lundi 17 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300425 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ABENAQUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 avril 2023, M. D B, représenté par Maître Françoise Abenaqui, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 12 avril 2023 par lequel le préfet de la Guadeloupe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de réexaminer sa situation ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe, en cas d'éloignement effectif, de mettre en œuvre son retour en Guadeloupe ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est actuellement maintenu au centre de rétention administrative des Abymes et que l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet est susceptible d'être exécutée à tout moment ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de mener une vie privée et familiale normale, garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il vit en Guadeloupe depuis 2016, est en couple depuis 2019 avec une ressortissante française et qu'il est père d'un enfant français né le 17 août 2020 ; il contribue à l'entretien et à l'éducation de cet enfant, dont il s'occupe quotidiennement ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à l'intérêt supérieur de son enfant, protégé par l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2023, le préfet de la Guadeloupe conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence n'est pas caractérisée ;
- il n'est porté aucune atteinte grave et manifestement illégale au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale et à l'intérêt supérieur de son enfant.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif a désigné Mme E, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Lubino, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme E,
- les observations de Me Abenaqui, représentant M. B,
- les observations de M. B, présent et assisté de Mme C A, interprète en langue anglaise,
- le préfet de la Guadeloupe n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est différée au lundi 17 avril 2023 à 15 heures.
M. B a produit des pièces complémentaires le 17 avril 2023 à 12h07, qui ont été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant dominiquais né le 5 mars 1997 à Roseau (Dominique), est entré irrégulièrement sur le territoire français en août 2016, selon ses déclarations. Le 12 avril 2023, il a été placé en garde à vue au commissariat de Pointe-à-Pitre pour conduite d'un véhicule sans permis, sans assurance et défaut de contrôle technique et a fait l'objet d'une vérification du droit de circulation ou de séjour. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Guadeloupe l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce et aux délais dans lesquels le juge des référés doit se prononcer, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ".
5. D'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
6. Si M. B se prévaut de sa qualité de père d'un enfant français né le 17 août 2020, qu'il a reconnu le 22 octobre 2020, les pièces qu'il verse au dossier, à savoir l'acte de naissance de cet enfant, le récépissé de demande de délivrance d'un certificat de nationalité française, ainsi que cinq factures, ne sont pas suffisantes pour établir qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de cet enfant. De plus, lors de son audition par les services de police le 12 avril 2023, il a déclaré que son enfant n'était pas à sa charge. Si son conseil a, lors de l'audience, indiqué que M. B n'avait pas été assisté d'un interprète lors de cette audition, de sorte qu'il n'avait pas été mis en mesure de présenter correctement ses observations, il ressort néanmoins des mentions figurant dans le procès-verbal d'audition produit en défense que l'intéressé, qui était assisté d'un avocat, a déclaré lire et comprendre le français. De plus, M. B s'est exprimé en français lors de l'audience. Par ailleurs, M. B soutient être en concubinage avec la mère de son enfant. Toutefois, la seule attestation d'hébergement établie par cette dernière le 16 avril 2023, soit la veille de l'audience, faisant état de ce que M. B vit avec elle depuis le 12 février 2020 aux Abymes, est contredite d'une part par l'attestation d'hébergement de sa tante en date du 25 avril 2022 selon laquelle il est hébergé chez elle, à Pointe-à-Pitre, depuis le 15 juillet 2017 et d'autre part par ses déclarations lors de son audition par les services de police, au cours de laquelle il a indiqué être célibataire et être hébergé par sa tante. En outre, M. B n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où réside a minima sa mère, ainsi que l'a confirmé l'intéressé à la barre. Enfin, il ne se prévaut pas d'une intégration particulière dans la société française. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté litigieux porterait une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Pour les mêmes motifs, il ne porte pas une atteinte grave et manifestement illégale à l'intérêt supérieur de son enfant.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que les conclusions à fin de suspension présentées par le requérant doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B et au préfet de la Guadeloupe.
Copie en sera adressée à la Cimade.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 avril 2023.
La juge des référés,
Signé :
H. E
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Signé :
M-L Corneille
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026