vendredi 30 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200796 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ALBINA-COLLIDOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, respectivement enregistrés les 1er août 2022 et 12 mai 2023, M. B C, représenté par Me Lecour, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 13 juillet 2022 par laquelle le directeur de l'établissement public de santé mentale de la Guadeloupe (EPSM) lui a infligé la sanction d'exclusion temporaire des fonctions d'une durée de trois mois, dont un mois avec sursis ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, à l'EPSM de la Guadeloupe de le réintégrer dans ses fonctions à compter du 1er août 2022, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous une astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, à l'EPSM de la Guadeloupe de réexaminer son dossier, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous une astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre en tout état de cause à l'EPSM de la Guadeloupe d'effacer tout élément dans son dossier administratif relatif à cette affaire, sous une astreinte de 200 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'EPSM de la Guadeloupe une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, faute d'indépendance et d'impartialité des membres du conseil de discipline saisi ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de la composition irrégulière du conseil de discipline ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tiré de ce qu'il n'a pas été en mesure de présenter ses observations sur un des griefs retenus à son encontre ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que les poursuites pénales engagées à son encontre pour les mêmes faits que ceux fondant la décision litigieuse ont été classées sans suite pour absence d'infraction ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que la décision attaquée est prise sur le fondement de soupçons ;
- les faits sur lesquels repose la décision litigieuse sont entachés d'inexactitude matérielle ;
- la sanction retenue n'est pas proportionnée à la gravité des faits.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2022, l'EPSM de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête et à ce que M. C lui verse une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Des pièces complémentaires enregistrées le 26 mai 2023 produites par l'EPSM de la Guadeloupe en réponse à la demande de pièces faite par le tribunal ont été communiquées.
Un mémoire complémentaire présenté pour M. C a été enregistré le 7 juin 2023 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lubrani, conseiller ;
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public ;
- les observations de M. C, l'EPSM de la Guadeloupe n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C exerce les fonctions d'animateur au sein de l'établissement public de santé mentale (EPSM) de la Guadeloupe depuis le 7 février 2008 en qualité d'agent contractuel sous couvert d'un contrat à durée indéterminée. Par une décision du 13 juillet 2022, le directeur de l'EPSM de la Guadeloupe a infligé à M. C la sanction d'exclusion temporaire des fonctions d'une durée de trois mois, dont un mois avec sursis. Le requérant demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la légalité externe de la décision du 13 juillet 2022 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 40 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité signataire du contrat. / L'agent contractuel à l'encontre duquel une sanction disciplinaire est envisagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes. Il a également le droit de se faire assister par les défenseurs de son choix. / L'intéressé doit être informé par écrit de la procédure engagée et des droits qui lui sont reconnus ". Aux termes de l'article 1-1 du même décret : " I. - Le dossier des agents mentionnés à l'article 1er du présent décret doit comporter toutes les pièces intéressant leur situation administrative, enregistrées, numérotées et classées sans discontinuité. / Ce dossier, de même que tout document administratif, ne peut faire état des opinions ou des activités politiques, syndicales, religieuses ou philosophiques de l'intéressé () ". Enfin, aux termes de l'article 39 du même décret : " Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels sont les suivantes : 1° L'avertissement (). Seul l'avertissement n'est pas inscrit au dossier de l'agent () ".
3. Par un courrier du 27 avril 2022, M. C a été invité à prendre connaissance de l'intégralité de son dossier administratif, préalablement à la réunion du conseil de discipline qui s'est tenue le 1er juillet 2022.
4. Tout d'abord, il ne ressort d'aucune pièce que le dossier consulté par M. C aurait alors présenté un caractère incomplet par rapport au dossier soumis au conseil de discipline. En particulier, il n'est pas établi que le dossier communiqué à M. C n'aurait pas compris les deux avertissements des 23 juin et 8 octobre 2015 et la note de la cadre coordinatrice du 24 novembre 2017.
