mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300038 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ERNST & YOUNG SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 10 janvier, le 10 mars et le 20 avril 2023, la société Multi Bâtiment Environnement (MBE), représentée par Maître Gilles Especel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R.541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner la communauté d'agglomération Cap Excellence à lui régler par provision la somme de 223 633,09 euros HT, comprenant la somme de 47 353,28 au titre des préjudices subis ;
2°) de condamner la communauté d'agglomération Cap Excellence à lui verser la somme de 5 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a notifié une réclamation à la communauté d'agglomération Cap Excellence le 1er juillet 2022 ;
- elle a immobilisé ses équipements et installation pour pouvoir intervenir depuis mars 2021, dont les frais ont été actés par la communauté d'agglomération ;
- la communauté d'agglomération n'a jamais contesté les sommes en litige ;
- le délai de recours contentieux n'était pas expiré contrairement à ce qui est soutenu ;
- le marché n'est pas arrivé à son terme et donc pas été ajourné ;
- ce n'est pas elle qui a découvert de l'amiante ;
- il n'y a pas eu d'ordre de service d'arrêt ;
- l'article 2.2.4 ne fait pas obstacle à une indemnisation ;
- Cap Excellence a fait preuve d'inertie fautive en laissant s'éterniser les choses ;
- la faute contractuelle est avérée ;
- les préjudices sont largement établis ;
- Cap Excellence s'est bel et bien engagé à lui verser une indemnité de 140 000 euros.
Par deux mémoires en défense, enregistré le 2 mars et le 6 avril 2023, la Communauté d'Agglomération Cap Excellence, représentée par Maître Reynald Briec, conclut au rejet de la requête en faisant valoir la tardiveté du recours, la circonstance qu'elle n'a pris aucune décision d'arrêt du chantier et qu'aucune faute ne saurait lui être imputée. De plus elle rajoute que le marché est arrivé à expiration le 26 mars 2021 et que l'article 2.2.4 règle la procédure en cas de découverte d'amiante. Elle demande, enfin, à ce que la société MBE soit condamnée à lui verser la somme de 2 500 euros, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 15 mai 2023 en présence de Mme Lubino, greffière d'audience :
- le rapport de M. Gouès, juge des référés ;
- les observations de Maître Especel, représentant la société MBE, qui détaille ses écritures ;
- la communauté d'agglomération Cap Excellence n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La Communauté d'Agglomération Cap Excellence a engagé une procédure en vue de l'attribution d'un marché de travaux de désamiantage du bâtiment à destination d'activité tertiaire Tour Lacavé à Pointe-à-Pitre et a attribué le 27 décembre 2019 le marché à la société MBE. Toutefois, après le démarrage des travaux, la société MBE a signalé à la maîtrise d'ouvrage de revoir les diagnostics qui apparaissaient incomplets et/ou erronés. Ainsi, en mars 2021, la Communauté d'Agglomération Cap Excellence a missionné la société Cogeirisk pour une mise à jour du diagnostic avant travaux. Le chantier a été ainsi suspendu et la société MBE, qui a maintenu sur place son matériel avant la reprise des travaux, demande au tribunal de condamner la Communauté d'Agglomération Cap Excellence à lui régler par provision la somme de 223 633,09 euros HT, résultant de cette immobilisation, ensemble le préjudice notamment économique en résultant.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par la communauté d'agglomération Cap Excellence :
2. Si la communauté d'agglomération Cap Excellence soutient que la requête est tardive dès lors qu'elle a été introduite après le délai de 2 mois prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administrative après le refus qu'elle a opposé à sa demande le 6 janvier 2022, toutefois, il ressort de cette décision qu'elle était dépourvue des délais et voies de recours. Par conséquent, en introduisant sa requête un an après cette décision de refus, la société requérante reste dans un délai raisonnable pour son recours devant le tribunal de céans.
Sur le principal :
3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont font état les parties.
4. En l'espèce, il résulte de l'instruction, d'une part, que par un courriel du 30 juillet 2021, la communauté d'agglomération Cap Excellence a acté le fait que " compte-tenu des différents scénarios élaborés conjointement (CAP Excellence, CCET, MBE le 01 juillet 2021), CAP Excellence propose à MBE le scénario 2 de " redémarrage des travaux " sur la base du marché initial, pour un coût prévisionnel de 313 650 euros HT (marché initial + frais d'immobilisation ". D'autre part, le marché initial étant évalué à la somme de 241 500 euros HT, tel qu'il ressort des pièces 1 et 2 du dossier de la société requérante, il est donc acté par la communauté d'agglomération qu'une somme de 72 150 euros HT est dévolue aux frais d'immobilisation de la société MBE, soit 78 282,75 euros TTC avec une TVA au taux de 8,5 %. Si la société allègue que ses frais d'immobilisation s'élèveraient en réalité à la somme de 223 633,09 euros HT, y compris les préjudices subis, toutefois, par les pièces qu'elle produit elle ne l'établit pas clairement, sur les montants engagés au titre de l'immobilisation de son matériel et sur les préjudices qui ne sont pas suffisamment étayés. En conséquence de quoi, il n'est pas sérieusement contestable que la somme provisionnelle de 78 282,75 euros TTC doit être versée à la société requérante par la communauté d'agglomération défenderesse alors que le reste du quantum réclamé n'est pas incontestable au sens des dispositions précitées.
Sur les frais irrépétibles :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner la communauté d'agglomération Cap Excellence à verser la somme de 1 500 euros à la société MBE au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, en application de ces mêmes dispositions, il ne peut être fait droit à la demande de la communauté d'agglomération Cap Excellence, qui est la partie perdante dans la présente affaire.
O R D O N N E :
Article 1er : La communauté d'agglomération Cap Excellence est condamnée à payer à la société MBE une somme de 78 282,75, à titre de provision, dans les conditions rappelées au paragraphe 4 de la présente ordonnance.
Article 2 : La communauté d'agglomération Cap Excellence est condamnée à verser la somme de 1 500 euros à la société MBE, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La demande de la communauté d'agglomération Cap Excellence, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative, est rejetée.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la société MBE et à la communauté d'agglomération Cap Excellence.
Copie en sera adressée au préfet de Guadeloupe et à la Chambre Régionale des comptes de la Guadeloupe.
Fait à Basse-Terre, le 16 mai 2023.
Le juge des référés,
Signé :
S. GOUÈS
La République mande et ordonne au préfet de Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. Cétol
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026