mardi 17 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2201344 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2022, M. A B forme opposition à la contrainte émise le 25 octobre 2025 par la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe pour le recouvrement d'une somme totale de 915,43 euros, correspondant à des indus d'allocations de logement sociales, versées à tort, d'une part, de 65,89 euros pour la période du 1er au 30 novembre 2014, à la suite du départ le 14 novembre 2014 de son logement situé à Courseulles-sur-Mer (département du Calvados), et, d'autre part, de 849,54 euros pour la période du 1er mai 2013 au 30 novembre 2014, à la suite du transfert de la créance par une autre caisse d'allocations familiales, à laquelle s'ajoutent les frais de procédure de 158,13 euros.
Il soutient que :
- les faits, qui ont conduit à l'émission de cette contrainte, ne relèvent pas d'une intention frauduleuse, mais d'une négligence de sa part ;
- il n'a pas reçu les deux mises en demeure précédant cette contrainte ;
- le recouvrement des indus est prescrit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2025, la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les indus sont fondés ;
- la créance n'est pas atteinte par la prescription.
Par un courrier du 14 mars 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître du litige, en vertu de l'ordonnance du 17 juillet 2019 relative à la partie législative du livre VIII du code de la construction et de l'habitation, qui prévoit que les décisions de récupération d'indus d'allocations de logement prises avant le 1er janvier 2020 continuent de relever de la compétence de la juridiction judiciaire, ainsi que les décisions subséquentes, adoptées pour le recouvrement du même indu, y compris la contrainte.
Vu :
- la décision du Tribunal des conflits n° 4282 du 9 octobre 2023 ;
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'ordonnance n° 2019-770 du 17 juillet 2019 relative à la partie législative du livre VIII du code de la construction et de l'habitation ;
- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 relatif au Tribunal des conflits et aux questions préjudicielles ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Sabatier-Raffin, par une décision du 3 février 2025, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Sabatier-Raffin ;
- et les observations orales de la représentante de la caisse d'allocations familiales de la Guadeloupe et de Saint-Martin.
M. B n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 777-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a bénéficié de l'allocation de logement sociale par la caisse d'allocations familiales du Calvados, qui a transféré sa créance, à la suite de sa radiation de ladite Caisse, à la date du 30 octobre 2014, pour raison de mutation en Guadeloupe, et qui a été signalée le 22 octobre 2015. Les indus sont constitués de créances, d'une part, d'un montant de 65,89 euros pour la période du 1er au 30 novembre 2014, à la suite du départ de l'intéressé de son logement situé à Courseulles-sur-Mer (département du Calvados), et, d'autre part, de 849,54 euros pour la période du 1er mai 2013 au 31 novembre 2014 en lien avec son changement de situation professionnelle. Par la présente requête, M. B forme opposition à la contrainte.
Sur l'incompétence de la juridiction administrative :
2. En premier lieu, en application de l'ordonnance du 17 juillet 2019, susvisée, relative à la partie législative du livre VIII du code de la construction et de l'habitation, les dispositions, figurant auparavant dans le code de la sécurité sociale, relatives aux allocations de logement, qui comprennent l'allocation de logement sociale et l'allocation de logement familiale, et qui sont au nombre des aides personnelles de logement, ont été intégrées au code de la construction et de l'habitation. Cette même ordonnance a inséré, dans le code de la construction et de l'habitation, l'article L. 825-1, aux termes duquel : "Sous réserve des dispositions de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale qui attribuent au tribunal de grande instance désigné en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire la compétence pour connaître des contestations relatives aux pénalités prononcées en cas de fraude, les recours dirigés contre les décisions prises en matière d'aides personnelles au logement et de primes de déménagement par les organismes mentionnés à l'article L. 812-1 [c'est-à-dire les organismes chargés de gérer les prestations familiales] sont portés devant la juridiction administrative.".
3. En deuxième lieu, en vertu du II de l'article 23 de l'ordonnance du 17 juillet 2019, et par dérogation aux dispositions du I, qui prévoient une entrée en vigueur au 1er septembre 2019 des dispositions de la partie législative du livre VIII du code de la construction et de l'habitation, sous réserve de certaines exception : "Entrent en vigueur le 1er janvier 2020 : / 1° Les dispositions du chapitre V du titre II du livre VIII du code de la construction et de l'habitation, annexées à la présente ordonnance ; ces dispositions s'appliquent aux décisions des organismes payeurs mentionnées au 1° de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation annexé à la présente ordonnance, prises à partir du 1er janvier 2020, ainsi qu'aux décisions prises, à partir de cette même date, par le directeur de l'organisme payeur sur les demandes de remise de dettes mentionnées au 2° de ce même article. Les décisions prises avant le 1er janvier 2020 en matière d'allocation de logement demeurent soumises aux dispositions applicables en matière de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole prévues aux articles L. 142-1 et suivants du code de la sécurité sociale. ().".
