mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200800 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP IMBERT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 18 juillet 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de la Guadeloupe la requête de M. B A, enregistrée le 22 avril 2022 au tribunal administratif de Paris.
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés au greffe du tribunal administratif de la Guadeloupe le 21 juillet 2022 et le 14 septembre 2023, M. B A, représenté par la Selarl IFK Avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité d'un montant total de 199 366 euros, en réparation du préjudice financier qu'il estime avoir subi en raison du refus de l'Etat de lui verser diverses indemnités liées à l'exercice de ses fonctions, somme assortie des intérêts légaux à compter du 21 décembre 2021, avec capitalisation de ceux-ci à compter du 6 août 2020 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 10 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi ;
3°) d'enjoindre à l'Etat de transférer 100,5 jours de son compte épargne-temps sur son régime de retraite additionnelle de la fonction publique ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il se désiste de sa demande de transfert de ses jours stockés sur son compte épargne-temps à son régime de retraite additionnelle de la fonction publique, car le ministre de l'Intérieur y a fait droit au cours du mois de juin 2023 ;
- il avait le droit au versement, par le ministère de l'Intérieur, de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise selon le barème du groupe 1 RIFSEEP des attachés d'administration de l'Etat dès lors qu'il occupait un poste d'attaché principal d'administration de l'Etat depuis le 1er janvier 2019, ce qui représente un manque à gagner d'un montant total de 11 700 euros depuis trente-neuf mois ;
- il avait le droit au versement, par le ministère de l'Intérieur, de l'indemnité mensuelle de technicité des personnels du ministère de l'Economie et des Finances, dès lors que les agents placés en position normale d'activité continuent à bénéficier des primes et indemnités versées dans leur corps d'appartenance, ce qui représente un manque à gagner d'un montant total de 3 783 euros depuis trente-neuf mois ;
- il avait le droit au versement de la prime spécifique de fonctions attribuée aux chargés de mission auprès des secrétaires généraux pour les affaires régionales, dès lors qu'il bénéficiait du statut de chargé de mission auprès de la préfecture de Guadeloupe, ce qui représente un manque à gagner d'un montant de 28 000 euros pour trente-neuf mois ;
- il avait le droit au versement de la dotation de fonctionnement des commissaires à la vie des entreprises et du développement productif pendant trois années, ce qui représente un manque à gagner d'un montant de 155 883 euros ;
- ainsi, en refusant de lui verser l'ensemble de ces indemnités auxquelles il avait le droit, l'Etat lui a causé un préjudice financier, qu'il évalue à la somme totale de 199 366 euros ;
- l'ensemble de ces manquements fautifs de l'administration lui a également causé un préjudice moral, qu'il évalue à la somme de 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2023, le ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2024, le ministre de l'Intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de versement de l'indemnité mensuelle de technicité et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête relatives à l'indemnité mensuelle de technicité dès lors qu'il a fait droit à cette demande par un virement de 4 053,18 euros sur sa paye d'avril 2024 ;
- les autres moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 9 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 20 mai 2024.
Par un courrier du 15 mai 2024, M. A a été invité à régulariser ses conclusions à fin d'indemnisation de son préjudice moral et de son préjudice financier relatif au refus de versement de la dotation de fonctionnement des commissaires à la vie des entreprises et du développement productif pendant trois années, en produisant la décision prise sur réclamation préalable tendant au versement des sommes d'argent dont il sollicite le paiement dans la présente instance, en application des dispositions combinées des articles R. 421-1 et R. 612-1 du code de justice administrative.
Un mémoire a été enregistré le 3 juin 2024 pour le ministre de l'Intérieur, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat ;
- code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Roux,
- et les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui exerçait ses fonctions en tant qu'attaché auprès du ministère des finances depuis le 1er avril 1994, a été placé en position normale d'activité auprès de la préfecture de Guadeloupe le 24 janvier 2018. Par un courrier du 21 décembre 2021, reçu le 24 décembre suivant, M. A a demandé à la ministre de l'Economie de lui verser diverses indemnités auxquelles il estimait avoir le droit. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé sur ce recours gracieux. Par un courrier du 9 août 2022, reçu le 16 août suivant, M. A a demandé au ministre de l'Intérieur de lui verser diverses indemnités auxquelles il estimait avoir le droit. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 199 euros.
