mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2201136 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP ZRIBI & TEXIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2022, le syndicat des personnels du SDIS-971-FO demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le préfet de la Guadeloupe et le président du conseil d'administration du service département d'incendie et de secours (SDIS) de la Guadeloupe ont conjointement modifié l'arrêté n°21-00079 du 28 janvier 2021 portant nomination de M. B A au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels, en prévoyant que cette nomination prendrait effet à compter du 28 janvier 2021 ;
2°) de condamner le SDIS de la Guadeloupe et le préfet de la Guadeloupe à lui verser la somme de 1 000 euros en réparation du préjudice subi du fait de l'inexécution du jugement du tribunal administratif de la Guadeloupe n°2100374 en date du 21 juin 2022 ;
3°) de condamner le SDIS de la Guadeloupe et le préfet de la Guadeloupe à lui verser la somme de 1 200 euros au titre des dépens ;
4°) de mettre à la charge du SDIS de la Guadeloupe une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté attaqué modifie l'arrêté du 28 janvier 2021 portant nomination de M. A au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels, lequel a été annulé par un jugement du tribunal administratif de la Guadeloupe du 21 juin 2022 et a ainsi disparu de l'ordonnancement juridique ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que les tableaux d'avancement de grade étant annuels, M. A devait de nouveau figurer sur le tableau d'avancement de grade au titre de l'année 2022 pour pouvoir être nommé au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels ; la procédure préalable à l'avancement de grade prévue à l'article 80 de la loi du 26 janvier 1984 n'a pas été mise en œuvre ; il appartenait au SDIS de reprendre la procédure d'avancement de grade en se référant notamment aux lignes directrices de gestion ; toutefois, la délibération n°2020-2312-03 fixant les lignes directrices de gestion a été annulée par un jugement du 3 mars 2022 ; la reprise de la procédure implique de respecter les dispositions des articles L. 522-26, L. 522-28 et L. 522-29 du code général de la fonction publique ;
- l'arrêté attaqué est entaché de rétroactivité illégale ;
- il constitue une nomination pour ordre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Guadeloupe, représenté par la SCP Zribi et Texier conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet au fond et en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge du syndicat requérant une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que le syndicat requérant ne justifie pas d'un intérêt pour agir et que son signataire n'est pas habilité à le représenter en justice ;
- l'arrêté du 28 janvier 2021 portant nomination de M. A au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels n'ayant été annulé qu'en tant qu'il prenait effet au 18 janvier 2021, il n'a pas disparu de l'ordonnancement juridique ;
- l'arrêté attaqué se borne à assurer l'exécution du jugement du 21 juin 2022 et à assurer la continuité de la carrière de M. A, de sorte qu'il n'est pas entaché de rétroactivité illégale ;
- l'arrêté du 28 janvier 2021 n'ayant été annulé qu'en tant qu'il prenait effet au 18 janvier 2021, la procédure préalable à l'avancement de grade, prévue à l'article 80 de la loi du 26 janvier 1984, n'avait pas à être de nouveau mise en œuvre ;
- si le syndicat requérant se prévaut de l'illégalité de la délibération du 24 décembre 2020 fixant les lignes directrices de gestion, la nomination de M. A ne constitue pas une mesure d'application de cette délibération dès lors que l'intéressé a été promu après avoir réussi l'examen professionnel prévu par l'article 13 du décret n°2016-2008 et après avoir été inscrit sur le tableau d'avancement établi par l'arrêté du 30 décembre 2020 ; ce moyen a de surcroît été expressément écarté par le jugement du 21 juin 2022, lequel est revêtu de l'autorité de la chose jugée ;
- l'arrêté attaqué ne constitue pas une nomination pour ordre.
Par un mémoire enregistré le 21 mars 2023, M. B A, représenté par Me Flamant, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du syndicat requérant une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, l'arrêté attaqué ne fait pas grief au syndicat requérant dès lors qu'il se borne à tirer les conséquences du jugement du 21 juin 2022 et ne modifie pas l'ordonnancement juridique ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle tend à l'annulation d'un acte superfétatoire ;
- l'arrêté du 28 janvier 2021 portant nomination au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels n'ayant été annulé qu'en tant qu'il prenait effet au 18 janvier 2021, il n'a pas disparu de l'ordonnancement juridique ;
- l'arrêté attaqué se borne à assurer l'exécution du jugement du 21 juin 2022 et à assurer la continuité de sa carrière, de sorte qu'il n'est pas entaché de rétroactivité illégale ;
- l'arrêté du 28 janvier 2021 n'ayant été que partiellement annulé, la procédure d'avancement de grade n'a pas à être de nouveau mise en œuvre ;
- le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué constitue une nomination pour ordre n'est pas fondé et a été écarté par le jugement du 21 juin 2022, lequel est revêtu de l'autorité de la chose jugée.