5. Ensuite, M. C soutient que le dossier personnel transmis au conseil de discipline était irrégulier, en ce qu'il comprenait les deux avertissements des 23 juin et 8 octobre 2015 lui ayant été infligés du fait de la production tardive d'arrêts maladie, en méconnaissance de l'article 39 du décret précité, aux termes duquel l'avertissement n'est pas inscrit au dossier de l'agent. S'il n'est pas contesté que ces pièces étaient effectivement jointes au dossier, cette circonstance n'a privé l'intéressé d'aucune garantie, dès lors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que cette mention irrégulière dans le dossier de M. C aurait exercé une influence sur le sens de l'avis du conseil de discipline et de la sanction infligée, fondés sur des manquements disciplinaires qu'auraient commis l'intéressé au cours de l'année 2019 et non sur ceux ayant entraîné les avertissements de 2015.
6. Enfin, l'allégation selon laquelle les membres du conseil de discipline n'auraient pas été en mesure se prononcer en toute indépendance, eu égard aux pressions du président du conseil de discipline enjoignant aux membres de proposer une sanction, est démentie par les termes mêmes de l'avis du conseil de discipline du 1er juillet 2022, dont il ressort qu'aucune des quatre sanctions proposées n'a pu obtenir l'accord de la majorité des membres du conseil de discipline, ce qui est de nature à révéler l'absence de contraintes relatives à la nécessité de proposer une sanction pesant sur les membres du conseil de discipline. En tout état de cause, à supposer même, ainsi que le soutient le requérant, que les membres du conseil de discipline se soient crus obligés de prononcer une sanction plus lourde que l'avertissement ou le blâme, qui peuvent être prononcés sans avis préalable du conseil de discipline, il ressort du procès-verbal de la réunion du conseil de discipline que les représentants de l'administration et les représentants du personnel s'opposaient de manière irrévocable sur la nature de la sanction, dès lors que les représentants de l'administration refusaient d'infliger une sanction plus légère qu'une exclusion temporaire des fonctions avec retenue de traitement pour une durée de deux mois, assortie d'un sursis d'un mois, alors que les représentants du personnel refusaient quant à eux toute sanction plus lourde que l'exclusion temporaire des fonctions avec retenue de traitement pour une durée d'un mois et quatre jours, assortie d'un sursis d'un mois, qui a été mise au vote et n'a pas recueilli de majorité du fait de l'opposition des représentants de l'administration. Il suit de là qu'aucune proposition de sanction - ou d'absence de sanction - n'aurait pu, dans tous les cas, recueillir l'accord de la majorité des membres présents du conseil de discipline. Ainsi, compte tenu des résultats des différents votes qui traduisaient une divergence d'appréciation irrémédiable entre les représentants du personnel et de l'administration, la circonstance, à la supposer même avérée, que les membres du conseil de discipline aient été contraints de proposer l'infliction d'une sanction, n'a pas été susceptible d'exercer une influence sur le sens de l'avis rendu par le conseil de discipline qui a déclaré " n'avoir pas réussi à trouver un consensus " faute d'accord d'une majorité sur une proposition de sanction et, par conséquent, de priver M. C d'une garantie. Par suite, le moyen tiré de que la décision attaquée aurait été prise à l'issue d'une procédure irrégulière en raison du défaut d'indépendance et d'impartialité des membres du conseil de discipline doit être écarté en toutes ses branches.
7. En deuxième lieu, la circonstance que les membres du conseil de discipline aient décidé de faire une pause en cours de séance est sans incidence sur la régularité de l'avis rendu par le conseil de discipline, dès lors que cet incident ne peut être regardé comme constitutif d'une modification de la composition du conseil de discipline.
8. En troisième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorité disciplinaire aurait fondé la sanction infligée à M. C sur des griefs autres que ceux figurant dans le dossier individuel de l'intéressé, qui lui a été communiqué préalablement à la séance du conseil de discipline et dont a été saisi ledit conseil de discipline, nonobstant la mention erronée de la décision attaquée selon laquelle les faits commis par M. C présenteraient un caractère " récidiviste ".
