jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300319 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | HODEBAR-LOUIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 mars et 26 juillet 2023, la société par actions simplifiées (SAS) Scopus-Omnibadges, représentée par Me Chulem, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe à lui verser la somme de 17 230,54 euros en règlement de la facture n° FC 2102509 émise le 30 juin 2021, en exécution du bon de commande de matériel d'impression de badges n° ARCHU 180 en date du 9 mars 2021, assortie des intérêts moratoires à compter du 31 août 2021, eux-mêmes capitalisés, ainsi que la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépends.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 30 août 2023, la société Scopus-Omnibadges déclare se désister purement et simplement des conclusions tendant à la condamnation du centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe à lui verser la somme de 17 230,54 euros, le principal ayant été réglé en cours d'instance, et maintient le surplus de ses conclusions.
Elle soutient que l'administration lui est redevable des intérêts moratoires à compter du 31 août 2021, de la capitalisation des intérêts et de l'indemnité pour frais de recouvrement pour un montant de 40 euros.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 mai 2023 et 3 janvier 2024, le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe, représenté par Me Louis Hodebar, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à son rejet au fond, et en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir :
- à titre principal, que le requête est tardive ;
- à titre subsidiaire, que la demande d'intérêts moratoires doit être rejetée en absence de décompte précis, ainsi que celle relative à leur capitalisation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bakhta, conseillère,
- et les conclusions de M. Lubrani, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un bon n° ARCHU 180 en date du 9 mars 2021, le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe a passé commande auprès de la société Scopus-Omnibadges pour un montant total de 17 230,53 euros. Le matériel commandé a été livré le 18 juin 2021 et a donné lieu à l'émission d'une facture n° FC 102509 d'un montant de 17 230,54 euros, établie le 30 juin 2021 et devant être réglée au plus tard le 31 août 2021. Le 20 décembre 2021, la société requérante a mis en demeure le centre hospitalier de régler la facture litigieuse. Dans le dernier état de ses écritures, résultant de son mémoire enregistré le 30 août 2023, la société Scopus-Omnibadges demande au tribunal de condamner le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe à lui verser les intérêts au taux de 8% sur la somme de 17 230,54 euros, leur capitalisation et l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement.
Sur le désistement partiel :
2. Si, dans sa requête, la société Scopus-Omnibadges avait demandé à ce que le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe soit condamné à lui verser la somme de 17 230,54 euros, elle a, dans son mémoire enregistré le 30 août 2023, expressément abandonné ces conclusions. Dès lors, il y a lieu pour le tribunal de ne statuer que sur les conclusions maintenues par la requérante.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat ".
4. Le présent litige résulte de l'exécution d'un marché public. Il ne résulte pas de l'instruction que les parties aient expressément consenti aux dispositions prévues aux deux premiers alinéas de l'article précité. Dès lors, le délai de deux mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative ne peut être utilement opposé par le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions relatives aux intérêts moratoires, à la capitalisation des intérêts et aux frais de recouvrement :
5. Aux termes de l'article L. 2192-12 du code de la commande publique : " Le retard de paiement est constitué lorsque les sommes dues au créancier, qui a rempli ses obligations légales et contractuelles, ne sont pas versées par le pouvoir adjudicateur à l'échéance prévue au marché ou à l'expiration du délai de paiement ". Aux termes de l'article L. 2190-10 du même code : " Les pouvoirs adjudicateurs, y compris lorsqu'ils agissent en tant qu'entités adjudicatrices, paient les sommes dues en principal en exécution d'un marché dans un délai prévu par le marché ou, à défaut, dans un délai fixé par voie réglementaire et qui peut être différent selon les catégories de pouvoirs adjudicateurs. Lorsqu'un délai de paiement est prévu par le marché, celui-ci ne peut excéder le délai prévu par voie réglementaire ". L'article R. 2192-14 de ce code dispose : " La date de réception de la demande de paiement et la date d'exécution des prestations sont constatées par les services du pouvoir adjudicateur ou, le cas échéant, par le maître d'œuvre ou la personne habilitée à cet effet. / A défaut, la date de la demande de paiement augmentée de deux jours fait foi. En cas de litige, il appartient au créancier d'apporter la preuve de cette date () ". Aux termes du point 9 des conditions générales de vente du marché en litige : " Pour une première commande, il est demandé un règlement à la commande. / Pour le règlement des commandes suivantes se fait par chèque, virement ou traite, à échéance de 30 jours date de facture ". Aux termes de l'article L. 2192-13 du code de la commande publique : " Dès le lendemain de l'expiration du délai de paiement ou de l'échéance prévue par le marché, le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est fixé par voie réglementaire. / Il ouvre droit, dans les conditions prévues à la présente sous-section, à des intérêts moratoires, à une indemnité forfaitaire et, le cas échéant, à une indemnisation complémentaire versés au créancier par le pouvoir adjudicateur. / Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par voie réglementaire. / Lorsque les frais de recouvrement exposés sont supérieurs au montant de l'indemnité forfaitaire prévue à l'alinéa précédent, le créancier peut demander une indemnisation complémentaire, sur justification ". Aux termes de l'article R. 2192-31 du code de la commande publique : " Le taux des intérêts moratoires mentionnés à l'article L. 2192-13 est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. ". Enfin, aux termes de l'article D. 2192-35 de ce code : " Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros. ".
