jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2201042 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | LANDOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2022, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Goyave a refusé de la nommer à compter du 3 janvier 2022 au grade d'adjoint administratif territorial ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au maire de la commune de Goyave de procéder à sa titularisation à compter du 3 janvier 2022 et, à titre subsidiaire, de procéder au renouvellement de son contrat sous la forme d'un contrat à durée indéterminée ;
3°) de condamner la commune de Goyave à lui verser la somme globale de 5 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi ;
4°) de condamner la commune de Goyave à indemniser le préjudice financier qu'elle estime avoir subi ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Goyave la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision litigieuse est illégale dès lors qu'elle bénéficiait d'un droit à être titularisée ;
- elle est illégale dès lors qu'elle aurait dû bénéficier d'un contrat à durée indéterminée ;
- elle est illégale dès lors que l'emploi qu'elle occupait a été pourvu en méconnaissance des article L. 332-8 à L. 332-12 du code général de la fonction publique et du décret n° 2006-1690 du 22 décembre 2006 ;
- elle est illégale en l'absence de plan de formation et d'entretien dévaluation entre les années 2019 et 2021 ;
- elle est illégale en l'absence de préavis à l'échéance de son dernier contrat ;
- l'illégalité fautive de la décision lui a causé un préjudice moral estimé à 5 000 euros et un préjudice financier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2023, la commune de Goyave, représentée par Me Landot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bakhta, conseillère,
- les conclusions de Mme Créantor, rapporteure publique,
- les observation de Mme B.
La commune de Goyave n'était ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Madame B a été initialement recrutée par la commune de Goyave par un contrat à durée déterminée d'un an, à compter du 1er août 2019 jusqu'au 31 juillet 2020, pour exercer les fonctions de gestionnaire administratif au sein du service " Passeport et carte nationale d'identité " de la police municipale, afin de faire face à un accroissement temporaire d'activité. Ce contrat a été renouvelé à deux reprises, à compter du 1er août 2020 pour une durée de six mois, puis à partir du 1er février 2021 pour la même durée. Le 25 mai 2021, Madame B a conclu avec la commune de Goyave un contrat pour un accroissement saisonnier d'activité d'une durée de 3 mois, prenant effet le 1er juin 2021. Enfin, le 31 août 2021, Madame B a conclu avec la commune de Goyave un dernier contrat de 4 mois, à compter du 1er septembre 2021 jusqu'au 31 décembre 2021, pour occuper le poste de gestionnaire administratif dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. Par courrier en date du 22 juin 2022, notifié le 24 juin suivant, la requérante a demandé au maire de Goyave de régularisation sa situation professionnelle en procédant à sa nomination à compter du 3 janvier 2022 dans le grade d'adjoint administratif territorial, demande rejetée implicitement. Par la présente requête, la requérante demande au tribunal d'annuler cette décision et de condamner la commune de Goyave à l'indemniser des préjudices en résultant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 332-14 du code général de la fonction publique : " Par dérogation à la règle énoncée à l'article L. 311-1, pour des besoins de continuité du service, des agents contractuels territoriaux peuvent être recrutés pour occuper des emplois permanents des collectivités et établissements afin de faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire territorial, sous réserve que cette vacance ait donné lieu aux formalités prévues à l'article L. 313-4. / Le contrat de ces agents est conclu pour une durée déterminée dans la limite d'un an. / Le contrat peut être prolongé dans la limite d'une durée totale de deux ans si, au terme de la durée mentionnée au deuxième alinéa, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi concerné par un fonctionnaire n'a pu aboutir ". Aux termes de l'article L. 327-5 du même code : " Lorsqu'un agent contractuel territorial recruté pour pourvoir un emploi permanent sur le fondement des articles L. 332-8 ou L. 332-14 est inscrit sur une liste d'aptitude d'accès à un cadre d'emplois dont les missions englobent l'emploi qu'il occupe, il peut être nommé en qualité de fonctionnaire stagiaire par l'autorité territoriale, au plus tard au terme de son contrat. L'article L. 313-4 n'est pas applicable ".