Par une ordonnance du 10 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mars 2023 à 12 heures.
La procédure a été régulièrement communiquée au ministre de l'intérieur, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bentolila, conseillère,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, agent du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Guadeloupe, était titulaire du grade de capitaine de sapeurs-pompiers professionnels depuis le 31 décembre 2014. A la suite de sa réussite à l'examen professionnel pour l'accès au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels le 30 octobre 2020, il a été inscrit au tableau d'avancement à ce grade au titre de l'année 2021, établi par un arrêté du 30 décembre 2020. Par un arrêté du 28 janvier 2021, le ministre de l'intérieur et le président du conseil d'administration du SDIS de la Guadeloupe ont conjointement promu M. A au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels à compter du 18 janvier 2021. Par un jugement n°2100374 du 21 juin 2022, ayant fait l'objet d'une ordonnance en rectification d'erreur matérielle en date du 7 juillet 2022, le tribunal administratif de la Guadeloupe a annulé la décision du 28 janvier 2021, en tant qu'elle prenait effet au 18 janvier 2021. Par un arrêté du 29 juillet 2022 pris conjointement par le préfet la Guadeloupe et par le président du conseil d'administration du SDIS de la Guadeloupe, l'arrêté du 28 janvier 2021 portant nomination de M. A au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels a été modifié, pour prendre effet à compter du 28 janvier 2021. Par la présente requête, le syndicat des personnels du SDIS-971-FO demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 29 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que par le jugement du 21 juin 2022, ayant fait l'objet d'une ordonnance en rectification d'erreur matérielle en date du 7 juillet 2022, le Tribunal n'a annulé l'arrêté du 28 janvier 2021 portant nomination de M. A au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels qu'en tant qu'il prenait effet au 18 janvier 2021, c'est-à-dire en tant seulement qu'il comportait un effet rétroactif, lequel était illégal en l'espèce. Contrairement à ce que soutient le syndicat requérant, cet arrêté n'ayant été que partiellement annulé et n'ayant donc pas disparu, l'arrêté du 29 juillet 2022 pouvait bien le modifier. Par suite, ce moyen, tiré de l'erreur de droit, doit être écarté.
3. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, le jugement du 21 juin 2022 n'ayant pas annulé le principe même de la nomination de M. A au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels, la procédure préalable à un tel avancement de grade, prévue par les dispositions de la loi du 26 janvier 1984 et figurant désormais aux articles L. 522-26 du code général de la fonction publique, n'avait pas à être de nouveau mise en œuvre par l'autorité administrative. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté en toutes ses branches.
4. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 2 du présent jugement, le jugement du 21 juin 2022 a annulé l'arrêté du 28 janvier 2021 portant nomination de M. A au grade de commandant de sapeurs-pompiers professionnels seulement en tant qu'il prenait effet au 18 janvier 2021. Dès lors, en adoptant un nouvel arrêté prévoyant une telle nomination à compter du 28 janvier 2021, lequel se borne à tirer les conséquences du jugement précité, celui-ci n'est pas entaché de rétroactivité illégale. Par suite, ce moyen doit également être écarté.
5. En quatrième et dernier lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, l'arrêté attaqué ayant seulement pour objet de tirer les conséquences du jugement du 21 juin 2022, le moyen tiré de ce qu'il constituerait une nomination pour ordre ne peut également qu'être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 29 juillet 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Il résulte de tout ce qui précède que le jugement du 21 juin 2022 a correctement été exécuté par l'autorité administrative. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, les conclusions indemnitaires formées par le syndicat requérant fondées sur l'inexécution de ce jugement doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du SDIS de la Guadeloupe, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que demande le syndicat des personnels du SDIS-971-FO sur le fondement de ces dispositions.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du syndicat requérant une somme de 1 000 euros à verser à M. A en application des mêmes dispositions. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le SDIS de Guadeloupe sur le même fondement.
10. Enfin, les conclusions principales de la requête du syndicat des personnels SDIS-971-FO, ses conclusions tendant à la condamnation du SDIS de la Guadeloupe et du préfet de la Guadeloupe aux entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des personnels du SDIS-971-FO est rejetée.
Article 2 : Le syndicat des personnels du SDIS-971-FO versera à M. A la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par le SDIS de la Guadeloupe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des personnels du SDIS-971-FO, au service départemental d'incendie et de secours de la Guadeloupe, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à M. B A.
Délibéré après l'audience du 19 mai 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Olivier Guiserix, président,
- M. Antoine Lubrani, conseiller,
- Mme Hélène Bentolila, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
La rapporteure,
Signé
H. BENTOLILALe président,
Signé
O. GUISERIX
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026