lundi 30 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300477 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MORTON & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 avril 2023 et le 21 mars 2025, la SCI Andromede, représentée par Me Fanfant, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune de Baie-Mahault a refusé de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite suite à la demande déposée le 18 novembre 2020 sous le numéro PC 971103 20 R1168 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Baie-Mahault de lui délivrer l'attestation de permis tacite sollicitée, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Baie-Mahault une somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- elle est titulaire d'un permis de construire tacite ; la demande a été déposée le 18 novembre 2020 sous le numéro PC 971103 20 R1168 ; une décision implicite de délivrance du permis de construire est née le 19 février 2021 ;
- la décision attaquée est illégale dès lors qu'elle refuse de délivrer une attestation de délivrance ;
- l'attestation produite en défense ne correspond pas au permis de construire tacite n° PC 971103 20 R1168 ; en tout état de cause, elle ne lui a jamais été transmise ;
- si la commune prétend que l'attestation sollicitée a été adressée à la SCI le 29 juin 2023, cette dernière ne l'a toujours pas reçue.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2025, la commune de Baie-Mahault, représentée par Me Morton, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la SCI Andromède une somme de 2 000 euros.
Il soutient que :
- l'attestation de permis tacite sollicitée lui a été délivrée le 10 novembre 2022, antérieurement à l'introduction de la requête ;
- les documents sollicités lui ont été de nouveau adressés le 5 octobre 2023.
Par ordonnance du 25 mars 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 9 avril 2025.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés n° 2300478 en date du 27 avril 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sollier,
- les conclusions de M. Sabatier-Raffin, rapporteur public,
- et les observations de Me Fanfant, représentant la SCI Andromede.
La commune de Baie-Mahault n'étant ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 novembre 2020, la SCI Andromède a déposé une demande de permis de construire sous le numéro PC 971103 20 R1168. Le 3 novembre 2022, elle a sollicité auprès de la commune de Baie-Mahault le certificat de ce permis de construire tacite. En l'absence de réponse à la suite de la transmission de pièces complémentaires le 15 novembre 2022, elle a renouvelé sa demande par courrier recommandé avec accusé de réception en date du 27 novembre 2022. Par la présente requête, la SCI Andromède demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Baie-Mahault a refusé de lui délivrer l'attestation du permis de construire tacite en cause.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 424-2 du code de l'urbanisme : " Le permis est tacitement accordé si aucune décision n'est notifiée au demandeur à l'issue du délai d'instruction ". Le délai d'instruction de droit commun pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation ou ses annexes est fixé à deux mois en application de l'article R. 423-23 du même code et, pour les autres demandes de permis de construire, à trois mois. Aux termes de l'article R. 424-1 de ce code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut, selon les cas : () b) () permis de construire () tacite. () ". L'article R. 424-10 du code précité dispose quant à lui : " La décision accordant ou refusant le permis () est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la SCI Andromède a, le 18 novembre 2020, ainsi que l'indique le récépissé qui lui a alors été remis, déposé une demande de permis de construire en mairie de Baie-Mahault sous le numéro PC 971103 20 R1168. Le délai d'instruction indiqué sur ce récépissé était de trois mois, sauf demande de renseignement complémentaire formulée au cours du premier mois suivant le dépôt du dossier. La commune de Baie-Mahault ne soutient ni même n'allègue avoir procédé à une telle demande. Dans ces conditions, la SCI Andromède devait être regardée, à défaut de s'être vue notifier une décision expresse, comme bénéficiant d'un permis de construire tacite à compter du 18 février 2021. Si la commune soutient avoir transmis un certificat de ce permis de construire tacite à la société le 10 novembre 2022 puis le 5 octobre 2023, il ressort des pièces du dossier que les certificats délivrés à ces occasions concernaient un autre permis de construire tacite, enregistré sous le n° PC 971103 20 R1167. Par suite, la décision par laquelle le maire de Baie-Mahault a refusé implicitement de délivrer à la SCI Andromède un certificat de permis tacite pour le permis de construire n° PC 971103 20 R1168 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Il résulte de ce qui précède que la SCI Andromède disposait d'un permis de construire tacite, à compter du 18 février 2021. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Baie-Mahault de lui délivrer le certificat correspondant prévu par les dispositions de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme, dans un délai de quinze jours, à compter de la notification du présent jugement. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCI Andromède, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Baie-Mahault demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Baie-Mahault une somme de 1 500 euros, au titre des frais exposés par la société Andromède et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 2 février 2023 par laquelle la commune de Baie-Mahault a refusé de délivrer à la SCI Andromède le certificat du permis de construire tacite n° PC 971103 20 R1168 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Baie-Mahault de délivrer à la SCI Andromède le certificat du permis de construire tacite n° PC 971103 20 R1168 dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Article 3 : La commune de Baie-Mahault versera à la SCI Andromède une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Baie-Mahault au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Andromède et à la commune de Baie-Mahault.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Ho Si Fat, président,
Mme Biodore, conseillère,
Mme Sollier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2025.
La rapporteuse,
Signé
M. SOLLIER
Le président,
Signé
F. HO SI FAT La greffière,
Signé
L. LUBINO
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef
La greffière
Signé
L. LUBINO
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026