mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2201005 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MATHURIN KANCEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 septembre 2022 et 14 septembre 2023, Monsieur B A, représenté par Me Saint-Clément demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2021 relative à l'application du protocole d'accord du 27 juin 2021 ;
2°) de condamner l'établissement Routes de Guadeloupe à verser au requérant la somme de 10 820 euros au titre de la revalorisation de son régime indemnitaire du 1er janvier 2016 au 1er janvier 2020 ;
3°) de mettre à la charge du C ", la somme de 2500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée porte atteinte au principe d'égalité entre les agents puisque certains de ses collègues ont bénéficié d'un régime indemnitaire revalorisé ;
- qu'elle porte atteinte au principe de rémunération pour service fait.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 août et le 17 octobre 2023, l'Etablissement public de gestion d'entretien et d'exploitation des Routes de Guadeloupe, dit C ", représenté par Me Mathurin Kancel conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. A le versement d'une somme de 2000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ceccarelli, première conseillère,
- les conclusions de Mme Créantor, rapporteure publique,
- et les observations de Me Kancel, représentant le C ".
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été embauché à compter du 1er janvier 2009 par le C " au grade de technicien supérieur territorial, puis il a été promu technicien principal de 2ème classe en 2011, et a fait valoir ses droits à la retraite à compter du 1er février 2020. Par un courrier avec accusé de réception en date du 24 septembre 2021, M. A a demandé à son employeur le versement de la somme de 7 600 euros correspondant à la revalorisation de son régime indemnitaire pour la période s'étendant de janvier 2016 à janvier 2020. Par courrier en date du 23 novembre 2021, le C " a refusé de faire droit à sa demande. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner son employeur au versement de la somme totale de 10 820 euros au titre de la revalorisation de son régime indemnitaire.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
2. Aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'État. / Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions, de l'engagement professionnel et, le cas échéant, des résultats collectifs du service. / ().". Aux termes de l'article 2 du décret du 6 septembre 1991 : " Pour la détermination du montant des indemnités sont seuls pris en compte les emplois inscrits au budget de la collectivité ou de l'établissement effectivement pourvus () ". Selon ces dispositions, et dans les limites imposées par le principe d'équivalence et par les dispositions réglementaires spécifiques à chaque prime ou indemnité, une délibération doit fixer, notamment, la nature des éléments indemnitaires, leurs conditions d'attribution (bénéficiaires, périodicité, critères éventuels de modulation du montant individuel, etc.), leur taux moyen et les crédits ouverts. Il appartient, ensuite, sur la base de la délibération, à l'autorité territoriale de déterminer par arrêté le montant individuel attribué à chaque agent. Le respect du principe d'égalité entre les agents publics ne s'oppose pas à l'institution de différences dans le régime indemnitaire dont ils bénéficient, fondées sur des différences dans les conditions d'exercice de leurs fonctions ou sur les nécessités du bon fonctionnement du service auquel ils appartiennent.
3. En premier lieu, M. A fait valoir que son employeur a violé le principe d'égalité en refusant de procéder, à la différence de ses collègues, à la revalorisation de son régime indemnitaire. Il ressort des pièces du dossier que la revalorisation du régime indemnitaire des agents de " Routes de Guadeloupe " s'est effectuée en deux temps, sur la base d'un protocole d'accord en date du 27 juin 2017 ; tout d'abord par le biais d'une revalorisation des taux à compter du 1er janvier 2017 ; puis par l'intégration d'une prime dans le cadre de l'instauration du nouveau régime indemnitaire (RIFSEEP). Ce protocole d'accord a fait l'objet d'une approbation par délibération du 17 juillet 2017, laquelle a été retirée par une nouvelle délibération du 13 novembre 2017 suite aux observations du contrôle de légalité. La première étape de la revalorisation indemnitaire est entrée en vigueur en décembre 2017. Par un arrêté en date du 5 décembre 2017, il a été fait application du nouveau régime indemnitaire au requérant dans la même mesure que pour ses collègues techniciens territoriaux. La revalorisation indemnitaire s'est poursuivie dans le cadre de la mise en place progressive du régime indemnitaire RIFSEEP ; à compter du mois de décembre 2018 pour une certaine catégorie de personnel, et à compter du 1er décembre 2020 pour les personnels de catégorie A et B de la filière technique, à laquelle appartenait M. A. Dès lors que les actes à caractère réglementaire ne disposent que pour l'avenir, M. A ne peut solliciter l'application rétroactive de ce nouveau régime indemnitaire compte tenu de ce qu'il a exercé ses droits à la retraite à compter du 1er février 2020. Il ne peut non plus se prévaloir utilement d'une atteinte au principe d'égalité, puisque n'étant plus en activité à la date d'entrée en vigueur du régime RIFSEEP, le 1er décembre 2020, il ne se trouvait pas dans une situation similaire à celle de ses collègues toujours en poste. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. A fait valoir que son employeur a violé le principe de rémunération pour service fait en refusant de procéder à la revalorisation de son régime indemnitaire. Il est toutefois démontré par le C " qu'il a toujours perçu une rémunération pour service fait correspondant à son cadre d'emploi, et sans aucune distinction opérée avec les agents du même grade. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions de M. A aux fins d'indemnisation doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge du C " qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas non plus lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une quelconque somme à la charge du requérant.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Monsieur B A et au C ".
Copie, pour information, en sera adressée au préfet de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Santoni, président,
- Mme Ceccarelli, première conseillère,
- Mme Bakhta, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. CECCARELLI
Le président,
Signé
J-L. SANTONI
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Signé
M-L. Corneille
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026