Sur le désistement partiel des conclusions à fin de transfert des jours de son compte épargne-temps sur son régime de retraite :
2. Dans son mémoire complémentaire, enregistré le 14 septembre 2023, M. A a déclaré qu'il renonçait à sa demande de transfert des jours stockés sur son compte épargne-temps dans le cadre de la présente instance, dès lors que le ministre de l'Intérieur avait fait droit à sa demande au cours du mois de juin 2023. Il doit être considéré comme s'étant désisté purement et simplement des conclusions de sa requête à fin de transfert des jours de son compte épargne-temps. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'enregistrement de la requête, le ministre de l'Intérieur a décidé d'accorder à M. A l'indemnité mensuelle de technicité pour un montant supérieur à celui de sa requête, de 4 053,18 euros, versée sur sa rémunération du mois de juin 2024. M. A, à qui les écritures du ministre de l'Intérieur ont été communiquées, ne conteste pas cet état de fait. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête relatives au versement de l'indemnité mensuelle de technicité.
Sur les conclusions indemnitaires restantes :
A titre liminaire, en ce qui concerne la liaison du contentieux indemnitaire :
4. D'une part, en vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ". Enfin, le 5° de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.
5. En l'espèce, si M. A produit à l'appui de sa requête introductive d'instance, une réclamation indemnitaire préalable en date du 21 décembre 2021, adressée à la ministre de l'Economie, qui l'a reçue le 24 février suivant, il résulte des dispositions précitées que sa demande a été implicitement rejetée le 24 avril 2021 et qu'il disposait alors d'un délai de recours contentieux franc de deux mois à l'encontre de cette décision, malgré l'absence d'information des voies et délais de recours par l'administration. Par suite, la requête indemnitaire de M. A, initialement enregistrée le 22 avril 2022 après du tribunal administratif de Paris était tardive. Enfin, il résulte de ce qui a été exposé ci-dessus que, si le ministre de l'Intérieur n'était pas compétent pour statuer sur cette demande, il n'avait en tout état de cause pas à transférer la demande d'un agent public à l'administration compétente.
6. Toutefois, d'autre part, lorsqu'un requérant a introduit devant le juge administratif un contentieux indemnitaire à une date où il n'avait présenté aucune demande en ce sens devant l'administration et qu'il forme, postérieurement à l'introduction de son recours juridictionnel, une demande auprès de l'administration sur laquelle le silence gardé par celle-ci fait naître une décision implicite de rejet avant que le juge de première instance ne statue, cette décision lie le contentieux. La demande indemnitaire est recevable, que le requérant ait ou non présenté des conclusions additionnelles explicites contre cette décision, et alors même que le mémoire en défense de l'administration aurait opposé à titre principal l'irrecevabilité faute de décision préalable, cette dernière circonstance faisant seulement obstacle à ce que la décision liant le contentieux naisse de ce mémoire lui-même.
7. En l'espèce, M. A a également produit le 23 décembre 2022, à l'appui de son recours contentieux, une réclamation préalable au 9 août 2022 adressée au ministre de l'Intérieur tendant au transfert de 110,5 jours de son compte épargne-temps, au rattrapage financier de son régime indemnitaire RIFSEEP, de son indemnité et de sa prime de chargé de mission SGAR, pour la période de septembre 2018 à mars 2022. Cette réclamation, si elle a été reçue le 16 août 2022 par les services du ministre de l'Intérieur, soit postérieurement à l'introduction de la requête de M. A, a toutefois donné naissance à une décision implicite de rejet du ministre de l'Intérieur dans le délai de deux mois suivant sa réception, avant la date du présent jugement, et a ainsi été de nature à lier le présent litige sur les postes de préjudices sur lesquels elle porte.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'indemnisation de son préjudice moral et de son préjudice financier dû au refus de lui verser la dotation de fonctionnement des commissaires à la vie des entreprises et du développement productif pendant trois années :
8. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". La condition tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, régularisant ce faisant la requête.
