soit mis fin à sa suspension de fonctions. Par un courriel envoyé à l'intéressée le 2 février 2022 à 6h48, le directeur des ressources humaines de l'EPSM l'a informée que compte tenu de l'évolution des dispositions en matière d'obligation vaccinale, sa suspension de fonctions était levée à compter du même jour et qu'elle pouvait se rapprocher immédiatement du cadre coordonnateur du pôle infanto-juvénile pour la reprise de ses fonctions. Puis, par un courrier 9 février 2022, Mme A a demandé à l'EPSM de lui communiquer une décision formelle de levée de la suspension de fonctions dont elle faisait l'objet. Par une décision du 4 février 2022, le directeur de l'EPSM a formalisé cette décision levant la suspension de fonctions à compter du 2 février 2022. Si Mme A soutient que l'absence de service fait à l'origine de la retenue sur traitement opérée par la décision attaquée est imputable à l'EPSM dès lors qu'il ne lui a notifié la décision du 4 février 2022 que le 17 février 2022, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressée a été informée dès le 2 février 2022 de ce que la suspension de fonctions dont elle faisait l'objet était levée à compter de cette date et qu'elle pouvait se rapprocher dès le jour-même du cadre coordonnateur du pôle infanto-juvénile pour " la reprise de [ses] fonctions ". Dès lors que la requérante ne conteste pas ne pas avoir effectué cette démarche en vue de la reprise de ses fonctions, l'absence de service fait entre le 2 et le 14 février 2022 lui est imputable. Dès lors, le directeur de l'EPSM était tenu d'opérer une retenue sur traitement pour absence de service fait entre le 2 et le 14 février 2022 inclus.
10. Enfin, si la requérante se prévaut des conséquences financières de la décision attaquée, cette circonstance est, en tout état de cause, sans incidence sur sa légalité. Ce moyen doit donc être écarté comme inopérant.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 1er juin 2022 par laquelle le directeur de l'établissement public de santé mentale de la Guadeloupe a opéré une retenue sur son traitement du mois de juin 2022 pour absence de service fait entre le 2 et le 14 février 2022 inclus.
Sur les frais liés au litige :
12. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EPSM de la Guadeloupe, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
13. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'EPSM de la Guadeloupe sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'établissement public de santé mentale de la Guadeloupe sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à l'établissement public de santé mentale de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 20 février 2024 à laquelle siégeaient :
- Mme Nadège Mahé, présidente,
- Mme Hélène Bentolila, conseillère,
- Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
H. BENTOLILALa présidente,
Signé
N. MAHE
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026