jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2201271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par saisine enregistrée le 18 novembre 2022, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a transmis au tribunal, en application de l'article L. 52-15 du code électoral, sa décision du 9 novembre 2022 rejetant le compte de campagne de M. B A, candidat tête de liste à l'élection municipale partielle du 13 mars 2022 et du 20 mars 2022 dans la circonscription de Lamentin (Guadeloupe).
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Seban, demande au tribunal d'écarter le prononcé d'une mesure d'inéligibilité à son encontre.
Il soutient que, s'il n'a pas déposé son compte de campagne, ça n'est pas délibérément, mais en raison d'un contexte personnel et professionnel particulièrement difficile, qui a eu des conséquences sur son état de santé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Mahé, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pierre-Louis, représentant de M. B A.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 52-15 du code électoral : " La commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques approuve et, après procédure contradictoire, rejette ou réforme les comptes de campagne. Elle arrête le montant du remboursement forfaitaire prévu à l'article L. 52-11-1 () / Lorsque la commission a constaté que le compte de campagne n'a pas été déposé dans le délai prescrit, si le compte a été rejeté ou si, le cas échéant après réformation, il fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales, la commission saisit le juge de l'élection () ". Lorsque la commission, après avoir rejeté le compte d'un candidat, saisit régulièrement le juge de l'élection, cette saisine conduit nécessairement le juge, avant de rechercher s'il y a lieu ou non de prononcer l'inéligibilité du candidat et, s'il s'agit d'un candidat proclamé élu, d'annuler son élection ou de le déclarer démissionnaire d'office, à apprécier si le compte de campagne a été rejeté à bon droit par la commission. Si le juge de l'élection estime que le compte n'a pas été rejeté à bon droit, il lui appartient alors, qu'il soit ou non saisi de conclusions en ce sens, de fixer le montant du remboursement dû par l'Etat au candidat.
2. A l'issue des élections municipales partielles de la circonscription de Lamentin (Guadeloupe), qui se sont déroulées le 13 mars 2022 et le 20 mars 2022, M. B A, candidat tête de liste, a obtenu 2,71 % des suffrages exprimés. Par une décision du 22 septembre 2022, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a constaté le défaut de dépôt du compte de campagne de M. B A, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 52-12 du code électoral. En application de l'article cité au point 1, la CNCCFP a, en conséquence, saisi le juge de l'élection de ce constat.
Sur le constat d'absence de dépôt du compte de campagne :
3. Aux termes de l'article L. 52-11-1 du code électoral : " Les dépenses électorales des candidats aux élections auxquelles l'article L. 52-4 est applicable font l'objet d'un remboursement forfaitaire de la part de l'Etat égal à 47,5 % de leur plafond de dépenses. () Le remboursement forfaitaire n'est pas versé aux candidats () qui n'ont pas déposé leur compte de campagne dans le délai prévu au deuxième alinéa de l'article L. 52-12 () ". Aux termes de l'article L. 52-12 du même code : " I.- Chaque candidat ou candidat tête de liste soumis au plafonnement des dépenses électorales prévu à l'article L. 52-11 est tenu d'établir un compte de campagne lorsqu'il a obtenu au moins 1 % des suffrages exprimés (). / Pour la période mentionnée à l'article L. 52-4 du présent code, le compte de campagne retrace, selon leur origine, l'ensemble des recettes perçues et, selon leur nature, l'ensemble des dépenses engagées ou effectuées en vue de l'élection par le candidat ou le candidat tête de liste ou pour son compte, à l'exclusion des dépenses de la campagne officielle. () II.- Au plus tard avant 18 heures le dixième vendredi suivant le premier tour de scrutin, chaque candidat ou candidat tête de liste présent au premier tour dépose à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques son compte de campagne et ses annexes accompagné des justificatifs de ses recettes, notamment d'une copie des contrats de prêts conclus en application de l'article L. 52-7-1 du présent code, ainsi que des factures, devis et autres documents de nature à établir le montant des dépenses payées ou engagées par le candidat ou pour son compte. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que le candidat qui a recueilli au moins 1% des suffrages exprimés est tenu, dans le délai prescrit, de déposer auprès de la CNCCFP son compte de campagne visé par un membre de l'ordre des experts-comptables et des comptables agréés ou, à défaut, de produire un compte de campagne signé par ses soins et accompagné d'une attestation d'absence de dépenses et de recettes établies par son mandataire. Le manquement à l'obligation de déposer un compte de campagne est constitué à la date à laquelle expire le délai imparti au candidat pour procéder à ce dépôt, lequel est impératif et ne peut être prorogé.
