jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2201108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2022, M. C A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 30 juillet 2022 par laquelle la commune de Terre-de-Haut a rectifié l'erreur matérielle de la délibération du 13 juillet 2021 et a autorisé la vente du terrain cadastré AC 622P1, sis au lieu Morne Mouillage " Verger B ", pour un montant de 5 322 euros ;
2°) d'enjoindre à la commune de Terre-de-Haut de retirer cette délibération, ou, à défaut, de diligenter l'action en désistement du contrat de vente devant le juge judiciaire.
Il soutient que :
- la délibération attaquée est intervenue au terme d'une procédure irrégulière en l'absence d'une information suffisante des conseillers municipaux, en méconnaissance de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales dès lors que, en premier lieu, la parcelle AC 622 p1 n'était pas visée par la délibération du 8 octobre 2004 autorisant la vente de la parcelle AC 496, en deuxième lieu, que la vente n'était pas parfaite au moment du vote, en troisième lieu, que la parcelle en cause est constructible, et, en quatrième lieu, que le maire a manqué d'impartialité en présentant les acquéreurs candidats ;
- elle méconnaît les articles 432-11, 432-12 du code pénal et L. 2131-11 du code général des collectivités territoriales dès lors que l'acquéreur de la parcelle en cause est la cousine du maire ;
- la vente a été autorisée à vil prix ;
- la décision attaquée méconnaît le principe d'égalité dès lors que la commune a autorisé la vente d'autres terrains de son domaine privé à 160 € le m².
La requête a été communiquée à la commune de Terre-de-Haut, qui n'a pas produit d'observation en défense malgré une mise en demeure adressée en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative le 1er février 2024.
Le 24 mai 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que l'affaire était susceptible d'être audiencée au mois de septembre 2024, et que l'instruction était susceptible d'être close à compter du 28 juin 2024.
Par une ordonnance du 7 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés n° 2201109 en date du 19 octobre 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sollier,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 13 juillet 2021, le conseil municipal de Terre-de-Haut a autorisé la vente de la parcelle cadastrée AC 622P1, d'une superficie de 349 m², à Mme D B en contrepartie du paiement de la somme de 5 932,25 euros. Par une délibération du 30 juillet 2022, le conseil municipal de cette commune a rectifié l'erreur matérielle touchant au prix de vente de la parcelle et a fixé celui-ci à 5 322 euros. Par la présente requête, M. C A demande au tribunal administratif d'annuler cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L.2241-1 du code général des collectivités territoriales : " () Toute cession d'immeubles ou de droits réels immobiliers par une commune de plus de 2 000 habitants donne lieu à délibération motivée du conseil municipal portant sur les conditions de la vente et ses caractéristiques essentielles. Le conseil municipal délibère au vu de l'avis de l'autorité compétente de l'Etat. Cet avis est réputé donné à l'issue d'un délai d'un mois à compter de la saisine de cette autorité. "
3. La cession par une commune d'un terrain à des particuliers pour un prix inférieur à sa valeur ne saurait être regardée comme méconnaissant le principe selon lequel une collectivité publique ne peut pas céder un élément de son patrimoine à un prix inférieur à sa valeur à une personne poursuivant des fins d'intérêt privé lorsque la cession est justifiée par des motifs d'intérêt général et comporte des contreparties suffisantes.
4. Il ressort des pièces du dossier que la délibération attaquée, en date du 30 juillet 2022, modifie la délibération n° 09-07-2021 du 13 juillet 2021 autorisant la cession du terrain cadastré AC 622P1, d'une contenance de 349 m², pour fixer le prix de cette cession à 5 322 euros, soit à environ 15,25 euros /m². Cependant, il ressort de l'avis du domaine du 5 août 2022 portant sur la valeur vénale de la parcelle en cause que le prix du m2, établi selon la valeur vénale moyenne calculée à partir de ventes de deux parcelles similaires le 10 février 2020 et le 26 mai 2022, est équivalent à 229,53 €. La commune de terre-de-Haut, qui n'a pas produit de mémoire en défense malgré une mise en demeure adressée sur le fondement de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, ne fait valoir aucun motif d'intérêt général justifiant la différence manifeste ainsi constatée, de 93,36 %, entre le prix de vente arrêté par la délibération attaquée et la valeur vénale de la parcelle cédée, ni ne démontre l'existence de contreparties suffisantes.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la délibération du 30 juillet 2022 par laquelle la commune de Terre-de-Haut a rectifié l'erreur matérielle de la délibération du 13 juillet 2021 et a autorisé la vente du terrain cadastré AC 622P1, sis au lieu Morne Mouillage " Verger B ", pour un montant de 5 322 euros.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'annulation d'un acte détachable d'un contrat de droit privé n'impose pas nécessairement à la personne publique partie au contrat de saisir le juge du contrat afin qu'il tire les conséquences de cette annulation. Il appartient au juge de l'exécution de rechercher si l'illégalité commise peut être régularisée et, dans l'affirmative, d'enjoindre à la personne publique de procéder à cette régularisation. Lorsque l'illégalité commise ne peut être régularisée, il lui appartient d'apprécier si, eu égard à la nature de cette illégalité et à l'atteinte que l'annulation ou la résolution du contrat est susceptible de porter à l'intérêt général, il y a lieu d'enjoindre à la personne publique de saisir le juge du contrat afin qu'il tire les conséquences de l'annulation de l'acte détachable.
7. Il résulte de l'instruction que la vente de la parcelle AB 622P1 a été finalisée par un acte notarié du 30 novembre 2022, à un prix de 5 322 euros. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Terre-de-Haut de saisir dans un délai de deux mois le juge compétent afin de tirer les conséquences de l'annulation prononcée par le présent jugement et, le cas échéant, d'obtenir la restitution du bien.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du 30 juillet 2022 par laquelle la commune de Terre-de-Haut a rectifié l'erreur matérielle de la délibération du 13 juillet 2021 et a autorisé la vente du terrain cadastré AC 622P1, sis au lieu Morne Mouillage " Verger B ", pour un montant de 5 322 euros, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Terre-de-Haut de saisir dans un délai de deux mois le juge compétent afin de tirer les conséquences de l'annulation prononcée par le présent jugement et, le cas échéant, d'obtenir la restitution du bien.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Terre-de-Haut.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Biodore, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La rapporteuse,
Signé
M. SOLLIER
Le président,
Signé
S. GOUÈS La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Chef,
Signé
M-L CORNEILLE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026