4. Les "décisions () mentionnées au 1° de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation", auxquelles les dispositions précitées du II de l'article 23 de l'ordonnance du 17 juillet 2019 font précisément référence, sont, aux termes dudit 1°, les "décisions prises par l'organisme payeur au titre des aides personnelles au logement", et non les décisions prises par le directeur de l'organisme payeur, conformément aux dispositions combinées du premier alinéa et du 1° de l'article L. 825-3, sur les "contestations" des décisions qui lui sont soumises. Ainsi, pour l'application des dispositions précitées de l'article 23 de l'ordonnance du 17 juillet 2019 au recouvrement d'indus d'allocations de logement, à l'exclusion des remises de dettes, les "décisions prises avant le 1er janvier 2020", ou "à partir du 1er janvier 2020", doivent s'entendre des décisions de récupération d'indu. Il s'ensuit que les "décisions prises avant le 1er janvier 2020", qui continuent à relever de la compétence de la juridiction judiciaire en vertu des dispositions précitées, comprennent, s'agissant du recouvrement d'indu d'allocations de logement, non seulement les décisions de récupération d'indu prises avant le 1er janvier 2020, mais aussi les décisions subséquentes, adoptées pour le recouvrement du même indu, y compris la contrainte. La circonstance que la contrainte ait été délivrée après le 31 décembre 2019 sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation et de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale applicables au recouvrement des indus d'allocation de logement à compter du 1er septembre 2019, est sans incidence à cet égard, dès lors que les dispositions de l'article L. 161-1-5 se limitent à renvoyer à la "juridiction compétente" pour statuer sur l'opposition à contrainte, et que la juridiction compétente doit ainsi être déterminée eu égard à la nature de la créance, judiciaire ou administrative, selon le cas, par application des règles précitées de l'article 23 de l'ordonnance du 17 juillet 2019.
5. Il résulte de l'instruction que les indus en litige concernent respectivement une période de mai 2013 à novembre 2014 pour l'un et ce seul dernier mois pour l'autre. Ils ont été notifiés, en recommandé avec avis de réception, par une décision du 11 janvier 2016. Outre cette décision demandant à M. B le remboursement des indus, la caisse d'allocations familiales fait valoir qu'elle a adressé plusieurs courriers recommandés avec avis de réception à l'allocataire (mises en demeure des 16 mars et 6 juin 2016 ; lettre de rappel du 9 août 2017 avant une action en justice ; mise en demeure du 13 mars 2019), qu'elle produit, et tous retournés avec la mention "Pli avisé non réclamé". Les décisions de récupération des indus d'allocation de logement sociale sont en conséquence antérieures au 1er janvier 2020, suivies par d'autres après cette date, dont une au mois de mars 2021. Au cours des discussions à l'audience, la Caisse confirme l'irrecevabilité de la requête de M. B devant le juge administratif sur le fondement des dispositions précitées. Ce litige se rattache ainsi au contentieux général de la sécurité sociale ressortissant au juge judiciaire et non à la juridiction administrative en tant qu'il est relatif à des indus d'allocation de logement sociale dont l'origine est antérieure au 1er janvier 2020 ainsi que les actes de récupération, qui s'y rattachent. Cette allocation constituant une prestation familiale aux termes du 4° de l'article L. 511-1 du code de la sécurité sociale, il y a seulement lieu de renvoyer le requérant à saisir le juge judiciaire en application de l'article 32 du décret du 27 février 2015 susvisé.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les moyens de la requête, que les conclusions à fin d'opposition à contrainte présentées par M. B doivent être en conséquence rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le jugement sera notifié à M. A B et à la caisse d'allocations familiales de de la Guadeloupe et de Saint-Martin.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
P. Sabatier-RaffinLa greffière,
Signé
N. Ismaël
La République mande et ordonne à la ministre chargée du Logement et de la Rénovation urbaine, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Signé
N. Ismaël
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026