3. Mme B soutient qu'elle bénéficie d'un droit à la titularisation eu égard aux modalités selon lesquelles elle a été employée par la commune de Goyave, en qualité d'agent contractuel. Cependant, il ne résulte d'aucune disposition légale ou règlementaire un droit de principe des agents publics contractuels à être titularisés. De plus, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été employée en application des dispositions, alors en vigueur, du 1° du I. de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 pour ses trois premiers contrats, puis en application des dispositions du 2° du I de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984, enfin en application des dispositions de l'article 3-2 de la loi du 26 janvier 1984 pour son dernier contrat, aujourd'hui reprises à l'article L. 332-14 du code général de la fonction publique. Si l'article L. 327-5 du code général de la fonction publique précité prévoit une possibilité de titularisation des agents contractuels recruté sur le fondement de l'article L. 332-14 du même code, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante remplissait les conditions prévues par ces dispositions pour bénéficier de cette possibilité. A cet égard, la circonstance selon laquelle elle aurait donné pleine satisfaction dans l'exercice de ses missions n'est pas de nature à lui conférer un droit à la titularisation. Par suite, le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 332-10 du code général de la fonction publique : " Tout contrat établi ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application de l'article L. 332-8 avec un agent contractuel territorial qui justifie d'une durée de services publics de six ans au moins sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu pour une durée indéterminée. / Pour justifier de la durée de six ans prévus à l'alinéa précédent, l'agent contractuel concerné doit avoir accompli des services auprès de la même collectivité ou du même établissement dans des emplois occupés en application de la présente sous-section ou de l'article L. 332-23. / A ce titre, sont pris en compte : 1° Les services accomplis au titre de l'article L. 452-44 s'ils l'ont été auprès de la collectivité ou de l'établissement ayant ensuite recruté l'intéressé par contrat ; 2° Les services accomplis à temps non complet et à temps partiel qui sont assimilés à des services accomplis à temps complet ; 3° Les services accomplis de manière discontinue, sous réserve que la durée des interruptions entre deux contrats n'excède pas quatre mois. Pour le calcul de la durée d'interruption entre deux contrats, la période de l'état d'urgence sanitaire déclaré sur le fondement des dispositions du code de la santé publique n'est pas prise en compte ".
5. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie d'aucun droit au renouvellement de son contrat. Il résulte en revanche des dispositions citées au point précédent que si une collectivité ou un établissement décide de renouveler l'engagement d'un agent territorial recruté par un contrat à durée déterminée, cette collectivité ou cet établissement ne peut le faire que par une décision expresse et pour une durée indéterminée si l'agent justifie d'une durée de services publics de six ans au moins auprès de la même collectivité ou du même établissement sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique. Dans l'hypothèse où ces conditions d'ancienneté sont remplies par un agent territorial avant l'échéance du contrat, celui-ci ne se trouve pas tacitement transformé en contrat à durée indéterminée. Dans un tel cas, les parties ont la faculté de conclure d'un commun accord un nouveau contrat, à durée indéterminée, sans attendre cette échéance. Elles n'ont en revanche pas l'obligation de procéder à une telle transformation de la nature du contrat, ni de procéder à son renouvellement à son échéance.
6. Si Mme B se prévaut d'un droit à bénéficier d'un contrat à durée indéterminée, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la commune n'était pas tenue de renouveler son contrat à son échéance. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que la requérante a bénéficié de plusieurs contrats à durée déterminée, pour une durée totale de service de deux ans et cinq mois. De lors, eu égard à sa durée de service, et ce, si la commune de Goyave avait souhaité renouveler son contrat, elle n'aurait pas pour autant été tenue de lui proposer de conclure un contrat à durée indéterminée. Par suite, le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, si la requérante soutient que l'emploi qu'elle a occupé a été pourvu en violation des dispositions des article L. 3332-8 à L. 332-12 du code général de la fonction publique et du décret du 22 décembre 2006, elle n'assortit ce moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
8. En quatrième lieu, la circonstance que la requérante n'ait pas bénéficié de plan de formation ni d'entretiens annuels d'évaluation entre les années 2019 et 2021, à la supposer établi, est inopérante à l'égard de la décision litigieuse.
9. En cinquième et dernier lieu, si la requérante fait valoir que son dernier contrat n'a pas fait l'objet d'un préavis l'informant de la fin de sa relation contractuelle avec la commune de Goyave, ce moyen est inopérant à l'encontre de la décision litigieuse et doit, par suite, être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B à fin d'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Goyave a refusé de la nommer à compter du 3 janvier 2022 au grade d'adjoint administratif territorial doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
11. Il résulte de ce qui a été exposé au point précédent que la décision attaquée n'est entachée d'aucune illégalité. Par suite, les conclusions indemnitaires formées par l'intéressée sur le fondement de l'illégalité fautive, ne peuvent qu'être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les frais du litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Goyave, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante la somme demandée par la commune de Goyave au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Le requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de de la commune de Goyave présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présente jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Goyave.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Jean-Laurent Santoni, président,
Mme Charlotte Ceccarelli, première conseillère,
Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
K. BAKHTA
Le président,
Signé
J-L. SANTONI
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026