vendredi 3 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ARMAND LIONEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 août 2022 et 20 avril 2023, Mme A C, représentée par Me Armand, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 24 mai 2018 par laquelle la rectrice de l'académie de la Guadeloupe l'a informée du non-renouvellement de son contrat de travail à durée déterminée à compter du 1er septembre 2018 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de la Guadeloupe de la réintégrer et de procéder à la reconstitution de sa carrière au regard des compétences acquises et du nombre d'années effectuées au sein de l'administration ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 67 000 euros, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subi ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article 9 de la loi du 9 janvier 1986 et l'article 30 de la loi du 12 mars 2012 ;
- au regard de la multiplicité de ses contrats à durée déterminée, elle devait bénéficier d'un contrat à durée indéterminée ;
- la responsabilité de l'Etat doit être engagée en raison de l'illégalité de la décision du 24 mai 2018 ;
- le recours abusif à des contrats à durée déterminée successifs par l'académie de la Guadeloupe présente un caractère abusif, de nature à engager la responsabilité pour faute de l'Etat ;
- elle est fondé à solliciter l'indemnisation de ses préjudices financier et moral à hauteur de 67 000 euros.
Par une ordonnance en date du 5 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 juillet 2023.
Par un courrier du 11 août 2023, Mme C a été invitée, en application de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, à régulariser dans un délai d'un mois les conclusions indemnitaires de sa requête par la production de la décision par laquelle le rectrice de l'académie de la Guadeloupe a rejeté sa réclamation indemnitaire préalable ou, dans l'hypothèse où un rejet implicite aurait été opposé à cette demande, de la preuve de la réception par l'administration d'une telle réclamation.
Par courrier en date du 20 septembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité, pour tardiveté, des conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 mai 2018.
Un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, a été produit par la rectrice de l'académie de la Guadeloupe, soit postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Mme A C a été admise à l'aide juridictionnelle totale par décision du 29 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bakhta, conseillère
- les conclusions de M. Lubrani, rapporteur public,
- les observations de Mme B, représentant la rectrice de l'académie de Guadeloupe.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " Il résulte de ces dispositions que lorsque la notification ne comporte pas les mentions requises, ce délai n'est pas opposable.
2. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse en date 24 mai 2018 ne mentionnait pas les voies et délais de recours. Il n'est pas contesté que cette décision a été notifiée à Mme C le 31 mai 2018. En tout état de cause, la requérante fait valoir, sans l'établir, avoir formé un recours gracieux le 1er juillet 2019 contre cette décision. Elle avait ainsi connaissance de la décision litigieuse, au plus tard, à cette date et disposait d'un délai d'un an pour la contester. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 24 mai 2018, qui ont été présentées par la requête enregistrée le 30 août 2022, sont tardives et irrecevables.
4. Par suite, les conclusions de Mme C à fin d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction applicable à compter du 1er janvier 2017 : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".
6. Il résulte de l'instruction que Mme C demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une somme de 67 000 euros en réparation des préjudices résultant du non-renouvellement de son contrat et du recours abusif à des contrats à durée déterminée. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que Mme C a saisi la rectrice de l'académie de la Guadeloupe d'une demande indemnitaire préalable à la saisine du juge administratif. En dépit de la demande de régularisation dans un délai d'un mois qui lui a été adressée par lettre du 11 août 2023, Mme C n'a pas, à l'expiration du délai qui lui était imparti, régularisé sa requête par la production de la décision par laquelle la rectrice de l'académie de la Guadeloupe a rejeté sa réclamation indemnitaire préalable ou, dans l'hypothèse où un rejet implicite aurait été opposé à cette demande, de la preuve de la réception par l'administration d'une telle réclamation. Ainsi, en l'absence de liaison du contentieux, les conclusions indemnitaires présentées par Mme C sont irrecevables et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles tendant à la condamnation de l'Etat aux entiers dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la rectrice de l'académie de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 20 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Nadège Mahé, présidente,
Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
K. BAKHTA
La présidente
Signé
N. MAHE
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026