6. Il résulte de l'instruction que par un bon n° ARCHU 180 en date du 9 mars 2021, le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe a passé commande auprès de la société Scopus-Omnibadges pour un montant total de 17 230,53 euros. Le matériel commandé a donné lieu à l'émission d'une facture n° FC 2102509 d'un montant de 17 230,54 euros, établie le 30 juin 2021. Le 26 juillet 2023, postérieurement à l'instruction de la requête, le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe s'est acquitté de l'intégralité de cette facture le 26 juillet 2023. La facture litigieuse du 30 juin 2021, prévoyait une date de règlement au 31 août 2021. Cependant, la date de demande de paiement est contestée en défense et, en l'absence de production des plis des accusés réception de la facture en litige, la société requérante n'apporte pas la preuve de la date de réception. Par suite, les intérêts moratoires auxquels la société Scopus-Omnibadges a droit ont commencé à courir à l'issue du délai de trente jours suivant la réception de la réclamation préalable reçue par l'administration le 25 décembre 2021. Dès lors, et en application des dispositions précitées des articles L. 2192-13 et R. 2192-31 du code de la commande publique, la société Scopus-Omnibadges a droit aux intérêts moratoires sur la somme de 17 230,54 euros courant à compter du 26 janvier 2022 et jusqu'au 26 juillet 2023, date de règlement du principal, au taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes en vigueur au 1er janvier 2022, égal à 0%, majoré de huit points, soit au taux de 8%. Par suite, les intérêts moratoires dus s'élèvent à la somme de 2 062 euros.
7. De plus, aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise. ". La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
8. Il résulte de l'instruction que la capitalisation des intérêts mentionnés a été demandée le 17 mars 2023, date d'enregistrement de la requête de la société Scopus-Omnibadges. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 26 janvier 2023, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts.
9. Enfin, en application des dispositions précitées des articles L. 2192-13 et D. 2192-35 du code de la commande publique précitées, la société Scopus-Omnibadges a droit au versement de la somme de 40 euros au titre de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de la facture objet du présent litige, réglée le 26 juillet 2023, soit postérieurement à l'expiration du délai de paiement.
Sur les frais liés au litige :
10. D'une part, la présente instance n'ayant généré aucun dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées par la requérante à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
11. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Scopus-Omnibadges, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la société Scopus-Omnibadges et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la société Scopus-Omnibadges tendant à la condamnation du centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe à lui verser la somme de 17 230,54 euros en règlement de la facture n° FC 2102509 émise le 30 juin 2021.
Article 2 : Le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe est condamné à verser à la société Scopus-Omnibadges la somme de 2 062 euros au titre des intérêts moratoires au taux de 8% sur la somme de 17 230,54 euros à compter du 26 janvier 2022 et jusqu'au 26 juillet 2023. Les intérêts échus à la date du 26 janvier 2023 seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe est condamné à verser à la société Scopus-Omnibadges la somme de 40 euros au titre de l'indemnité pour frais de recouvrement.
Article 4 : Le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe versera à la société Scopus-Omnibadges une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société Scopus-Omnibadges et au centre hospitalier universitaire de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Nadège Mahé, présidente,
Mme Hélène Bentolila, conseillère,
Mme Kenza Bakhta, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La rapporteure,
Signé
K. BAKHTALa présidente,
Signé
N. MAHE
La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
L'adjointe de la greffière en chef,
Signé
A. CETOL
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026