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AccueilJurisprudence administrativeN° TA105-2300023

Tribunal Administratif de la Guadeloupe — Décision N° TA105-2300023

jeudi 23 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Guadeloupe
SectionTribunal Administratif de la Guadeloupe
N° DossierTA105-2300023
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 janvier 2023, Mme A B demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de l'impôt sur les revenus au titre de l'année 2019 pour un montant de 20 889 euros à laquelle elle a été assujettie.

Elle soutient qu'elle aurait dû bénéficier du dispositif de réduction d'impôt " Scellier ".

Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2023, le directeur régional des finances publiques de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun moyen soulevé par la requérante n'est fondé.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Biodore, conseillère,

- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier du 16 août 2021, M. et Mme B ont été mis en demeure de déclarer leurs revenus 2019. A la suite de leur déclaration de revenus 2019, une proposition de rectification leur a été adressée le 7 octobre 2021. Ils ont ainsi été assujettis, selon la procédure de taxation d'office, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus fonciers. Mme B a formé une réclamation reçue par l'administration fiscale le 23 février 2022 tendant à la prise en compte d'un déficit foncier d'un montant de 7 800 euros. Par courrier du 28 juin 2022, des pièces complémentaires lui ont été réclamées dans un délai de trente jours. L'intéressée a produit une déclaration 2019 au nom de la SCI Mike pour un bien situé à Paris, acquis dans le cadre du dispositif Scellier secteur intermédiaire, pour lequel elle demande à bénéficier de la réduction d'impôt afférente. Par décision du 27 octobre 2022 notifiée le 9 novembre 2022, l'administration a rejeté sa réclamation. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de prononcer la décharge de la somme de 20 889 euros à laquelle ils ont été assujettis au titre des impôts 2019.

Sur les conclusions à fin de décharge :

Sur le rejet de la déduction du déficit foncier du revenu global :

2. En premier lieu, aux termes du II de l'article 15 du code général des impôts : " Les revenus des logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu () ". L'article 28 du même code dispose que : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété ". Enfin, son article 31, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige, prévoit que : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien, les frais de gérance et de rémunération des gardes et concierges, effectivement supportés par le propriétaire () ".

3. Il résulte de ces dispositions que les charges afférentes aux logements dont le propriétaire se réserve la jouissance ne peuvent pas venir en déduction pour la détermination du revenu foncier compris dans le revenu global soumis à l'impôt sur le revenu. La réserve de jouissance est établie, notamment, par l'accomplissement ou non de diligences ayant pour objet de donner le bien en location. Il appartient donc au propriétaire d'apporter la preuve qu'il a offert à la location pendant l'année en cause le logement resté vacant au titre duquel il demande la déduction de charges foncières, et qu'il a pris toutes les dispositions nécessaires pour le louer. Par ailleurs, il résulte des dispositions de l'article 156 du code général des impôts que les déficits fonciers sont déductibles du revenu global à condition que l'immeuble soit donné en location jusqu'au 31 décembre de la troisième année qui suit l'imputation du déficit sur le revenu.

4. En second lieu, aux termes de l'article 199 septvicies du code général des impôts :

" I. - 1. Les contribuables domiciliés en France au sens de l'article 4 B qui acquièrent, entre le 1er janvier 2009 et le 31 décembre 2012, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale de neuf ans. () II. - La réduction d'impôt n'est applicable qu'aux logements dont les caractéristiques thermiques et la performance énergétique sont conformes aux prescriptions de l'article L. 111-9 du code de la construction et de l'habitation. Le respect de cette condition est justifié par le contribuable selon des modalités définies par décret. () IV. - La réduction d'impôt est calculée sur le prix de revient du logement retenu dans la limite de plafonds par mètre carré de surface habitable fixés par décret en fonction de la localisation du logement et sans pouvoir dépasser 300 000 €. () / La réduction d'impôt est répartie sur neuf années. () VII. - La réduction d'impôt obtenue fait l'objet d'une reprise au titre de l'année au cours de laquelle intervient : 1° La rupture de l'engagement de location () ".

5. Ces dispositions permettent au contribuable ayant acquis, construit ou transformé un logement, directement ou par le truchement d'une société civile non soumise à l'impôt sur les sociétés autre qu'une société civile de placement immobilier, de bénéficier d'une réduction d'impôt dite dispositif " Scellier ", calculée sur le prix de revient du logement retenu pour sa fraction inférieure à 300 000 euros à condition, notamment, qu'il s'engage à louer le logement acquis pendant une période minimale de neuf ans. Cependant, le bénéfice de cet avantage fiscal est subordonné à la condition objective que le locataire fasse effectivement de l'immeuble qui lui est loué par le contribuable, son habitation principale. La condition de location du logement à usage d'habitation principale doit être respectée non seulement au moment de la signature du bail, mais également pendant toute la période de l'engagement de location. Le non-respect de la condition relative à l'affectation des locaux du fait du locataire entraîne la reprise de la réduction d'impôt obtenue au titre de l'année au cours de laquelle intervient le changement d'affectation. La condition en question s'apprécie de façon objective, si bien que la circonstance que les propriétaires auraient accompli des diligences auprès des locataires serait sans incidence, dès lors que le bien n'était pas effectivement occupé par le locataire au titre de sa résidence principale

6. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la SCI MIKE a acquis en état futur d'achèvement un appartement situé à Paris, par acte authentique du 17 mai 2010. La SCI, qui est détenue à parts égales par Monsieur et Madame B, est gérée par Mme C B qui est également titulaire du bail d'habitation pour le logement situé au 53 rue Gauthier à Paris depuis le 1er décembre 2010. Le service vérificateur a relevé que dans sa déclaration de revenus 2019, la requérante a indiqué que ce logement n'était pas productif de loyers tout en déduisant les frais et charges s'y référant. A l'appui de sa requête, Mme B fait valoir qu'à la suite d'un dégât des eaux déclaré auprès de son assurance en juin 2018, elle n'a pu obtenir l'intégralité des loyers dus en 2019, raison pour laquelle elle sollicite la prolongation du dispositif de réduction d'impôt " Scellier intermédiaire ". Toutefois, il n'est pas contesté que le bien loué n'est pas, en 2019, la résidence principale de Mme C B car la taxe d'habitation y a été émise à titre secondaire. Par suite, en l'absence de tout élément de nature à justifier que Mme C B avait pour résidence habituelle et effective le logement donné en location par les requérants, l'administration doit être regardée comme établissant que le logement en cause n'était pas effectivement occupé à titre d'habitation principale par cette dernière au titre de l'année en litige. C'est ainsi à bon droit que le service a considéré que la requérante ne pouvait imputer ses déficits et réductions d'impôts au titre de l'année 2019.

7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander la décharge des impôts réclamés au titre de l'année 2019.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur régional des finances publiques de la Guadeloupe.

Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Santoni, président,

Mme Biodore, conseillère.

Mme Sollier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2025.

La rapporteure,

Signé

V. BIODORE

Le président

Signé

J-L. SANTONI

La greffière,

Signé

A. CETOL

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en Chef,

Signé

M-L CORNEILLE

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