jeudi 26 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200836 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SOREZE DAMPROBE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 août et 12 décembre 2022, M. A C demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Capesterre-Belle-Eau à lui verser la somme de 23 395,83 euros ;
2°) d'enjoindre à la commune de Capesterre-Belle-Eau de lui communiquer l'arrêté modifiant son régime indemnitaire ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Capesterre-Belle-Eau la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en date du 21 octobre 2021 portant reconstitution de carrière n'a pas été appliqué ;
- les prélèvements sur sa rémunération ont été réalisés à tort sur les mois de février à avril 2022, lui causant un préjudice évalué à 15 000 euros ;
- compte tenu des différences entre le net à payer apparaissant sur ses bulletins de salaire de février à avril 2022 et les sommes effectivement versées sur son compte bancaire, il est fondé à demander la somme de 4 288,40 euros ;
- il est fondé à demander les sommes de 376 euros et 231,43 euros respectivement au titre de la régularisation de son traitement pour les mois de mars et avril 2022 ;
- il est fondé à demander la somme de 17 000 euros au titre des préjudices subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2022, la commune de Capesterre-Belle-Eau conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, à titre sursitaire, à son rejet au fond.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- les moyens de la requête sont infondés.
La requête a été communiquée à la direction régionale des finances publiques, en qualité d'observateur.
Par un courrier en date du 4 juin 2025, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction du requérant, tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Capesterre-Belle-Eau de lui communiquer l'arrêté portant modification de son régime indemnitaire, dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif d'adresser à l'administration des injonctions à titre principal, en dehors des cas prévus par les articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bakhta, conseillère,
- les conclusions de Mme Créantor, rapporteure publique,
- et les observations de M. C.
La commune de Capesterre-Belle-Eau n'était ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est agent public titulaire de la commune de Capesterre-Belle-Eau au grade de technicien principal de 1ère classe au septième échelon depuis le 27 novembre 2020 en application de l'arrêté du 21 octobre 2021 portant reconstitution de carrière. Par deux courriers du 19 mai et 2 juin 2022, M. C a demandé à la commune de lui verser les arriérés de salaire pour les mois de février, mars et avril 2022 ainsi que l'indemnisation résultant du prélèvement à tort de certaines sommes sur sa rémunération et des retards de salaire. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de condamner la commune de Capesterre-Belle-Eau à lui verser la somme globale de 23 395,83 euros.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable au présent litige : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. ".
3. Il résulte de l'instruction qu'aux termes de l'arrêté en date du 21 octobre 2021, M. B était, à la date du 27 novembre 2020, technicien principal de 1ère classe au 7ème échelon de ce grade, correspondant à l'indice IB 604 et IM 508. Il résulte également de l'instruction qu'en janvier et février 2022, le requérant était rémunéré sur la base de l'indice brut 528 et l'indice majoré 452. Si, en défense, la commune se prévaut du fait que le protocole de suspension de conflit en date du 24 février 2022 prévoyait que les arrêtés de reconstitution de carrière seraient appliqués à compter du mois de mars 2022 et que les rappels correspondants seraient mis en œuvre à compter de janvier 2023, ce document, dépourvu de valeur juridique, n'est pas de nature à remettre en cause le caractère exécutoire de l'arrêté du 21 octobre 2021. Par suite, en ne rémunérant pas le requérant sur la base des indices propres à son garde et à son échelon pour les mois de janvier et février 2022, en méconnaissance du caractère exécutoire de plein droit de l'arrêté du 21 octobre 2021, la commune de Capesterre-Belle-Eau a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
4. En deuxième lieu, le requérant fait également valoir que la commune a commis une faute dès lors que les sommes à payer pour les mois de février, mars et avril 2022 indiquées sur ses bulletins de paie sont distinctes de celles effectivement versées sur son compte bancaire. Il est constant que le net à payer, tel qu'il résulte des bulletins de paie, correspondait respectivement pour les mois de février, mars et avril 2022 à 2 419,23 euros, 4361,02 euros et 3 311,45 euros. Il résulte également du courrier du maire de la commune en date du 27 avril 2022, premièrement, en ce qui concerne le mois février, qu'en raison d'une erreur de saisie, une retenue a été effectuée à tort sur son salaire alors qu'elle ne concernait que le mois de janvier 2022, secondement, en ce qui concerne le mois de mars 2022, le comptable public a opéré des retenues sur le salaire pour paiement non autorisés des jours non travaillés. Cependant, bien que, comme il a été dit, les montants entre les net à payer et les sommes versées ne soient pas identiques, le requérant ne démontre pas l'existence d'une faute imputable à la commune de Capesterre-Belle-Eau, distincte de l'erreur de saisie reconnue par la commune, dans le mandatement ou l'ordonnancement de sa rémunération.
5. En troisième lieu, si le requérant soutient qu'il est fondé à demander la régularisation d'une différence de rémunération de 376 euros pour le mois de mars et 231,46 euros pour le mois d'avril 2022, ce moyen n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant du préjudice financier :
6. D'une part, le requérant ne se prévaut d'aucun préjudice financier quant au mois de janvier 2022, en ne formulant aucune demande indemnitaire pour ce chef de préjudice. D'autre part, si le requérant se prévaut d'un préjudice financier de 1123,11 euros pour le mois de février 2022, le requérant ne démontre pas le lien de causalité entre la faute retenue au point 3 et le préjudice financier allégué, dès lors qu'il impute ce dernier à une différence de rémunération entre le montant indiqué sur sa fiche de paie et celui réellement versé sur son compte bancaire. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la commune a commis une erreur de saisie conduisant à des retenues non justifiées sur le salaire du mois de février. Cependant, il résulte de l'instruction que ces retenues ont fait l'objet d'une mesure de régularisation donnant lieu à remboursement sur la rémunération du mois de mars 2022. Enfin, compte tenu de ce qui a été dit au point 4 du présent jugement, aucune autre faute imputable à la commune n'est démontrée dans l'ordonnancement de la rémunération du requérant. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires se rapportant au préjudice financier ne peuvent être que rejetés.
S'agissant du préjudice moral :
7. Le requérant prévaut d'un préjudice moral et de troubles dans ses conditions d'existence dû au retard dans le paiement de sa rémunération. Cependant, en se bornant à se prévaloir de ce préjudice sans apporter aucun autre élément, il n'en démontre pas la réalité. Par suite, ces conclusions indemnitaires ne peuvent être que rejetés.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. En dehors des cas prévus par les articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, il n'appartient pas au juge de l'excès de pouvoir d'adresser des injonctions à l'administration. Si M. C demande qu'il soit enjoint à la commune de lui communiquer l'arrêté relatif à son régime indemnitaire, il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait adressé une demande en ce sens à l'administration. Par suite, et comme les parties en ont été informées, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. C doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Capesterre-Belle-Eau, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au maire de la commune de Capesterre-Belle-Eau.
Délibéré après l'audience du 12 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Laurent Santoni, président,
Mme Charlotte Ceccarelli, première conseillère,
Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2025.
La rapporteure,
Signé
K. BAKHTA
Le président,
Signé
J-L. SANTONI
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026