lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2200957 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2022, la société France Mode Industrie prise en la personne de sa représentante légale Mme B A, représentée par Me Désiré, demandent au tribunal de la Guadeloupe :
1°) de prononcer la décharge de la redevance d'archéologie préventive d'un montant de 6.694,00 euros ainsi que la taxe d'aménagement d'un montant de 87.848,00 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761- 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'autorisation d'urbanisme concernée n'est pas mentionnée dans les décisions attaquées ;
- elle aurait dû être exonérée de la taxe d'aménagement et de la redevance d'archéologie préventive dans la mesure où elle a demandé le retrait du permis de construire délivré par le maire de Pointe-à-Pitre ;
- aucune précision relative au taux appliqué à la taxe d'aménagement n'est indiquée ni même la superficie de la construction qui aurait été réalisée ;
- l'absence de précisions sur les décisions attaquées l'empêche de vérifier l'assiette, le taux d'imposition ou l'abattement de 50 % auquel elle a droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2023, la direction régionale des finances publiques de Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Biodore a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 29 juillet 2019, le maire de la commune de Pointe-à-Pitre a délivré un permis de construire n° PC 971 120 18 31001 à la société France Mode Industrie portant sur la construction de commerces et d'entrepôts d'une surface plancher de 2 250 m² situés rue Henri Dessout-lieudit Bergevin. La société France Mode Industrie a été destinataire de trois titres de perception émis par la direction régionale des finances publiques de Guadeloupe les 26 octobre 2020 et 3 septembre 2021, mettant à sa charge la taxe d'aménagement et la redevance d'archéologie préventive pour un montant total de 165 809 euros. La société France Mode Industrie a formé un recours gracieux contre ces titres de perception et a bénéficié d'une suspension de paiement. Par trois mises en demeure du 27 juin 2022, la direction régionale des finances publiques de Guadeloupe a majoré les sommes initialement dues de 10 %. Par la présente requête, la société France Mode Industrie demande au tribunal de prononcer la décharge de l'obligation de payer les sommes en cause.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de liquidation () ". Il résulte de ces dispositions que tout titre exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la dette. En application de ce principe, l'ordonnateur ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.
3. En l'espèce, si la société France Mode Industrie soutient que les mises en demeure qui lui ont été adressées en juin 2022 ne comportent aucune précision lui permettant de vérifier l'assiette, le taux d'imposition ou l'abattement de 50 % auquel elle a droit, il résulte de l'instruction que les titres de perception qui lui ont été adressés préalablement en octobre 2020 et septembre 2021 indiquent que la créance en litige correspond respectivement à la taxe d'aménagement et à la redevance d'archéologie préventive afférentes au permis de construire délivré le 29 juillet 2019, pour la construction de commerce et d'entrepôt d'une surface plancher de 2 250 m² situés rue Henri Dessout lieu-dit Bergevin. Les titres de perception mentionnent par ailleurs la surface taxable totale créée de la construction et le nombre de places de stationnement situées à l'extérieur de la construction. Enfin, ils indiquent les valeurs forfaitaires applicables et les taux des taxes appliqués aux projets, ainsi que les montants des taxes mises à la charge du contribuable. Ainsi, à supposer que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des titres de perception soit soulevé, celui-ci manque en fait.
En ce qui concerne le bien-fondé des taxes en litige :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au présent litige : " Les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature soumises à un régime d'autorisation en vertu du présent code donnent lieu au paiement d'une taxe d'aménagement, sous réserve des dispositions des articles L. 331-7 à L. 331-9. / () / Le fait générateur de la taxe est, selon les cas, la date de délivrance de l'autorisation de construire ou d'aménager, celle de délivrance du permis modificatif, celle de la naissance d'une autorisation tacite de construire ou d'aménager, celle de la décision de non-opposition à une déclaration préalable ou, en cas de constructions ou d'aménagements sans autorisation ou en infraction aux obligations résultant de l'autorisation de construire ou d'aménager, celle du procès-verbal constatant l'achèvement des constructions ou des aménagements en cause ". Aux termes de l'article L. 331-10 du même code : " L'assiette de la taxe d'aménagement est constituée par : 1° La valeur, déterminée forfaitairement par mètre carré, de la surface de la construction ; 2° La valeur des aménagements et installations, déterminée forfaitairement dans les conditions prévues à l'article L. 331-13. / La surface de la construction mentionnée au 1° s'entend de la somme des surfaces de plancher closes et couvertes, sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 mètre, calculée à partir du nu intérieur des façades du bâtiment, déduction faite des vides et des trémies ". Enfin, aux termes de l'article L. 331-30 : " Le redevable de la taxe peut en obtenir la décharge, la réduction ou la restitution totale ou partielle : / 1° S'il justifie qu'il n'a pas donné suite à l'autorisation de construire ou d'aménager ; / 2° Si, en cas de modification de l'autorisation de construire ou d'aménager, il est redevable d'un montant inférieur au montant initial ; / () ".
