jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300353 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CHEVRY-VALERIUS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 28 mars 2023 et le 26 novembre 2023, M. B, représenté par la SCP Chevry-Valérius, agissant par Me Chevry-Valérius, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 février 2023 par lequel le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné ;
2°) de réexaminer et faciliter sa situation au regard du séjour et de son inscription universitaire conformément à l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République démocratique et populaire algérienne, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
3°) d'ordonner, à titre principal, une médiation entre les parties, et, à titre subsidiaire, lui permettre de se rendre en France hexagonale pour y poursuivre ses études en sciences et techniques des activités physiques et sportives à l'université de Rouen.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il se forme professionnellement en Guadeloupe et qu'il a renouvelé son inscription à l'université des Antilles pour y poursuivre des études au titre de l'année universitaire 2023-2024 ;
- l'arrêté attaqué est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, cette mesure portant atteinte à sa vie privée, dès lors qu'elle lui empêche de finaliser une formation qu'il a entamé et qui est payante, qu'elle le priverait de la reprise des études universitaire au titre de l'année 2023 - 2024 ;
- l'arrêté attaqué porte atteinte à sa liberté d'aller et venir, dès lors qu'il empêche d'effectuer sa rentrée universitaire au titre de l'année 2023-2024 à l'université de Rouen ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de base légale, dès lors qu'il ne vise aucun article ni aucune disposition de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République démocratique et populaire algérienne, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- l'autorité préfectorale et les instances universitaires auraient dû faciliter son inscription universitaire et son séjour en France au regard de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République démocratique et populaire algérienne, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 août 2023, le préfet de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de ce que le requérant ne pourrait faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'il remplirait les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant doit être écarté ;
- le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Par une décision du 20 avril 2023, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Un mémoire, enregistré le 26 novembre 2023 pour M. B, a été communiqué.
Vu :
- l'ordonnance n° 2301067 par laquelle le juge des référés a rejeté la requête présentée par M. B ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République démocratique et populaire algérienne, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, signé à Alger le 27 décembre 1968 ;
- la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789,
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gouès, président.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 27 juin 1994 à Akbil (Algérie), est entré en France le 31 octobre 2022, sous-couvert d'un visa long séjour. Le 5 janvier 2023, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 27 février 2023, le préfet de la Guadeloupe a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le requérant soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de base légale dès lors que le préfet n'a visé aucun article ni aucune disposition de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République démocratique et populaire algérienne, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, signé à Alger le 27 décembre 1968. Il ressort toutefois de l'arrêté attaqué que le préfet a visé cet accord, notamment son article 9 et son titre III. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
4. M. B se prévaut de son investissement pour suivre des études dans le cursus " Sciences et techniques des activités physiques et sportives " (STAPS) ainsi que de son assiduité dans une formation à laquelle il s'est inscrit, en vue de la préparation à l'entrée en école d'aide-soignant au titre des années 2022-2024. Pour en attester, il produit, un accord préalable d'inscription, attestation " Etudes en France " en 3ème année de licence de STAPS délivré par l'université des Antilles le 22 août 2022, un certificat de scolarité au titre de l'année 2023-2024 délivré par l'université de Rouen et en date du 22 août 2023, le calendrier universitaire prévisionnel 2023-2024 de l'université de Rouen, une lettre portant réponse favorable à la candidature du requérant à la formation " Licence STAPS Activités Physiques Adaptées et Santé 3ème année " de l'université de Rouen et en date du 27 juin 2023, un certificat de scolarité du centre " Form'Avenir " au titre de l'année 2022-2023, une attestation d'assiduité à la formation " préparation à l'entrée en école d'aide- soignant pour 2022-2024 " du même centre et en date du 20 mars 2023. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 28 ans dans son pays d'origine. De plus, le requérant n'établit pas être dépourvu de tout lien personnel et familial dans ce dernier et n'établit pas, non plus, avoir des relations personnelles et familiales, stables et anciennes en France. En outre, le requérant se maintient sur le territoire de manière irrégulière depuis le 18 janvier 2023. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ne pourrait pas poursuivre ses études dans son pays d'origine. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le préfet de la Guadeloupe, en édictant l'arrêté attaqué, n'a ni porté au droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
5. En troisième lieu, si le requérant soutient que l'arrêté attaqué porte atteinte à sa liberté d'aller et venir, laquelle est une composante de la liberté personnelle protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, il n'assortit cependant pas son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, la seule circonstance que cet arrêté l'empêcherait d'effectuer sa rentrée universitaire en France hexagonale, ce qu'il établit notamment par la production d'un certificat de scolarité au titre de l'année 2023-2024 délivré par l'université de Rouen, postérieur à l'arrêté attaqué, ne permet pas d'établir en elle-même que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir au regard des motifs sur lesquels il se fonde. M. B n'est d'autant pas privé de sa liberté d'aller et venir puisqu'il lui est loisible après être retourné dans le pays dont il possède la nationalité ou tout autre pays où il est légalement admissible, de solliciter un titre de séjour pour étudier sur le territoire national.
6. En quatrième lieu, si le requérant soutient que l'autorité préfectorale et les instances universitaires auraient dû faciliter son inscription universitaire et son séjour en France au regard de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République démocratique et populaire algérienne, relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, il n'assortit cependant pas ce moyen de précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
7. En cinquième lieu, la faculté pour le juge d'ordonner une médiation en application de l'article L. 213-7 du code de justice administrative constitue un pouvoir propre de celui-ci et il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions tendant à ce qu'il y soit procédé.
8. En sixième et dernier lieu, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, du code de justice administrative, il n'appartient pas au tribunal administratif d'adresser des injonctions à l'administration. Les conclusions du demandeur tendant à ce que lui soit permis à titre subsidiaire, de se rendre en France hexagonale pour y poursuivre ses études en sciences et techniques des activités physiques et sportives à l'université de Rouen, n'entrent pas notamment dans les prévisions de l'article L. 911-1 du code précité. Dès lors, elles sont irrecevables.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Par voie de conséquences, ses conclusions aux fins d'injonction doivent également être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Guadeloupe.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Gouès, président,
Mme Biodore, conseillère,
Mme Sollier, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2024.
Le président rapporteur,
Signé
S. GOUÈS
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
V. BIODORE La greffière,
Signé
A. CETOL
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en Chef,
Signé
M-L CORNEILLE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026