jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2201126 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Jamil Houda, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat (la direction régionale des finances publiques de la Guadeloupe) à lui rembourser la somme de 3 072 euros au titre de la créance détenue au Trésor public ;
2°) de condamner l'Etat à lui rembourser la somme de 271,23 euros au titre des frais bancaires et 2 500 euros en réparation de son préjudice moral causé par les anomalies et dysfonctionnements des services de l'Etat ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration a commis plusieurs fautes de nature à engager sa responsabilité : dans la mise en œuvre d'imposition puis ensuite de dégrèvements et en ne prenant pas en compte les paiements qu'il a effectués pour ensuite émettre une majoration ;
- il a subi des préjudices qu'il évalue à 5 843,23 euros.
Une mise en demeure a été adressée le 6 juin 2023 à la direction régionale des finances publiques de la Guadeloupe.
Par ordonnance du 28 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 25 avril 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biodore,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui réside à Morne-à-l'eau, a fait l'objet le 17 novembre 2017 d'un avis à tiers détenteur de part du centre des finances publiques de Morne-à-l'Eau, pour un montant de 1034 euros correspondant à la taxe d'habitation 2016 majorée. Par un courrier du 8 décembre 2017, le centre des finances publiques l'a informé qu'il était débiteur de la somme de 10 653 euros au titre de divers impôts. Un nouvel avis à tiers détenteur lui a été notifié le 20 juillet 2018 relatif à la taxe foncière 2017 d'un montant de 1122 euros. Le requérant a sollicité l'intervention du directeur régional des finances publiques par courrier du 21 novembre 2019 auquel il a été accusé réception le 13 décembre 2019. Par courrier du 26 juin 2020, il a relancé le directeur régional des finances publiques qui n'a pas donné suite. Par courrier du 20 décembre 2021, M. A a formé une demande préalable d'indemnisation du préjudice qu'il estime avoir subi à la suite des fautes commises par le centre des finances publiques de Morne-à-l'eau. Il demande au tribunal d'annuler la décision implicite rejetant sa demande et de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 5 843, 23 euros.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Une faute commise par l'administration lors de l'exécution d'opérations se rattachant aux procédures d'établissement et de recouvrement de l'impôt est de nature à engager la responsabilité de l'Etat à l'égard du contribuable ou de toute autre personne si elle leur a directement causé un préjudice. Un tel préjudice, qui ne saurait résulter du seul paiement de l'impôt, peut être constitué des conséquences matérielles des décisions prises par l'administration et, le cas échéant, des troubles dans ses conditions d'existence dont le contribuable justifie. Le préjudice invoqué ne trouve pas sa cause directe et certaine dans la faute de l'administration si celle-ci établit soit qu'elle aurait pris la même décision d'imposition si elle avait respecté les formalités prescrites ou fait reposer son appréciation sur des éléments qu'elle avait omis de prendre en compte, soit qu'une autre base légale que celle initialement retenue justifie l'imposition. Enfin, l'administration peut invoquer le fait du contribuable ou, s'il n'est pas le contribuable, du demandeur, comme cause d'atténuation ou d'exonération de sa responsabilité.
3. Aux termes de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable au présent litige : " () quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts. Les intérêts courent du jour du paiement. Ils ne sont pas capitalisés ". Il résulte de ces dispositions que la restitution des sommes déjà versées par un contribuable doit être effectuée par le comptable chargé du recouvrement.
4. En l'espèce, M. A invoque la faute commise par les services des impôts de Morne-à-l'eau dans le recouvrement de son imposition. Il argue que des dégrèvements, qui lui ont été accordés, n'ont pas été pris en compte par la suite. Toutefois, il ne produit aucun document de l'administration fiscale l'informant qu'il bénéficiait du dégrèvement total ou partiel de ses impôts comme il le prétend. Par suite, en l'absence d'élément de nature à justifier que l'administration a méconnu les dispositions précitées, sa responsabilité ne peut être engagée.
S'agissant de la créance de 3343,23 euros réclamée :
5. En premier lieu, M. A soutient que le Trésor Public lui est redevable de la somme de 3 343,23 euros. Pour justifier cette créance, il indique avoir bénéficié d'un dégrèvement total d'une part, de la taxe d'habitation 2015 d'un montant de 625 euros qu'il avait payé par chèque et, d'autre part, de la taxe d'habitation 2016 d'un montant de 940 euros passé à 1034 euros après majoration.
6. En second lieu, le requérant fait grief à l'administration fiscale de ne pas avoir imputé les différents dégrèvements dont il a bénéficié, ce qui a eu pour conséquence des avis à tiers détenteur injustifiés selon lui d'un montant de 634 euros au titre de la taxe d'habitation 2017 et de 1122 euros pour la taxe foncière 2017.
7. Toutefois, il résulte de l'instruction que les seuls documents produits par le requérant, à savoir une notification d'avis à tiers détenteur d'un montant de 1 034 euros correspondant à la taxe d'habitation 2016 majorée, une autre de 1 122 euros pour la taxe foncière 2017 majorée et un bordereau de situation édité le 1er décembre 2017 faisant état d'un passif de 10 653 euros, ne permettent pas de justifier ses allégations. En l'espèce, l'intéressé ne verse aucune pièce au dossier de nature à établir la réalité du versement de ces sommes, par exemple comme la copie du talon du chèque ou bien le relevé de son compte bancaire où apparaîtrait la somme prétendument réglée.
S'agissant des frais bancaires :
8. Si M. A soutient avoir subi un préjudice financier tenant au paiement de frais bancaires à la suite des sommes mises à sa charge par les saisies administratives à tiers détenteurs du 27 novembre 2017 et 20 juillet 2018, ce préjudice résulte du seul paiement de l'impôt et ne peut, par suite, ainsi qu'il a été dit au point 3, être indemnisé.
9. Il résulte de tout ce qui précède qu'en l'absence d'éléments tendant à établir une faute de l'administration fiscale dans le recouvrement de l'impôt de M. A, il n'est pas fondé à demander l'indemnisation de ses préjudices.
Sur les frais relatifs au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la direction régionale des finances publiques de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Biodore, conseillère,
Mme Sollier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
V. BIODORE
Le président,
Signé
S. GOUÈS La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière en Chef,
Signé
M-L CORNEILLE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026