5. En l'espèce, le fait générateur de la taxe d'aménagement est constitué par la délivrance du permis de construire n° PC 971 120 18 31001 délivré le 29 juillet 2019 pour la construction de commerce et d'entrepôt d'une surface plancher de 2 250 m² avec 17 places de stationnement. Le taux communal appliqué est de 8 % et le taux départemental de 2,5 % comme l'indique le titre de perception émis par la direction régionale des finances publiques de Guadeloupe. Si la société requérante fait valoir qu'elle a demandé le retrait de ce permis de construire et que, de ce fait, elle n'aurait pas dû être assujettie, force est de constater qu'elle n'établit pas qu'elle n'aurait procédé à aucuns travaux, ni qu'elle aurait obtenu une modification de l'autorisation de construire initiale. En outre, sa requête n° 2101245 contre la décision implicite de rejet de sa demande de retrait par le maire de Pointe-à-Pitre a été rejetée par décision du tribunal du 26 janvier 2023. Dès lors, la société France Mode Industrie n'est pas fondée à solliciter la décharge de la taxe d'aménagement mise à sa charge au titre de cette autorisation d'urbanisme.
6. En outre, si la société France Mode Industrie soutient que l'administration a commis des erreurs dans le calcul de l'assiette et de la redevance d'archéologie préventive, ce moyen, non assorti de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être écarté, la société requérante ne contestant pas la valeur forfaitaire ou les taux appliqués par l'administration, ni ne justifiant de ce que les surfaces taxables retenues ne seraient pas conformes à la réalité, ni même n'indiquant à quel titre elle aurait dû bénéficier d'un abattement.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 524-2 du code du patrimoine : " Il est institué une redevance d'archéologie préventive due par les personnes () projetant d'exécuter des travaux affectant le sous-sol et qui : / a) Sont soumis à une autorisation ou à une déclaration préalable en application du code de l'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 524-4 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fait générateur de la redevance d'archéologie préventive est : / a) Pour les travaux soumis à autorisation ou à déclaration préalable en application du code de l'urbanisme, la délivrance de l'autorisation de construire (), la délivrance du permis de construire modificatif () ". Aux termes de l'article L. 524-7 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : " Le montant de la redevance d'archéologie préventive est calculé selon les modalités suivantes : / I. - Lorsqu''elle est perçue sur les travaux mentionnés au a de l'article L. 524-2, l'assiette de la redevance est constituée par la valeur de l'ensemble immobilier déterminée dans les conditions prévues aux articles L. 331-10 à L. 331-13 du code de l'urbanisme. / Le taux de la redevance est de 0,40 % de la valeur de l'ensemble immobilier. ".
8. Il résulte de la combinaison des dispositions citées ci-dessus que la redevance d'archéologie préventive repose sur la même assiette que la taxe d'aménagement. Il s'ensuit qu'il y a lieu d'écarter pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 5 et 6 les moyens dirigés contre la redevance d'archéologie préventive.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 331-12 du code de l'urbanisme, alors applicable : " Un abattement de 50 % est appliqué sur ces valeurs pour : () / 3° Les locaux à usage industriel ou artisanal et leurs annexes, les entrepôts et hangars non ouverts au public faisant l'objet d'une exploitation commerciale et les parcs de stationnement couverts faisant l'objet d'une exploitation commerciale
10. Le droit à l'abattement de 50 % prévu au 3° de l'article L. 331-12 précité s'apprécie à la date de délivrance du permis de construire ou de la décision de non-opposition, au regard de la destination de la construction telle qu'elle a été précisée dans la demande de permis ou la déclaration, de ses caractéristiques et de tout autre élément pertinent porté à cette date à la connaissance de l'administration. En l'espèce, la société requérante qui ne justifie pas avoir demandé à bénéficier d'un abattement de 50 % lors de sa demande de permis n'est pas fondée à soutenir que son droit à abattement n'a pas été mis en œuvre.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la société France Mode Industrie doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société France Mode Industrie est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société France Mode Industrie et à Mme B A et au directeur régional des finances publiques de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Biodore, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
V. BIODORELe président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026