Sur la légalité interne de la décision du 13 juillet 2022 :
9. En premier lieu, la circonstance que les poursuites pénales engagées à l'encontre du requérant à la suite de la plainte de Mme A aient été abandonnées par une décision de classement sans suite pour infraction insuffisamment caractérisée ne fait pas obstacle à ce que les faits à l'origine de la plainte soient retenus à l'appui d'une procédure disciplinaire par l'autorité investie du pouvoir disciplinaire, qui n'est pas liée par les appréciations de l'autorité de poursuite en matière pénale. Par conséquent, M. C n'est pas fondé à soutenir que le directeur de l'EPSM de la Guadeloupe aurait commis une erreur de droit en édictant la décision litigieuse en dépit du classement sans suite des poursuites pénales engagées à son encontre.
10. En deuxième lieu, M. C soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur sur la matérialité des faits.
11. Il ressort des pièces du dossier que, pour prendre la décision litigieuse, le directeur de l'EPSM a considéré que M. C avait commis des faits " constitutifs d'un harcèlement " après avoir diligenté une enquête administrative interne à la suite d'un signalement effectué par Mme A le 27 septembre 2019. Cette enquête administrative a consisté en une série d'entretiens menés entre le 27 septembre et le 4 octobre 2019 par le directeur lui-même auprès de plusieurs membres du personnel de l'EPSM - dont M. C - appelés à donner leur ressenti sur la plausibilité des faits dénoncés et, plus généralement, sur la personnalité des deux protagonistes, Mme A et M. C. Un compte-rendu anonymisé de ces divers entretiens a été réalisé par le directeur de l'établissement le 8 novembre 2019 qui a conclu, à l'issue de son compte-rendu, que les faits dénoncés par Mme A étaient " suffisamment caractérisés " en notant toutefois qu'une divergence importante existait entre les différentes personnes entendues quant à l'interprétation des faits litigieux, certains d'entre eux percevant " une succession de comportements affectueux, amicaux, chaleureux sans intention de nuire, caractéristiques de la personnalité de M. C et pouvant facilement être cadrés lorsqu'ils deviennent débordants " tandis que d'autres y voyaient " des gestes déplacés, dégradants, inappropriés relevant d'un harcèlement dont ils ont été les témoins plus ou moins proches ".
12. S'il est vrai, ainsi que l'affirme le requérant, que certains témoignages retranscrits dans le compte-rendu d'enquête administrative du 8 novembre 2019 présentent de légères contradictions, notamment en terme chronologique, et que les personnes interrogées, et particulièrement le compagnon de Mme A, ne peuvent être regardés comme des témoins objectifs, ces éléments, consubstantiels à tout compte-rendu d'entretiens impliquant des témoins aux personnalités divergentes, ayant été amenés à côtoyer et à nouer des liens professionnels et personnels avec les protagonistes de l'enquête, ne suffisent pas à priver le compte-rendu détaillé réalisé par le directeur de l'EPSM de toute valeur probante. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment du compte-rendu en question, qui révèle que les entretiens ont été réalisés auprès d'agents alternativement plus ou moins proches de l'un et l'autre des protagonistes, que l'auteur de l'enquête aurait recueilli ses éléments d'information auprès d'un échantillon tronqué et partial du personnel.