9. En l'absence, au jour du présent jugement, de toute décision du ministre de l'Intérieur rejetant la demande indemnitaire de M. A tendant à l'indemnisation du préjudice moral qu'il estime avoir subi et du préjudice financier dû au refus de lui verser la dotation de fonctionnement des commissaires à la vie des entreprises et du développement productif pendant trois années, malgré la demande de régularisation envoyée par le tribunal en ce sens, les conclusions de sa requête à fin d'indemnisation de ces postes de préjudices sont irrecevables.
En ce qui concerne l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise :
10. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat, dans sa version applicable au litige : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret. / Des arrêtés du ministre chargé de la fonction publique, du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé fixent, après avis du comité technique compétent ou du Conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat, la liste des corps et emplois bénéficiant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, le cas échéant, du complément indemnitaire annuel mentionné à l'alinéa précédent. () ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. / Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. / Le nombre de groupes de fonctions est fixé pour chaque corps ou statut d'emploi par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. / Ce même arrêté fixe les montants minimaux par grade et statut d'emplois, les montants maximaux afférents à chaque groupe de fonctions et les montants maximaux applicables aux agents logés par nécessité de service. / Le versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est mensuel. ". Enfin, aux termes de l'article 3 du même décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise fait l'objet d'un réexamen : () 3° En cas de changement de grade à la suite d'une promotion. ". L'arrêté du 3 juin 2015, pris pour l'application des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 aux membres du corps interministériel des attachés d'administration de l'Etat, applicable aux attachés relevant du ministère de l'Intérieur en vertu d'un arrêté du 17 décembre 2015, fixe le nombre de groupes de fonctions ainsi que les montants applicables aux agents concernés par grade et statut d'emplois, qui sont en l'espèce, au minimum, de 2 500 euros pour les attachés principaux d'administration en services déconcentrés et, au maximum, de 36 210 à 20 400 selon le groupe de fonction en services déconcentrés.
11. Les modalités de mise en œuvre de ce nouveau régime indemnitaire ont été précisées par différentes instructions ministérielles, dont l'instruction du ministre de l'Intérieur du 22 mai 2017, qui contient des dispositions réglementaires dont les agents peuvent se prévaloir à l'appui de leurs conclusions, dès lors que ni le décret du 20 mai 2014 ni l'arrêté du 3 juin 2015 ne déterminent le montant minimal de l'IFSE par groupe de fonctions, la répartition exacte des fonctions entre les différents groupes, ou les modalités précises du réexamen du montant de l'IFSE au cas de changement de fonctions. En vertu de cette instruction, il est notamment prévu que, pour les agents en position normale d'activité entrant au ministère de l'Intérieur, le versement, la détermination du groupe de fonction pour le calcul de l'IFSE et le montant de cette indemnité dépend du ministère de l'Intérieur, et le montant indemnitaire qui leur est versé doit être égal au montant des primes de fonction perçues dans leur ministère d'origine, dans le respect des plafonds fixés par arrêté. Cette instruction dispose également qu'en cas d'avancement de grade d'attaché au grade d'attaché principal, le montant annuel brut d'indemnisation est de 3 000 euros.