5. En l'espèce, M. A, candidat tête de liste, qui a obtenu au moins 1 % des suffrages exprimés lors du scrutin des élections municipales partielles des 13 et 20 mars 2022, disposait pour déposer son compte de campagne d'un délai expirant le 20 mai 2022 à 18 heures. M. A reconnaît dans son mémoire en défense qu'il n'a pas déposé son compte de campagne auprès de la CNCCFP et qu'il n'a pas cherché à justifier ce retard auprès de la commission, notamment suite au constat envoyé par la commission le 9 novembre 2022, l'informant qu'il a méconnu les dispositions de l'article L. 52-12 du code électoral, sauf erreur ou cas de force majeure. Dans ces conditions, c'est à bon droit que la CNCCFP a constaté l'absence de dépôt de son compte de campagne en méconnaissance des dispositions de l'article L. 52-12 du code électoral. Il en résulte que M. A a méconnu des règles substantielles relatives au financement des campagnes électorales auxquelles il ne peut être dérogé.
Sur l'inéligibilité :
6. Aux termes de l'article L.118-3 du code électoral : " Lorsqu'il relève une volonté de fraude ou un manquement d'une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le juge de l'élection, saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, peut déclarer inéligible : 1° Le candidat qui n'a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits à l'article L. 52-12 ; () / L'inéligibilité mentionnée au présent article est prononcée pour une durée maximale de trois ans et s'applique à toutes les élections. Toutefois, elle n'a pas d'effet sur les mandats acquis antérieurement à la date de la décision. () ".
7. En application de l'article L. 118-3 du code électoral, en dehors des cas de fraude, le juge de l'élection ne peut prononcer l'inéligibilité d'un candidat sur le fondement de ces dispositions que s'il constate un manquement d'une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales. Il lui incombe à cet effet de prendre en compte l'ensemble des circonstances de l'espèce et d'apprécier s'il s'agit d'un manquement caractérisé à une règle substantielle relative au financement des campagnes électorales et s'il présente un caractère délibéré.
8. Ainsi qu'il a été dit au point 5, M. A admet dans son mémoire en défense ne pas avoir satisfait à l'obligation de déposer son compte de compagne, il a ainsi méconnu l'obligation substantielle qui résulte de l'article L. 52-12 du code électoral, dont les dispositions sont dépourvues de toute ambigüité. Il soutient cependant avoir été dans une situation personnelle et professionnelle particulièrement difficile durant la campagne électorale et que cette situation l'a conduit au burn-out. Il produit en effet deux certificats médicaux attestant que son état de santé a justifié son hospitalisation du 1er juin 2022 au 13 août 2022 et qu'il n'était pas en mesure d'effectuer les démarches administratives requises et de gérer ses intérêts de façon pertinente durant cette période. S'il produit un courrier daté du 9 août 2022 par lequel il informe la CNCCFP de son incapacité à effectuer les démarches administratives requises en raison de son état de santé, il n'atteste pas ni de l'envoi ni de la réception de ce courrier par la commission, et il est constant qu'il n'a jamais produit les documents demandés, même postérieurement à son hospitalisation, alors qu'il soutient lui-même qu'il détenait l'ensemble des informations et documents requis et que la CNCCFP n'a saisi le juge administratif que le 18 novembre 2022. De plus, le candidat ne conteste pas avoir réceptionné la mise en demeure du 22 septembre 2022 par laquelle la CNCCFP lui a expressément rappelé l'obligation de déposer un compte de campagne et il est constant qu'il n'y a pas répondu et n'a fourni aucune explication pour justifier de son manquement. Dans ces conditions, cette irrégularité, qui doit être regardée comme présentant un caractère délibéré, est constitutive d'un manquement d'une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, qui justifie qu'une sanction d'inéligibilité soit prise à son encontre pour une durée de trois mois à compter de la date à laquelle le présent jugement sera devenu définitif.
D É C I D E :
Article 1er : Le compte de campagne de M. B A est rejeté.
Article 2 : M. B A est déclaré inéligible pour une durée de trois mois à compter de la date à laquelle le présent jugement sera devenu définitif.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Goudenèche, conseillère,
Mme Le Roux, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
Signé
J. C
Le président,
Signé
S. GOUÈS
La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026