13. Il est constant que M. C n'hésitait pas à se montrer tactile envers Mme A, la tenant par les hanches ou par la taille, l'enlaçant, au moins jusqu'au mois de janvier 2019, date à laquelle Mme A lui a publiquement enjoint de cesser tout contact physique à son endroit. Si M. C soutient que ces contacts étaient consentis, il ressort toutefois des pièces du dossier que Mme A s'est plainte auprès de certaines collègues à compter du mois de septembre 2018 du comportement insistant de M. C, propos qu'elle a réitérés de manière constante et précise auprès du directeur de l'EPSM et lors du dépôt de sa plainte. En outre, bien qu'aucun témoin n'indique avoir assisté directement à de tels comportements non-désirés envers Mme A, la quasi-totalité des personnes interrogées dans le cadre de l'enquête administrative fait état du caractère de " séducteur ", " dragueur " de M. C. A cet égard, plusieurs membres du personnel féminin interrogées évoquent ainsi avoir subi des avances de l'intéressé, alors qu'une témoin indique avoir entendu par le passé " une employée [se plaignant] de façon informelle de l'insistance avec laquelle M. C la courtisait ". Si une partie du personnel voit dans ce comportement une preuve " d'immaturité " ne portant pas à conséquence, dès lors qu'un " recadrage " - terme utilisé par plusieurs agents, même ceux apparaissant proches de M. C - suffisait à faire cesser ces agissements, la nécessité avérée de " recadrer " M. C révèle la persistance d'un comportement déplacé de l'intéressé à l'égard du personnel féminin, non désiré par ses destinataires, de nature à corroborer les allégations de Mme A quant à la réalité du comportement dévalorisant de M. C à son égard et de la promiscuité physique que ce dernier lui imposait. La circonstance, d'une part, que Mme A et M. C aient initialement entretenu de rapports cordiaux et, d'autre part, que certains membres n'aient pas été assisté, ou n'aient pas été troublés par le comportement de M. C, ne permet pas de remettre en cause la réalité des agissements susmentionnés.
14. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le comportement de M. C a suscité chez Mme A un sentiment de malaise et d'oppression grandissant, la conduisant à mettre en œuvre des " stratégies d'évitement ", ainsi que le confirme une des personnes entendues dans le cadre de l'enquête administrative. Mme A a également dénoncé auprès du directeur les tentatives d'intimidation de M. C consécutivement à ces évènements, dont celle impliquant un véhicule, ainsi que sa prise à partie par M. C sur le parking de l'établissement, qui l'aurait insultée, incident dont la réalité est attestée par une personne entendue dans le cadre de l'enquête administrative, évènements de nature à exacerber la situation de tension préexistant entre les deux intéressés. Il ressort à cet égard des pièces du dossier que M. C a déjà été accusé de proférer des discours menaçants à l'encontre de certains agents, dans le cadre de différends l'opposant à ces derniers, leur faisant craindre l'existence de représailles à leur encontre. De manière générale, il est établi par les pièces versées au dossier que le sentiment d'oppression vécue par Mme A, causé par le comportement de M. C, a contribué à son isolement au sein du service et à une anxiété croissante.
15. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'autorité disciplinaire aurait fondé sa décision sur de seuls soupçons, ou des faits dont la matérialité ne serait pas établie. A supposer même le moyen soulevé, il n'est pas plus fondé à soutenir que l'auteur de la décision aurait commis une erreur d'appréciation en considérant que les faits relevés étaient de nature à justifier une sanction disciplinaire.
16. En troisième lieu, aux termes de l'article 39 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière : " Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels sont les suivantes : 1° L'avertissement ; 2° Le blâme ; 3° L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours ; 3° bis L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de quatre jours à six mois pour les agents recrutés pour une durée déterminée et de quatre jours à un an pour les agents sous contrat à durée indéterminée ; 4° Le licenciement, sans préavis ni indemnité de licenciement. " Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
17. Compte tenu de la gravité des faits reprochés à M. C, dont la matérialité est suffisamment établie par les pièces du dossier ainsi qu'il l'a été dit au point 15, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire n'a pas pris à son encontre une sanction disproportionnée en lui infligeant la sanction d'exclusion temporaire des fonctions d'une durée de trois mois dont un mois avec sursis.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C la somme sollicitée par l'EPSM de la Guadeloupe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Partie perdante dans l'instance, M. C ne peut qu'être débouté de ses conclusions présentées sur le même fondement.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'EPSM de la Guadeloupe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à l'établissement public de santé mentale de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience publique du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Guiserix, président,
M. Antoine Lubrani, conseiller,
Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé
A. LUBRANI
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. CETOL
4
N° 1901371
8
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026