12. En l'espèce, il résulte de ce qui a été exposé ci-dessus que le ministre de l'Intérieur était compétent pour déterminer le groupe de fonctions auquel appartenait M. A concernant le montant de son IFSE, ainsi que le montant de l'indemnité accordée et son versement. D'une part, si M. A soutient qu'il aurait dû être rattaché au groupe 1, ou à défaut au groupe 2, pour le calcul de son IFSE, il résulte des écritures du ministre de l'Intérieur qu'il a été rattaché au groupe 4, dès lors qu'il n'exerçait pas de fonctions d'encadrement et n'occupait aucun poste correspondant aux emplois-types des groupes 1 et 2, fixés par l'annexe 1 de l'instruction du ministre de l'Intérieur du 22 mai 2017. En se prévalant uniquement de son avancement de grade, M. A n'apporte aucun élément permettant d'apprécier le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice de ses fonctions et justifiant qu'il soit rattaché aux groupes 1 ou 2, lesquels correspondent à des fonctions d'encadrement, ou de chargé de mission ayant des fonctions nécessitant un niveau d'expertise ou de technicité important et exigeant. D'autre part, M. A, qui ne produit aucun document permettant d'établir le montant de l'IFSE qu'il touchait lorsqu'il exerçait ses fonctions au ministère de l'Economie, ne conteste pas qu'il était rattaché au groupe 4 dans son administration d'origine et percevait une IFSE d'un montant de 16 800 euros bruts annuels, ni qu'il a perçu une indemnité d'un montant de 16 800 euros bruts annuels à compter de son placement en position normale d'activité auprès du ministère de l'Intérieur, le 1er septembre 2018, augmentée à un montant de 19 800 euros bruts annuels à compter du 1er janvier 2019 jusqu'au 31 décembre 2021, suite à son avancement du grade d'attaché au grade d'attaché principal. Il s'ensuit que, contrairement à ce que soutient M. A, le ministre de l'Intérieur a revalorisé le montant de son IFSE à la suite de son avancement de grade. En tout état de cause, en produisant uniquement un barème RIFSEEP pour le 1er janvier 2017, dont la provenance n'est pas précisée, le requérant ne justifie pas suffisamment du calcul du manque à gagner qu'il estime à hauteur de 11 700 euros et, par suite, du préjudice financier qu'il estime avoir subi concernant le versement de son IFSE. Il s'ensuit que M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait dû être rattaché au 1er ou au 2e groupe de fonctions pour le calcul de l'IFSE et à solliciter, par voie de conséquence, l'indemnisation de ce manque à gagner par l'Etat.
En ce qui concerne la prime spécifique de fonctions aux chargés de mission auprès des secrétaires généraux pour les affaires régionales :
13. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 4 mai 2010 fixant les montants de référence de la prime spécifique de fonctions attribuée aux chargés de mission auprès des secrétaires généraux pour les affaires régionales : " Une prime spécifique de fonctions est attribuée aux agents exerçant les fonctions de chargé de mission auprès des secrétaires généraux pour les affaires régionales prévus aux articles 4, 5 et 6 du décret n° 2009-589 du 25 mai 2009 susvisé. ". Cet article, qui est entaché d'une erreur de plume doit toutefois être regardé comme renvoyant au décret n° 2009-587 du 25 mai 2009 relatif aux missions des secrétaires généraux pour les affaires régionales, dont l'article 4 dispose : " Les chargés de mission assistent le secrétaire général pour les affaires régionales pour une ou plusieurs de ses missions et sont placés sous son autorité. / Lorsqu'ils sont mis à disposition par leur administration d'origine, les chargés de mission peuvent continuer à y effectuer une partie de leur service ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " I. - Toute vacance d'emploi de chargé de mission constatée ou prévisible fait l'objet, par le Premier ministre, d'un avis de vacance publié au Journal officiel de la République française ainsi que par voie électronique sur le site internet de la bourse interministérielle de l'emploi public du ministère chargé de la fonction publique. / Dans un délai de trente jours à compter de la publication de la vacance au Journal officiel, les candidatures à l'emploi considéré sont adressées au préfet de région. / II. - La nomination à cet emploi est prononcée par arrêté du Premier ministre, sur proposition du préfet de région, pour une durée ne pouvant excéder trois ans () ".
14. En l'espèce, si M. A se prévaut de ses fonctions exercées en tant que commissaire à la vie des entreprises et au développement productif, il ne résulte pas de l'instruction qu'il ait été nommé au sein du ministère de l'Intérieur par arrêté du Premier ministre, sur proposition du préfet de région, après la publication d'une vacance d'emploi au Journal officiel de la République française, mais par un arrêté du ministre de l'Economie et des Finances. Par suite, M. A, qui ne remplissait pas les conditions pour être regardé comme exerçant les fonctions de chargé de mission au sens de l'arrêté du 4 mai 2010, ne pouvait par conséquent pas prétendre au bénéfice de la prime spécifique de fonctions attribuée aux chargés de mission auprès des secrétaires généraux pour les affaires régionales.
15. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. A tendant au transfert des jours de son compte épargne-temps sur son régime de retraite.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant au versement de l'indemnité mensuelle de technicité.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer et au ministre de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Le Roux, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
J. LE ROUX
Le président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026